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Posts Tagged ‘distraction’

CLAIRE EN REVE LE 28 AOUT 1951 (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2018



Picasso Claude et Claire Roy

 

CLAIRE EN REVE LE 28 AOUT 1951

Par distraction j’ai fait deux fois le tour du monde
C’est toi que j’ai croisée sans m’en apercevoir
toute nue sous le vent aux îles de la Sonde
J’ai caressé tes seins (Content de te revoir).

(Claude Roy)

Illustration: Pablo Picasso

 

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Voyage au Canada (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



 

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Voyage au Canada

Une famille des plus charmantes
Trois enfants maman papa
Partit un beau jour de Nantes
Pour visiter le Canada
Fixant leur itinéraire
Après maintes réflexions
Ils choisirent pas ordinaire
Ces moyens de locomotion
C´est ainsi qu´avant de partir
Ils chantaient pour se divertir

{Refrain:}
Nous irons à Toronto
En auto
Nous irons à Montréal à cheval
Nous traverserons Québec à pied sec
Nous irons à Ottawa en oua oua
Nous irons à Valleyfield sur un fil
Nous irons à Trois Rivières en litière
Passant par Chicoutimi
Endormis
Nous irons au lac Saint-Jean en nageant
Voilà! Voilà!
Un beau voyage un beau voyage
Voilà! Voilà!
Un beau voyage au Canada!

Oui mais parfois c´est étrange
On ne fait pas toujours ce qu´on veut
Bien souvent le hasard change
Nos projets les plus heureux
Nos amis furent c´est pas de chance
Victimes d´une distraction
Du chef du bureau de l´agence
Des moyens de locomotion
Et à cause de l´employé
Qui s´était trompé de billets

Ils allèrent à Toronto
En nageant
Ils allèrent à Montréal endormis
Ils se rendirent à Québec en litière
Ils allèrent à Ottawa sur un fil
Ils allèrent à Valleyfield à pied sec
Ils allèrent à Trois Rivières en oua oua
Passant par Chicoutimi à cheval
Ils plongèrent dans le lac Saint-Jean en auto
Voilà! Voilà!
Un beau voyage au Canada!

Depuis ce temps-là
Messieurs dames
Les voyageurs ont compris
Pour éviter bien des drames
Il faut à n´importe quel prix
Contrôler dans les agences
Les billets de locomotion
Si vous partez en vacances
La plus simple des précautions
C´est de chanter mon petit air
Mon petit air itinéraire

{au Refrain}

(Charles Trenet)

 

 

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La hauteur de la rose (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



Illustration
    
La hauteur de la rose n’est pas la hauteur de la pierre,
mais parfois la rose la surpasse en son extase.
La hauteur de l’homme n’est pas la hauteur de la pluie,
mais son regard va plus loin que les nuages.
Et parfois la lumière l’emporte sur l’ombre,
bien que l’ombre ait toujours le dernier mot.
Les hiérarchies sont une distraction de l’infini
ou peut-être un accident.
Les hauteurs se supplantent comme tours qui dansent
mais tout tombe de la même hauteur.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Le poète le plus heureux qui soit (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018




    
Force m’est d’admettre que le poète le plus heureux qui soit
ne saurait chanter avec autant d’ardeur que l’alouette,
sans la moindre distraction,
oublieux du passé comme de l’avenir,
tout entier à sa joie.

(Sôseki)

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L’amoureuse en secret (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



L’amoureuse en secret

Elle a mis le couvert et mené à la perfection
ce à quoi son amour assis en face d’elle parlera bas tout à l’heure,
en la dévisageant.
Cette nourriture semblable à l’anche d’un hautbois.
Sous la table, ses chevilles nues
caressent à présent la chaleur du bien-aimé,
tandis que des voix qu’elle n’entend pas,
la complimentent.
Le rayon de la lampe emmêle,
tisse sa distraction sensuelle.
Un lit, très loin, sait-elle, patiente et tremble
dans l’exil des draps odorants,
comme un lac de montagne
qui ne sera jamais abandonné.

