Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘distant’

Écrit sur une lamelle d’un wagon (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Écrit sur une lamelle d’un wagon

Si un jour quelqu’un doit trouver des perles
enfilées sur une ficelle de soie rouge-sang
qui, près de la gorge, courent aux plus minces des jours
comme le chemin propre de la vie jusqu’à qu’il s’en aille
quelque part dans un brouillard pour ne pas être vu,

Si quelqu’un doit trouver ces perles
Dites-lui comment –froides, distantes -elles ont illuminé
les dix-huit ans, de la danseuse de Paris,
au cœur impatient, Marie.

Maintenant, traîné à travers la Pologne inconnue –
Je lance mes perles à travers la grille.

Si un jeune homme les trouve
Que ces perles ornent sa petite amie.
Si une fille les trouve
Qu’elle les porte, elles lui appartiennent.
Et si elles sont trouvées par un vieil homme
laissez-le, pour ces perles, réciter une prière.

(Avrom Sutzkever)

 

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Toi (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2017



 

Maria Amaral_887-640x845

Toi

Toi c’est un mot
Toi c’est une voix
Toi c’est tes yeux et c’est ma joie

Toi c’est si beau
Toi c’est pour moi
Toi c’est bien là et je n’y crois

Toi c’est soleil
Toi c’est printemps
Toi c’est merveille de chaque instant

Toi c’est présent
Toi c’est bonheur
Toi c’est arc-en-ciel dans mon coeur

Toi c’est distant…
Toi c’est changeant…
Toi c’est rêvant et esquivant…

Toi c’est pensant…
Toi c’est taisant…
Toi c’est tristesse qui me prend…

Toi c’est fini.
Fini ? Pourquoi ?
Toi c’est le vide dans mes bras…
Toi c’est mon soleil qui s’en va…
Et moi, je reste, pleurant tout bas.

(Esther Granek)

Illustration: Maria Amaral

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

En quel singulier espace doit-on se séparer de soi-même? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2016



Apprentis distants
du plus proche,
connaisseurs de la rose
qui ne peuvent la respirer,
vivants d’une vie
qui se consume en se vivant,
lanceurs d’un filet
qui se retourne et les capture,
voyageurs d’une distance qui n’existe pas.

Pourquoi commencer
si tout débute
où ils finissent ?
Pourquoi ouvrir la porte
ou pourquoi la fermer
s’il y a toujours à sa place quelque chose d’immobile,
une icône impénétrable
qui ne change pas dans l’ouvert et le fermé?

Est-il aussi des roues dont le destin est de ne pas tourner,
de l’eau dont le sens n’est pas de mouiller,
des vents dont l’objet n’est pas de souffler,
du feu dont la fonction n’est pas de brûler?

Si le plus haut consiste
à n’être pas ce qu’on est,
en quel singulier espace
doit-on se séparer de soi-même?

(Roberto Juarroz)


Illustration: Île Nancy

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’homme est seul (Raphaële George)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2015


L’homme est seul en lui-même,
terriblement distant des autres,
malgré son envie de passer un peu dans tous les yeux
qui ne sont pas les siens.

Sentiment d’impuissance qui terrasse
au point où certains jours on n’éprouve presque
rien à dire, seulement une phrase pour témoigner
de cette souffrance…
« Dites seulement une parole et je serai guérie ».

Que les mots ne blessent pas l’expérience.

Comme si écrire pouvait donner plus de Présence à l’homme!

(Raphaële George)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Amours clandestines (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2015



Amours clandestines

L’asile de nos amours clandestines
Reverdit chaque année
Et refleurissent les buissons
Qui embaumaient nos étreintes

Je perçais les secrets de ton regard
Distant et énigmatique
Je posais des baisers ardents
Sur tes lèvres de glace
Et caressais ta chair
Avec des gestes d’amour.

(Jean-Baptiste Besnard)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Quel mot fit notre perte ? (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2014



Quel mot fit notre perte ?
quel geste inaperçu rompit notre équilibre ?
qui donc nous réveilla distants?
Les barques des pêcheurs sont désertées
et l’Automne n’a plus de feuilles.

(Pierre Béarn)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :