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Poésie

Posts Tagged ‘dissipé’

GAUDEAMUS (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



GAUDEAMUS

Les flûtes chantent vainement
En ces tristes, païennes heures.
Désirs dissipés par le vent…
Plus rien, non, plus rien ne demeure…

Exposés au vent, à l’oubli,
Ployant sous le temps qui les leurre,
Etres et choses ont péri,
Et plus rien, plus rien ne demeure…

(George Bacovia)

Illustration

 

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Cette ville que j’aime (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Cette ville que j’aime depuis l’enfance
M’apparaît aujourd’hui
Dans le silence de décembre
Comme un héritage dilapidé.

Tout ce qui m’était donné,
Si facile à offrir:
La chaleur du coeur, l’accent des prières
Et la grâce de la première chanson —

Tout s’est envolé en fumée,
Dissipé tout au fond des miroirs…
Et déjà le violoneux sans nez joue
Un air sur l’irrévocable.

En étrangère curieuse,
Captivée par chaque nouveauté,
J’ai regardé glisser les traîneaux,
J’ai écouté ma langue maternelle.

Avec une puissance, une fraîcheur sauvages,
Le bonheur m’a soufflé au visage,
Comme si l’amie de toujours
Gravissait avec moi le perron.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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ODE (Ricardo Molirani)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



ODE

Qui s’avance dans le soir jouant du luth sur les nuages comme dans sa propre demeure ?
Qui joue du luth, et fait se retourner les feuilles des arbres ?

J’ai rempli mon coeur des ombres des paroles; du rêve de quelques voix.
Et elles résonnent en moi, sans amener soulagement,
flottantes : « toi », personne, demain, espace, solitude, tendresse, et jamais.
Avec elles j’entretiens mon être, l’angoisse du ciel et la dure solitude du sang.

Je lave ma bouche de leurs absences et m’interpelle de nuit et de jour, et je les mets sur ma tête
découverte pour les nommer à l’oubli, au devant et sous le zénith des plaines.
Leurs dieux et leurs corps je les ai assis entre mes lèvres pour toujours, dans la louange;
Devant moi ils supportent l’air, ah ! et la hauteur impénétrable de la mort;
Nul ne les voit, comme on ne voit pas l’haleine qui les mue et les gouverne durement.

(Les anges se répandent dans l’espace; les uns portent des faisceaux d’épis, d’autres choisissent des coquelicots rouges,
et quelques-uns distribuent des graines aux oiseaux entre les arbres dénudés.
Nul ne les voit; moi j’ai la gorge séchée par la lumière que diffuse leurs antiques vêtements.
Je les regarde dresser la tête sans que l’air les blesse
et disparaître rapides, baignés de clarté, devant la fureur de la Nuit.
Je suis accoutumé à les regarder au dedans de moi,
comme dans les jours anciens dont la fumée s’est dissipée
et dont les règnes étendus sous la cendre attendent sans désespoir les lis.)

Je voudrais arracher de moi-même la joie, ouvrir les yeux immensément, à me faire mal,
et regarder, regarder l’horizon jusqu’au delà du vide de la nostalgie, là où mon ombre
Comme un arbre, change de feuilles en hiver.

Amour: temps perdu !

(Ricardo Molirani)

 

 

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DÉMARCHE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

Jean-Claude Forez  Dies_irae-2

DÉMARCHE

J’ai tenté de joindre ma terre, à la terre ;
Les mots, à la trame du silence ;
Le large, au chant voilé.

Tenté de dire la rencontre possible,
Dégager le lieu de la nasse des refuges ;
Fléchir la parole, jusqu’à la partager.

Puis, saluer celle-là,
Plus affranchie que nous :
Mort,
notre très certaine !

Pierre de touche, qui déroute l’épisode ;
Compagne, qui retimbre la durée.

Mort,
dont l’image abolit les frontières,
Rétablit, ici même, notre face commune ;
Et recentre, en ce monde,
tous nos temps dissipés.

(Andrée Chedid)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Il est trop tard maintenant pour t’appeler (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Il est trop tard maintenant pour t’appeler —
Je ne veux plus bercer à nouveau ce rêve
Car toute joie qui illumina mon front
Ferait lever un orage de douleur —

Et puis la brume n’est qu’à demi dissipée,
Nue s’étend la montagne stérile,
Et le soleil ni l’aube à son réveil
N’y peignent plus de visions dorées —

Mais dans mon sein reconnaissant
À jamais vivra ton ombre (aimée)
Car Dieu seul sait combien bénies
Furent en toi mes premières années !

***

It is too late to call thee now —
I will not nurse that dream again
For every joy that lit my brow
Would bring its after storm of pain —

Besides the mist is half withdrawn,
The barren mountain-side lies bare
And sunshine and awaking morn
Paint no more golden visions there —

Yet ever in my grateful breast
Thy darling shade shall (cherished) be
For God alone doth know how blest
My early years have been in thee !

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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Les brumes se sont dissipées (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Les brumes se sont dissipées, j’ai
Fermé les yeux -,
Le poêle a fait la conversation

***

Mists blew by, I
Closed my eyes, –
Stove did the talking

(Jack Kerouac)

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Je viendrai (Vahan Terian)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Je viendrai

Moi je viendrai, quand tu resteras seul
Sous les ombres mélancoliques du soir
Quand tu enterreras tes rêves brisés
Et t’éloigneras découragé…

Moi je viendrai comme une chanson oubliée,
Tissée de prières, d’amour et de fleurs,
Quand dans ton cœur sans vie, affluera le chagrin
Je t’appellerai vers d’autres rives.

Moi je viendrai quand tu seras triste,
Quand tes rêves seront dissipés pour toujours,
Je prendrai ta main je prendrai ta peine
J’allumerai d’autres lumières dans ton âme…

(Vahan Terian)

Découvert ici Poèmes arméniens

Illustration: Alberto Galvez

 

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QUE TON GLAIVE (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2016



glaive

QUE TON GLAIVE

Que Ton glaive me blesse mortellement.
J’ai l’âme dissipée et vagabonde,
Tout m’anéantit et chaque être m’inonde
Et je puis ainsi rouler éternellement.

***

QUE O TEU GLÁDIO

Que o Teu gládio me fira mortalmente.
Eu sou de alma dispersa e vagabunda,
Tudo me destrói e cada ser me inunda
E posso assim rolar eternamente.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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Je ne sais qu’emprunter les coulées libres (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



L’herbe est si haute désormais
que tout chemin s’est dissipé.
Ni sentes ni horizon
seulement la toile dure du ciel:
nuages défaits
lumière furtive.

Quand d’autres croient pouvoir
déchiffrer des signes
et nommer des présences
je ne sais qu’emprunter les coulées libres
creusées dans les halliers
par des bêtes sans nom.

(Jean-Paul Hameury)

Illustration

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LE TABLEAU (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015




LE TABLEAU

Les yeux de cette morte me parlent,
L’amour qu’ils renfermaient n’a pas disparu.
Et leur désir ne s’est pas dissipé.
Les yeux de cette morte me parlent.

(Ezra Pound)

Illustration: John Everett Millais

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