(René Char)

Illustration: Hélène Mahevo

 

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Le profane n’existe pas (anonyme africain)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017


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Rien n’est vraiment une distraction simple.
Le profane n’existe pas.
Tout est religieux, tout a un but, tout a un motif.
Le hasard n’existe pas.
Il y a seulement des « lois de coïncidence » dont nous ignorons le mécanisme,
un ordre supérieur que nous ne comprenons pas.

(anonyme africain)

 

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Evidence (Lambert Schlechter)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



évidence dont dans ma distraction permanente
je ne m’étais jamais rendu compte :
la bougie ne donne lumière que si elle brûle
elle n’est vive qu’en mourant

(Lambert Schlechter)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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La beauté a puissance de résurrection (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2015



La beauté a puissance de résurrection.
Il suffit de voir et d’entendre.
C’est par distraction
que nous n’entrons pas au paradis de notre vivant,
uniquement par distraction.

(Christian Bobin)

 

 

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Il est temps que l’homme se fixe à lui-même son but (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2015



 

Sylvie Lemelin_Des fleurs pour ArlequinWEB

Et ainsi Zarathoustra se mit à parler au peuple :
Il est temps que l’homme se fixe à lui-même son but.
Il est temps que l’homme plante le germe de sa plus haute espérance.
Maintenant son sol est encore assez riche.
Mais ce sol un jour sera pauvre et stérile et aucun grand arbre ne pourra plus y croître.
Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne jettera plus par-dessus les hommes la flèche de son désir,
où les cordes de son arc ne sauront plus vibrer !

Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante.

Je vous le dis : vous portez en vous un chaos.
Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne mettra plus d’étoile au monde.
Malheur ! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même.
Voici ! Je vous montre le dernier homme.

Amour ? Création ? Désir ? Etoile ? Qu’est cela ?
Ainsi demande le dernier homme, et il cligne de l’œil.

La terre sera alors devenue plus petite, et sur elle sautillera le dernier homme, qui rapetisse tout.
Sa race est indestructible comme celle du puceron; le dernier homme vit le plus longtemps.
Nous avons inventé le bonheur, – disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil.

Ils ont abandonné les contrées où il était dur de vivre : car on a besoin de chaleur.
On aime encore son voisin et l’on se frotte à lui: car on a besoin de chaleur.
Tomber malade et être méfiant passe chez eux pour un péché : on s’avance prudemment.
Bien fou qui trébuche encore sur les pierres et sur les hommes !
Un peu de poison de-ci de-là, pour se procurer des rêves agréables.
Et beaucoup de poisons enfin, pour mourir agréablement.

On travaille encore, car le travail est une distraction.
Mais l’on veille à ce que la distraction ne débilite point.
On ne devient plus ni pauvre ni riche : ce sont deux choses trop pénibles.
Qui voudrait encore gouverner ?
Qui voudrait obéir encore?
Ce sont deux choses trop pénibles.

Point de berger et un seul troupeau ! Chacun veut la même chose, tous sont égaux :
qui a d’autres sentiments va de son plein gré dans la maison des fous.
Autrefois tout le monde était fou, – disent ceux qui sont les plus fins, et ils clignent de l’œil.

On est prudent et l’on sait tout ce qui est arrivé c’est ainsi que l’on peut railler sans fin.
On se dispute encore, mais on se réconcilie bientôt – car on ne veut pas se gâter l’estomac.
On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la santé.

Nous avons inventé le bonheur, – disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil.

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Sylvie Lemelin

 

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Parfois tout nous réussit (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2015



    

Parfois tout nous réussit.
Chaque porte s’ouvre au juste moment
et donne sur l’endroit où nous allons,
la flèche n’a pas besoin que l’archer pointe
car elle va de toute manière se clouer au but,
nul besoin que rien nous réveille
car nous ouvrons les yeux au moment exact
où chacun doit inaugurer son propre jour.

Néanmoins,
ce n’est pas nous qui, pour quelque raison,
touchons de notre vie
le point sans distraction
où elle-même ou autre chose
se multiplie et se concentre.
Le fait est autre:
ce sont les choses qui parfois
réussissent totalement en nous,
comme si elles répondaient alors
à un pacte mutuel dont nous faisons un moment partie

ou à un engagement pris
avec dieu sait quoi d’autre…

C’est ainsi que nous pouvons comprendre
la beauté et l’originalité de la maladresse.

(Roberto Juarroz)

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