Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘distance’

« Les mots sont nouveaux… » (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2022



Illustration: Rene Magritte
    
« Les mots sont nouveaux… »

Les mots sont nouveaux : ils naissent quand
Dans l’air nous les projetons en cristaux
De douces ou dures résonances.

Nous sommes pareils aux dieux, inventant
Dans la solitude du monde ces signaux
Comme des ponts qu’arquent les distances

***

«As palavras são novas…»

As palavras são novas: nascem quando
No ar as projectamos em cristais
De macias ou duras ressonâncias.

Somos iguais aos deuses, inventando
Na solidão do mundo estes sinais
Como pontes que arcam as distâncias.

(José Saramago)

 

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DISTANCES (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2022



Léopold Survage  1 [1280x768]

 

DISTANCES

Nous n’avons pas déserté ce monde,
Pourtant nous sommes loin de tout,
Des arbres, de l’étang, de la mousse, des ronces,
Et des hommes si près de nous.

Le chien n’est pas plus proche de son maître
Que nous de cette humanité,
Ni le sommeil plus près du rêve
Que nous de l’éternité.

(Franz Hellens)

Illustration: Léopold Survage

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE VOYAGEUR (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2022



Illustration: Gao Xingjian
    
LE VOYAGEUR

Plus vite il marchait,
plus il approchait de sa maison,
plus elle rapetissait,
devenait inhabitable.

La distance se solidifiait derrière sa marche
et le poussait avec le rythme
d’une troupe militaire que rien ne presse.

Il lui fallait entrer dans cette maison minuscule,
ce qui était impossible et devint possible
lorsque la muraille militaire s’arrêta.

Le voyageur, alors, rapetissa très vite
cependant que sa maison grandissait à vue d’oeil
et qu’une belle jeune fille apparaissait à une fenêtre
et riait de son aventure.

(Jean Cocteau)

Recueil: Poèmes Appogiatures Clair-obscur Paraprosodies
Editions: Du Rocher

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Saluez bas ce drapeau (Marc-Adolphe Guégan)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



drapeau [800x600]

Le sabre

Une oeuvre d’art, la poignée
De ce sabre fier.
Comme on embellit le crime!

***

Le quart

Quart en forme de sébile.
Piètre insigne
Des mendiants de la gloire.

***

Progrès

On tue à distance.
Plus de mains sanglantes.
La guerre est très propre.

***

Reportage

Le moribond criait: Maman!
De l’arrière, le journaliste
A entendu: Vive la France!

***

Testament

De sa poitrine déchirée
Sortit, en guise d’âme,
Un portrait de fillette blonde.

***

Cimetière

Petite croix. Epitaphe.
Ci-gît le soldat Gribouille.
Il mourut pour vivre libre.

***

L’emblème

Saluez bas ce drapeau.
On en fit l’emplette
L’autre jour dans mon bazar.

(Marc-Adolphe Guégan)

 

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Voici ce qui est donné par l’amour (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2022



    

Voici ce qui est donné par l’amour,
le lieu de la lumière,
la certitude de l insaisissable
qui nous sauve!

C’est dans un tel commencement
que tout est proche,
que tout est présent,
qu’il n’y a plus besoin
d’aucune flèche,
d’aucune parole,

parce que la cible
n’existe pas encore,
ni la distance
au bout de laquelle on pourrait
la dresser…

(Philippe Jaccottet)

Recueil: L’encre serait de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’arbre (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2021




l’arbre empêche
l’entrée

entraîne
vers sa cime
la distance
resurgie

(Silvia Baron Supervielle)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

LE SENS (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021



Illustration
    
LE SENS

Le sens ne réside pas en un lieu.
C’est comme une lèvre tronquée
ou la musique d’une planète lointaine.
Rarement c’est un palais ou une plaine,
le diamant d’un vol ou le coeur de la pluie.
Parfois c’est le bourdonnement d’une abeille, une infime présence
et le jour est un feu brûlant sur la corolle de la mer.
Il s’abreuve de violence et d’obscurité
et ses rivages sont jonchés d’oubli et de chaos.
Ses caprices contiennent toute la distance du silence
et tout l’éclat du désir. Avec une musique désespérée,
il craque parfois sous le masque du temps.
Avec des cendres d’eau, il crée des halos de pénombre
et d’un côté c’est le désert, de l’autre une cataracte.
On peut le parcourir certaines fois comme le spectre solaire
ou le sentir comme un cri en lambeaux ou une porte condamnée.
Souvent ses noms ne sont pas des noms,
mais des blessures, des murailles sourdes, des lames effilées,
de minuscules racines, des chiens d’ombre, des ossements de lune.
Toutefois, il est toujours l’amant désiré que
recherche le poète dans les remous des ténèbres.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ENGORGEMENT (Jean-Louis Depierris)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



L’ENGORGEMENT

L’engorgement de l’ombre
Ensable ton visage

Distance anéantie
La mer s’est retirée
Du pays que tu cherches
Plus bas que terre

Mais au fond de ce puits
D’où rien ne sort
La fleur des nerfs s’épanouit
Et ta chair qui se tend
Assemble éclair et foudre

Sur ta bouche j’épie
Leur long piétinement
Et ta voix se disjoint
Interrogeant la cendre

(Jean-Louis Depierris)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le feu montant (Elie-Charles Flamand)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2021



Un messager libéra les souffles
Des distances que venait de découvrir
le feu montant

(Elie-Charles Flamand)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | 2 Comments »

La chose qu’on regarde (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



La chose qu’on regarde sans distance,
presque sans regard, revient à soi, se comble,
on dirait s’anime, rampe sourdement
comme dans un autre espace.

(Roger Munier)

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :