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Posts Tagged ‘dispersé’

J’étais mort (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 


    
J’étais mort, je devins vivant;
j’étais en pleurs, je devins rires

Le règne de l’amour est venu,
et mon règne devint durable
(…)

Il me dit: tu n’es pas fou,
tu n’es pas digne de cette maison!

Je partis, je devins fou,
je me chargeai de chaînes

Il me dit: tu n’es pas ivre, va-t-en,
tu ne fais pas partie de la bande!

Je partis, je devins ivre
et rempli d’allégresse

Il me dit: tu n’es pas mort,
cela ne cadre pas avec l’allégresse!

Devant sa face de résurrection,
je devins mort, renversé

Il me dit: tu es un petit malin,
plein d’illusions et de doutes

Je devins bête, hébété,
de tout je me suis détaché

Il me dit : tu es bougie,
devenu pôle de cette assemblée

Je ne suis ni assemblée, ni bougie,
je devins fumée dispersée

Il me dit: tu es maître et seigneur,
tu es chef de file et guide

Je ne suis ni maître ni chef,
je ne suis que ton serviteur

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Amoureux (Younous Emré)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017




    
Amoureux, ô amoureux.
L’amour est ma religion car j’ai vu le visage de l’Ami,
et toute peine, depuis, est fanfare des noces.

Le feu d’amour a ravagé ce que j’étais,
et désormais – les autres s’en étonnent –
j’ai délaissé, n’y croyant plus,
les exercices et les pratiques de ma foi.

Mort et brûlé,
mes cendres dispersées crieraient encore
qu’elles ne désirent que toi.

(Younous Emré)

 

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J’étais mort (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
J’étais mort, je devins vivant; j’étais en pleurs, je devins rires
Le règne de l’amour est venu, et mon règne devint durable (…)

Il me dit : tu n’es pas fou, tu n’es pas digne de cette maison !
Je partis, je devins fou, je me chargeai de chaînes

Il me dit : tu n’es pas ivre, va-t-en, tu ne fais pas partie de la bande !
Je partis, je devins ivre et rempli d’allégresse

Il me dit : tu n’es pas mort, cela ne cadre pas avec l’allégresse !
Devant sa face de résurrection, je devins mort, renversé

Il me dit : tu es un petit malin, plein d’illusions et de doutes
Je devins bête, hébété, de tout je me suis détaché

Il me dit : tu es bougie, devenu pôle de cette assemblée
Je ne suis ni assemblée, ni bougie, je devins fumée dispersée

Il me dit : tu es maître et seigneur, tu es chef de file et guide
Je ne suis ni maître ni chef, je ne suis que ton serviteur (…)

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Que les atomes entrent dans la danse ! (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017



    

Il y a une désunion semblable à l’union qui est bonheur.
Par la mort du corps s’éclaire la lampe du cœur
Du rire de l’éclair le nuage se met en pleurs
Et quand le nuage pleure, le jardin se met à rire.

Quelle joie, lorsqu’à la perle je fus uni,
Telle une vague, avec le vent, tout mon être fut dispersé.
Dispersé comme l’éclair, de la mer, j’ai révélé les secrets,
Puis, comme un nuage vidé, au bord de l’eau, je me suis couché;

Que les atomes entrent dans la danse !
Afin que de joie sans pied ni tête,
les âmes entrent dans la danse.

Celui pour l’amour
de qui danse le firmament,
Je te dirai à l’oreille
où est le lieu de sa danse

(Mawlana Rûmî)


Illustration

 

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EROS GRAMOPHONE (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



 

gramophone

EROS GRAMOPHONE

Comme est douceur un très vieux disque
Voix tournoyante, fatiguée, et qui s’efface
Ô tout ce noir amour ! C’est lui
Qui tourne dans la rue, c’est lui qui passe
Et la rue est de neige et les couleurs s’effacent
Rutilantes couleurs, tous vos drapeaux s’endorment !

S’endorment ; puis revivent. Le temps du rouge :
C’est le midi du jour et c’est rouge et c’est louve
– Cette blessure au plus féminin du soleil.
La voix, la voix chantait.
La voix chantait comme est douceur un très vieux disque
D’avant mourir, d’avant l’oreille fermée de cire.
Cela après l’été dans ses éclaboussures,
Et, aussitôt,
Le corps avec le corps inventa le printemps

Cela chanta, puis s’éteignit : un couple
Avait perdu sa tête unique. Il la chercha.
La retrouva. La reperdit. Ô mal d’amour !
Les amoureux ont la vie dispersée
Leur mort aussi, leur mort est dispersion.
Leur disque seul continue son noir sillon.

(Salah Stétié)

 

 

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Progrès (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2017



    

Progrès

J’habite au premier étage
de la première maison
de la première rue du village.

Le village est une île.
Elle n’a qu’une rue.
La rue n’a qu’une maison.
La maison n’a qu’un étage.
J’en suis l’unique habitant.

Je vis de fruits et de poissons.
D’air marin, de soleil et de pluie.
De pensées et de rêves.
Mes amis sont dispersés à travers le monde entier.

Pour nous écrire,
nous mettons des bouteilles à la mer.
J’ignore le nom de mon île.

De temps en temps,
une bouteille accoste au rivage de l’île.
De cette façon, j’apprends ce qui se passe dans le monde,
les progrès immenses atteints en tous domaines.

Les guerres et les assassinats
sont en nombre croissant.
Chacun est fier de sa guerre,
de sa victoire
et même de sa défaite.

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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Suis née (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Suis née, vis
par « et », plus « et »

enfant et mûre et vieille,
éveillée et dormant,
écrivant, voyageant,

j’attends le zéro « et »

dispersée, alors,
sans avoir découvert
ce que j’ajoutais
à quoi j’ajoutais

qui à quoi rendit
ce « et » sempiternel, à la fin rabouté au néant.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Prosterné (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Prosterné
Je monte les membres éteints
Je rassemble mon coeur
dispersé dans mes extrémités
Je reviens au rêve
Je lève mon regard vers toi qui m’appelles :
« Tu as tardé mon aimé tu as tardé
Mon corps est une tente tu en es les cordages
et les piquets
Tu as tardé mon aimé… »

Liber libera phallus…

Un enfant dans mes habits appelle l’amour
Il pleure et s’étourdit
Epuisé il monte le chemin
Les arbres l’éclairent,
l’air est pour lui citadelle et grelot

(Adonis)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Où demeurent les sources (Alain Fabre-Catalan)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

Où demeurent les sources

J’ai lancé ma pierre dans l’inconnu
contre les vitres de la nuit, dans le jardin des mots
plus affûtés que l’herbe sous la rosée des larmes
offertes au néant. J’ai connu la parade des corps amoureux
et caressé la vague claire qui dépose à brassée
ses paroles légères comme braise d’un feu
qui n’en finit pas de s’éteindre à l’approche des matins.

J’ai vu le dos luisant des rêves échoués comme blocs
erratiques dans le courant qui marque le passage
de la nuit au jour, sitôt dispersées les eaux profondes
du sommeil dans un flot d’images muettes.

(Alain Fabre-Catalan)

Illustration

 

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L’arbre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



L’arbre le voici dans la pierre pure,
dans l’évidence et la dure beauté
bâtie pour cent millions d’années.

Agate, cornaline et luminaire
ont remplacé les sèves et le bois
et un jour le tronc du géant
a rejeté l’humide pourriture
et fondu en lui parallèle une statue:
le feuillage vivant
s’est dispersé
et une fois tombée la verticalité,
et brûlée la forêt, la poussière de feu,
cendre céleste, l’a enveloppé
jusqu’au moment où temps et lave lui ont remis
un prix de pierre transparente.

(Pablo Neruda)


Illustration

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