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Poésie

Posts Tagged ‘disposition’

Une sorte de chant pareil au jour (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Une sorte de chant
pareil au jour qui traverse
un feuillage et descend,
furtif, jusqu’à l’herbe pauvre.

Un chant qui parle d’octobre
et d’eau cachée,
de lointains sans amertume,
fronts mêlés, collines heureuses

Et ce besoin d’espace entre
les mots, comme une disposition
de traces et de froissements.

Ici entre les fleurs, avec le grain
des ombres, la vie circule et boit,
fugitive, à d’anciennes sources.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Lettres (Vincent Van Gogh)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Lettre à son frère Théo

J’ai aperçu de magnifiques terrains
rouges plantés de vignes,
avec des fonds de montagnes du plus fin lilas.
Et les paysages dans la neige
avec les cimes blanches
contre un ciel aussi lumineux que la neige,
étaient bien comme les paysages d’hiver
qu’ont fait les Japonais.

Lettre à sa mère et Will

Quant à moi, je suis entièrement absorbé par cette étendue infinie,
vaste comme la mer, des champs de blé qui couvrent les collines,
par la beauté des jaunes, la beauté des verts tendres,
le bel indigo des terres sarclées et labourées,
avec cette marqueterie régulière du vert des plants de pommes de terre en fleur,
tout cela dans une belle lumière aux tons
bleus, blancs, rosés, violets.
Je suis tout à fait dans la disposition,
presque de trop grand calme,
dans la disposition qu’il faut pour peindre cela.

Lettre à Paul Gauguin

J’ai encore de là-bas un cyprès avec une étoile, un dernier essai
-un ciel de nuit avec une lune sans éclat,
à peine le croissant mince émergeant de l’ombre projetée opaque de la terre –
une étoile à éclat exagéré, si vous voulez,
éclat doux de rose et vert dans le ciel outremer où courent des nuages.
En bas une route bordée de hautes cannes jaunes,
derrière lesquelles les basses Alpines bleues,
une vieille auberge à fenêtres illuminées orangée,
et un très haut cyprès, tout droit, tout sombre.

(Vincent Van Gogh)

Illustration: Vincent Van Gogh

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L’attirance entre les êtres repose sur le rayonnement (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2016



L’attirance entre les êtres
repose sur le rayonnement.

Si l’on est dans des dispositions négatives,
du fait des sentiments de culpabilité, d’angoisse, d’infériorité,
on n’attire personne,
parce que l’on n’a pas de rayonnement.

Tout repose ainsi sur deux pôles,
qui doivent s’accorder.

(Etty Hillesum)

 

 

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Lorsqu’on est pessimiste (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2016



Lorsqu’on est pessimiste,
en d’autres termes dans des dispositions d’esprit négatives,
on émet des ondes négatives
et tout ce que l’on entreprend,
que l’on rencontre sera négatif.

(Etty Hillesum)

 

 

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Oiseau de poche (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2015



Oiseau de poche

L’oiseau
au fond
de ma poche

ah celui-là
personne
ne pourra me le voler

Le cheval
clandestin
au grenier

sera toujours

à m’attendre

Une mer que je connais
une vague
une dune

ne cesseront jamais
d’être
pour moi

Une pierre que j’ai eue
un geste que j’ai gravé
sur un mur

je sais bien
qu’ils seront toujours
en ma faveur

Un toit
un grenier
une certaine colline
bleue

je sais bien
qu’ils seront toujours
à ma disposition

Un goût
Un émoi sur mes lèvres
et dans mon sang

je sais que
les yeux fermés
ils me reconnaissent

On vit pour si peu
de si peu l’on meurt
avec si peu l’on espère

***

Pâssaro na algibeira

O pâssaro
no fundo
da algibeira

ah esse
ninguém
mo poderâ roubar

O cavalo
clandestino
no sôtâo

hâ-de estar sempre

à minha espera

Um mar que eu sei
uma onda
uma duna

nunca deixarâo
de ser
por mim

Uma pedra que tive
urn gesto que gravei
num muro

bem sei
que serâo sempre
a meu favor

Um telhado
um sobrado
um certo cerro
azul

bem sei
que estarâo sempre
ao meu dispor

Um gosto
Um susto no lâbios
e no sangue

sei que
de olhos fechados
me conhecem

Por tao pouco se vive
de tao pouco se morre
corn tao pouco se espera

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

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Sous les cieux (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2015


C’était la ferme au beau pressoir
aux coeurs les mieux placés
il en partait des voix chantantes
des lézards y venaient
toute une heure
qui durait comme un siècle d’homme.
Le bruit que fait
la chute d’une pomme
l’enfant l’entendait
en buvant le lait d’une femme
grave et marquée
sur sa peau hâlée
de grains et de lignes
d’une disposition unique
dans l’ordre des créatures.

(Jean Follain)

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