Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘dissimulé’

Protège-moi (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




Protège-moi, mon talisman,
Protège-moi quand on m’opprime
Et quand le repentir m’anime,
Cadeau d’un jour triste d’antan.

Quand des vagues de l’Océan
Monte autour de moi le tapage,
Quand le ciel tonne dans l’orage,
Protège-moi, mon talisman.

Quand je m’angoisse en combattant,
Quand je m’ennuie à ne rien faire.
Quand je suis seul, loin de ma terre,
Protège-moi, mon talisman.

De l’âme clair enchantement,
Suave et sainte duperie…
Dissimulé, il se renie…
Protège-moi, mon talisman.

D’un coeur blessé dans son élan
N’avive jamais la souffrance.
Dors, mon désir; plus d’espérance;
Protège-moi, mon talisman.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: Céline Pilon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Non, la vérité n’est pas la musique (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration: Drew Mcsherry
    
non, la vérité n’est pas la musique
moi, triste attente d’un mot
qui nommerait ce que je cherche
et qu’est-ce que je cherche ?
non le nom de la déité
non le nom des noms
mais les noms précis et précieux
de mes désirs dissimulés

quelque chose en moi m’a puni
toutes mes vies :
— Nous t’avons donné tout ce qu’il fallait pour que tu comprennes
et tu as préféré l’attente
comme si tout t’annonçait le poème
(celui que tu n’écriras jamais car c’est un jardin inaccessible

– — je suis seulement venue voir le jardin -)
(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis… (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018



 

Je suis…

mes ailes ?
deux pétales pourris

ma raison?
des petits verres de vin aigre

ma vie ?
un vide bien pensé

mon corps ?
une entaille sur la chaise

mon va-et-vient ?
un gong enfantin

mon visage ?
un zéro dissimulé

mes yeux?
ah! des morceaux d’infini

***

o soy…

mis alas?
dos petalos podridos

Mi razon?
copitas de vino agrio

mi vida?
vacío bien pensado

mi cuerpo?
un tajo en la silla

mi vaivén?
un gong infantil

mi rostro?
un cero disimulado

mis ojos?
ah! trozos de infinito

(Alejandra Pizarnik)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE BAISER (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017



Illustration
    
LE BAISER

ô vous divine discrète
réservée jusqu’à l’extrême
qui osera faire vibrer l’intime
à l’émoi dissimulé si sublime

ô vous tourterelle sur sa tige
au seuil du vertige

le baiser qui tout à coup se livre
perturbe et trouble tout équilibre
troubadour de l’espace il soupire
après cette vérité qui l’inspire

troublante envolée sensible
vers les limites du cessible

sur la margelle du coeur
là il paresse avec douceur
il tisse la pensée dans un rêve
Inattendu en se donnant à Eve

Tenter un baiser est une avancée troublante
c’est un peu comme cueillir une étoile filante

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Premier Conte (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Premier Conte

L’enfant qui a le tourment
non du pouvoir ou de gloire
mais de délivrer la chose
dans son cœur dissimulée
écrit sur son cahier
et raconte vaguement
à la manière d’un rêve
sans nulle forme ni sens
cela qu’il ne connaît pas.

Sur la page on voit la tache
de l’encrier renversé
mais si pâle devenue
qu’elle n’est plus même tache.
Qui déchiffrera derrière
l’écriture de l’enfant,
maintenant que l’homme sait
dire ce qui dans son cœur
ne se dissimule plus ?

(Carlos Drummond de Andrade)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Pour Toujours (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Pour Toujours

Pourquoi Dieu permet-il
que les mères s’en aillent?
La mère est sans limite,
c’est le temps sans cadran,
la lueur qui résiste
lorsque souffle le vent
et que la pluie s’abat,
velours dissimulé
dans une peau ridée,
c’est l’eau pure, l’air pur,
c’est la pure pensée.
Mourir advient à ce
qui est bref et qui passe
sans laisser nulle trace.
La mère, dans sa grâce,
elle est éternité.
Quelle idée vient à Dieu
– ô mystère profond –
un jour de l’enlever?
Si j’étais Roi du Monde,
une loi je ferais:
Mère ne meurt jamais,
mère près de son fils
toujours rester devra
et lui, quand bien vieux même,
petit demeurera
comme grain de maïs.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’inaltérable éclat des pleurs dissimulés (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016




L’inaltérable éclat des pleurs dissimulés
M’illumine tout l’espace en temple taciturne
Où même un cri de Dieu ne serait qu’un murmure.
L’éternité commence à devenir poignante.

(Armand Robin)

Illustration: Ademaro Bardelli

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Dans le prolongement du cri (Michel Dugué)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2015


Dans le prolongement du cri
l’austère ligne de l’oiseau,
frôlement continu
bientôt dissimulé.
A peine si j’ose
en suivre la dérive
pareille à celle d’un mot
rameutant à coups d’ailes
chaque mot de fable.

(Michel Dugué)


Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :