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Poésie

Posts Tagged ‘dissimuler’

Ouvrir les mains (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2019



Il ne suffit pas de lever les mains,
Ni de les abaisser
ou de dissimuler ces deux gestes
sous les embarras intermédiaires.

Aucun geste n’est suffisant,
même s’il s’immobilise comme un défi.

Reste une seule solution possible:
ouvrir les mains
comme si elles étaient des feuilles.

(Roberto Juarroz)

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Qu’est-ce qui se cache derrière les couleurs ? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
Qu’est-ce qui se cache derrière les couleurs ?
Est-ce l’absence de la couleur et de la lumière ?
Ou peut-être une autre couleur inconnue ?
Ou simplement
un commencement des choses que nous ne savons pas ?

Car toute couleur dissimule quelque chose,
le revêt d’un jeu pour l’oeil,
d’une chanson qui ne se chante pas,
d’une consolation dans les ombres.

Mais s’il existe une autre couleur de fond,
y aura-t-il aussi un oeil qui la voie ?
Ou derrière les couleurs n’y a-t-il rien d’autre qu’un oeil
qui nous regarde à travers elles ?

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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CHAQUE FOIS ON L’OFFRE (Maram Al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

Berit Kruger Johnsen

CHAQUE FOIS ON L’OFFRE

Chaque fois on l’offre
oubliant ses anciennes douleurs
croyant qu’il va être sauvé cette fois-ci

On dissimule ses blessures avec de la couleur
on les décore avec des fleurs
et on le présente comme s’il était neuf
et commençait à battre
à l’instant

On jure
y croyant nous-mêmes
que nous n’avons jamais connu
de tels sentiments
tellement heureux de trouver
ce qui va
l’accepter
ce qui va
le chérir
et
peut-être
ce qui va le blesser
à nouveau.

(Maram Al-Masri)

Illustration: Berit Kruger Johnsen

 

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CHOSE PAUVRE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



 

Salvador Dali __ solitude-anthropomorphe

CHOSE PAUVRE

Si je n’avais ce prétexte
Couverture qui couvre en dissimulant le fantôme
Cet habit sépulcral et mortuaire
Je pourrais traverser le filet, me transpercer moi-même,
passer dans un autre corps, dans un autre prétexte.
Nuage indéchirable, corps resplendissant.

Si je n’avais un vêtement lourd comme une armure

Lambeaux par lambeaux j’enlèverais la peau
Morceau par morceau je déc ouvrirais la poitrine,
le corps,
Pour dévoiler mon être, pour te contenir dans mon âme

Je me suis dénudé jusqu’au fond jusqu’à mes
ossements ultimes, je suis resté exténué et sans force.

Tu peux maintenant, si tu le veux, me briser
Comme un vase de terre vide
Faire de moi une chose pauvre, une poignée de terre.

(Georges Themelis)

Illustration: Salvador Dali

 

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Toujours fugitive et toujours près de moi (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Toujours fugitive et toujours
près de moi, dissimulant mal
sous la cape noire le hautain
regard de ton visage pâle.
J’ignore où tu vas et j’ignore
quelle couche nuptiale recherche dans la nuit
ta beauté virginale. Je ne sais
quels songes ferment tes paupières,
ni quel est celui qui a pu entrouvrir
ta couche inhospitalière.

Arrête-toi, beauté
farouche, arrête-toi.
je voudrais sur la fleur amère,
amère de tes lèvres déposer un baiser.

(Antonio Machado)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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Deux rectangles vitrés(Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



    

L’image de la rue se divise pour moi en deux rectangles vitrés,
séparés par un mètre de mur opaque.

Chaque fois qu’un passant disparaît du premier créneau, je suis pris d’inquiétude
— si peu puis-je prévoir sous quelle forme il m’apparaîtra dans le second, s’il s’y présente jamais.

Il est vrai que la plupart des marcheurs
gardent la même identité dans les deux créneaux.

Comme, toutefois, ils ne surviennent dans le second qu’avec un irréparable retard,
mes soupçons ne se concentrent que davantage sur l’intervalle
où me les dissimule le fatal pan de maçonnerie.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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Que suis-je venue faire en ce monde (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Illustration: Adèle Vergé

    

Que suis-je venue faire
en ce monde
dont j’ignore
l’origine et le sens

Quelle réalité se dissimule
derrière les apparences

Personne ne trouve refuge
en l’autre

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Amour, toi le Larron… (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Illustration: Marc Chagall
    
Amour, toi le Larron…

Amour, toi, le larron éternel, qui dérobes
Les lourds trésors des coeurs et le secret des robes !

Tu te glisses et te dissimules la nuit,
Et ton pas est le pas du traître qui s’enfuit…

Ton pas est plus léger que le doux pas du Songe !
Et l’on n’entend jamais ce bruit sournois qui ronge.

N’as-tu point d’amitié ? N’as-tu point de raison ?
Voici que s’insinue en mon coeur ton poison.

Epargne-moi ! Vois mon visage et mon front blême…
Mon ennemi. l’Amour, je te hais et je t’aime.

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Une part de nous-mêmes (Friedrich Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



Ce paysage dissimule son sens,
mais il en a un que l’on aimerait deviner:
où que je regarde,
je lis des mots et des suggestions de mots,
mais je ne sais où commence la phrase
qui résout l’énigme de toutes ces suggestions,
et j’attrape le torticolis
à essayer de voir s’il faut lire à partir d’ici
ou à partir de là.

C’était le soir, une odeur de sapins déferlait,
on voyait des montagnes grises à travers,
en haut brillait la neige.
Un ciel bleu, rasséréné, s’étendait au-dessus.
– Ces choses-là, nous ne les voyons jamais telles qu’elles sont,
nous les recouvrons toujours d’une fine membrane psychologique –
c’est alors celle-ci que nous voyons.
Des sentiments hérités, des états
de ces objets de la nature.
Nous voyons quelque chose de nous-mêmes
– dans ce sens, ce monde aussi est notre représentation.
Forêts, montagnes, ne sont pas seulement des concepts,
ils sont notre expérience et notre histoire,
une part de nous-mêmes.

(Friedrich Nietzsche)

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Poèmes de nuit, poèmes de jour (Anjela Duval)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Anjela Duval
    
Poèmes de nuit, poèmes de jour

Si j’écris à l’ombre de ma lampe
Des vers maladroits et creux
Avec ce petit outil mal assuré dans ma main lasse
Si j’écris le soir au dos d’enveloppes
Des poèmes humbles : camelote
Où l’on ne trouve que des fleurs sauvages…
Et quelques miettes d’amour.
Car tout cela je le fais pour ceux que j’aime.

Mais j’écris, moi, d’autres poèmes
Et ce n’est pas à l’ombre de ma lampe
Mais à la lumière du soleil
Ce n’est pas au dos d’enveloppes
Mais sur la poitrine nue de Celui que j’aime
Sur la peau nue du Pays que j’aime
Ce n’est pas avec un outil que j’écris
Mais avec des instruments d’acier.
Je ne parle pas de lance ou d’épée
Mes instruments sont de paix et de culture.

Je n’écris pas des vers de douze pieds
En comptant sur mes doigts
Mais de douze fois douze enjambées… et plus.
Mes vers, je les écris avec l’acier tranchant de ma faux
Andain après andain dans les cheveux blonds de mon Pays
Le soleil en fait des poèmes aromatiques
Que mes vaches ruminent pendant les nuits d’hiver

Mes vers je les écris avec le soc de la charrue
Dans la chair vivante de ma Bretagne, sillon après sillon
— J’y dissimule des graines d’or —
Le Printemps en fera des poèmes :
Mers d’émeraude ondulant dans la brise
L’été en fera des étangs d’épis
Le vent d’août les mettra en musique
Et le chœur de la batteuse me chantera
Les journées ardentes du huitième mois
Les journées de peine de poussière de sueur.
Mes Poèmes sacrés et… méprisés !

(Anjela Duval)

Découvert ici: https://ael56.blog/

Recueil:
Traduction: Paol Keineg
Editions:

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