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SEPTEMBRE I (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2019



vanneau

SEPTEMBRE I

A la frontière des mots tirerai-je un dernier songe
Comme un vanneau perdu dans l’arrière-saison ?
Les chemins du coeur restent en suspens
On se couronne de mensonges
Une loque sanglante prend forme à l’horizon
La mémoire des mères caille et clot sa bouche sombre.

Seigneur ont-ils donc le droit
De me ravir à l’amour
Et de disposer de moi
Pour leurs immondes labours ?

(Jean Rousselot)

 Illustration

 

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Réfléchis moi (Virginie Greiner)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Illustration: Béatrice Tillier
    
Réfléchis moi

Dans le reflet de tes yeux, je t’ai deviné.
Je vois le corps d’un autre dont je vais disposer.
Examine la langueur de mon regard.
Contemple nos anatomies se donnant au hasard.
Nous deux, amants. Sous peu.
Fin des objets fantasmés.
Rien de plus voluptueux qu’une étreinte embrasée
Par le visible désir de mon autre dualité.

(Virginie Greiner)

 

Recueil: EN MÂLES DE NUS
Traduction:
Editions: Attakus

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Au monde, seul avec moi-même (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2018



Au monde, seul avec moi-même, m’ont laissé
Les dieux qui disposent.
Je ne puis rien contre eux, et ce qu’ils m’ont donné,
Je l’accepte et ne demande plus rien.
Ainsi le blé s’incline sous le vent, qui se dresse
Dès lors que le vent cesse.

(Fernando Pessoa)

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La nuit je tenterai la joie (Hala Mohammad)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018



Hala Mohammad 
    
La nuit je tenterai la joie
Je ne la trouve pas au tréfonds de moi-même
Il est encore tôt le matin
Peut-être
D’ici ce soir
Une folie balayera-t-elle le chagrin.
Je m’y efforcerai.
Autour de toi le monde s’est effondré
Alors
Tu disposes quelques chaises
Autour d’une table
Et pour compléter le rituel de la joie
Tu poses sur la table une bouteille d’alcool
Et un bouquet de fleurs sauvages
Petites, toutes petites
Prêtes à s’effriter au moindre toucher
Tandis que moi, dans le coin du tableau,
Ne suis qu’une nature morte.

***

(Hala Mohammad)

Recueil: Ce peu de vie
Traduction: Antoine Jockey
Editions: Al Manar

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Si je n’étais (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
Si je n’étais

Si je n’étais hors de moi le poème
s’envolerait. Il n’aime que l’essor.
En moi caché, je ne l’aborde pas.
Lui seul prendra la mesure des mots.

Il veut ma place, il envahit l’espace,
il est le temps quand je suis la seconde,
il est distance où je ne suis qu’un pas
et sa grandeur me dit ma petitesse.

Donc révérence. A lui le domicile.
Je me retire, il dispose des lieux
il les emplit de toute sa présence
et moi devant cette porte fermée
j’espère un signe et qui ne vient jamais.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Cette tendresse (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018




    
Cette tendresse

Cette tendresse et ces mains libres,
à qui les donner sous le vent ? Tant de blé
pour la renarde et au milieu de l’appel
l’anxiété de cette porte ouverte pour personne.

Nous avons fait du pain très blanc
pour des bouches déjà mortes qui n’acceptaient
qu’un croissant de lune et le thé
froid de la veillée à l’aube.

Nous avons joué des instruments pour la colère aveugle
des ombres et des chapeaux oubliés. Nous sommes restés
avec les présents disposés autour d’une vaine table
et nous avons bu du cidre chaud
dans la honte de minuit.
Alors, personne ne veut ça,
personne ?

***

Esta ternura

Esta ternura y estas manos libres,
¿a quién darlas bajo el viento? Tanto arroz
para la zorra, y en medio del llamado
la ansiedad de esa puerta abierta para nadie.

Hicimos pan tan blanco
para bocas ya muertas que aceptaban
solamente una luna de colmillo, el té
frío de la vela la alba.

Tocamos instrumentos para la ciega cólera
de sombras y sombreros olvidados. Nos quedamos
con los presentes ordenados en una mesa inútil,
y fue preciso beber la sidra caliente
en la vergüenza de la medianoche.
Entonces, ¿nadie quiere esto,
nadie?

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Battement vif du cœur (Carl Gustav Carus)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Malel
    
Battement vif du cœur, circulation plus libre du sang dans ses vaisseaux les plus fins et respiration plus libre,
de même ces mouvements, accomplis dans l’inconscient, disposent le conscient à la joie,
mais sont, à leur tour, stimulés quand le conscient conçoit des idées joyeuses ;

on doit carrément appeler ces impulsions la joie inconsciente de l’organisme lui-même,
comme on dit métaphoriquement d’une plante : elle verdit et fleurit joyeusement.

(Carl Gustav Carus)

Découvert ici: https://marinegiangregorio.wordpress.com/

Recueil: Psyché
Traduction:
Editions:

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Nous voici de nouveau seuls (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Nous voici de nouveau seuls en tête à tête, ô Poésie.
Ton retour signifie que je dois encore une fois me mesurer avec toi,
avec ta juvénile hostilité, avec ta tranquille soif d’espace,
et tenir tout prêt pour ta joie cet inconnu équilibrant dont je dispose.

(René Char)

 

Recueil: En trente-trois morceaux et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA CHAIR CHAUDE DES MOTS (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
LA CHAIR CHAUDE DES MOTS

Prends ces mots dans tes mains et sens leurs pieds agiles
Et sens leur coeur qui bat comme celui d’un chien
Caresse donc leur poil pour qu’ils restent tranquilles
Mets-les sur tes genoux pour qu’ils ne disent rien

Une niche de sons devenus inutiles
Abrite des rongeurs l’ordre académicien
Rustiques on les dit mais les mots sont fragiles
Et leur mort bien souvent de trop s’essouffler vient

Alors on les dispose en de grands cimetières
Que les esprits fripons nomment des dictionnaires
Et les penseurs chagrins des alphadécédets

Mais à quoi bon pleurer sur des faits si primaires
Si simples éloquents connus élémentaires
Prends ces mots dans tes mains et vois comme ils sont faits

(Raymond Queneau)

 

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Nous disposons d’une patrie (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



Illustration: Gao Xingjian

    

Nous disposons d’une patrie
que nous peuplons à notre gré.
Les arbres, les montagnes, un étang
nous incitent à l’indulgence.
Nous existons peut-être par défaut
et nous louvoyons corps et ombre
à la merci de toute erreur.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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