Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘distancer’

BARDO (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019




    
BARDO
(Métamorphose des 5 poisons)

Je garde l’énergie d’une colère sans haine,
j’affronte l’ignorance sans cérémonie,
je repousse l’émotion jalouse sans complaisance,
j’accède à l’intensité du désir sans plus d’attachement,
je sais l’orgueil nocif mais tiens au sursaut de l’être
à l’aplomb de lui-même.

(Vairocana)
Ce n’est déjà plus l’heure
de survivre à blanc
au centre des illusions ou des cieux,
la roue a pris le temps de vitesse
et distancé les dieux,
elle rejoint la sphère pareille
à la conscience pure, sans limites et sans âge.

(Aksobhya)
J’ai confié ma colère
à la lumière bleue
qui se lève à l’est,
ô sagesse, ô miroir,
comme un baiser à bouche close
chante un autre ciel
libre de nos enfers.

(André Velter)

 

Recueil: Le Haut-Pays suivi de La traversée du Tsangpo
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ÉCART (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

Aat Verhoog (14)

L’ÉCART

Souvent j’habite mon corps
jusqu’aux creux des aisselles
Je me grave dans ce corps
jusqu’aux limites des doigts
Je déchiffre mon ventre
Je savoure mon souffle
Je navigue dans mes veines
à l’allure du sang

Sur mes pommettes la brise prend appui
Mes mains touchent aux choses
contre ma chair ta chair m’établit

Souvent d’être mon corps
J’ai vécu
Et je vis

Souvent d’un point sans lieu
Ce corps je l’entrevois
martelé par les jours
assailli par le temps

Souvent d’un point sans lieu
J’assourdis mon histoire
De l’avant à l’après
je conjugue l’horizon

Souvent d’un point sans lieu
Ce corps je le distance

Et de cet écart même
en alternance
Je vis.

(Andrée Chedid)

Illustration: Aat Verhoog

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le poème immobile (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017


 

 

Le poème immobile

C’était      à n’en plus finir…
Cette âme en orties
Ce feu qui se dégrade
La foudre de toute souffrance
injectée dans la moelle
Les entailles du cri.

C’était     c’était     c’était :
comment traduire ce jour
son espoir dépecé
la tête cherchant murs où partir en éclats?

C’était     c’était     c’était…
Captif comme solitude
Plus malade qu’agonie

C’était     c’était encore
Cependant je le jure :
pour distancer l’écorce
pour dissoudre tout l’amer

C’était     ce fut
Ensuite :
en deçà des abîmes
Renommer la terre d’herbes
Donner lieu à l’espace
Et délivrer les souffles
pour revivre en cette vie !

(Andrée Chedid)

 

Recueil: cavernes et soleils
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Silence dans l’oiseau (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2016



Silence dans l’oiseau

à tâtons fait son nid.
C’est ainsi que le chant
lentement s’élabore.

Dans l’oiseau le silence
et le vol se conjuguent
pour élucider l’air
et distancer le cri.

Le pollen et l’oiseau
fertilisent l’espace
à force de silence
sous l’aile délébile.

Pour éluder l’abîme
l’oiseau se fait vertige
et se vêt de sa chute :
le risque est sa pudeur.

(Marc Alyn)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration: ADHOK Le Nid

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :