Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘distribuer’

LA SOLUTION (Bertolt Brecht)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2019



Illustration: Akbar Behkalam 
    
LA SOLUTION

Après l’insurrection du 17 juin
Le secrétaire de l’union des écrivains
Fit distribuer des brochures dans l’avenue Staline.

On pouvait y lire que le peuple
Avait perdu la confiance du gouvernement

Et ne pouvait le regagner

Que grâce à un travail redoublé. Ne serait-ce
Pas plus simple que le gouvernement

Liquide le peuple et en
Choisisse un autre ?

***

DIE LÖSUNG

Nach dem Aufstand des 17. Juni
Ließ der Sekretär des Schriftstellerverbands
In der Stalinallee Flugblätter verteilen
Auf denen zu lesen war, dass das Volk
Das Vertrauen der Regierung verscherzt habe
Und es nur durch verdoppelte Arbeit
zurückerobern könne. Wäre es da
Nicht doch einfacher, die Regierung
Löste das Volk auf und
Wählte ein anderes?

***

Soluția

Urmare a răscoalei de pe 17 iunie
Secretarul Uniunii Scriitorilor a dispus
Să se împartă broșuri pe Aleea Stalin
În care se putea citi că poporul
Și-ar fi jucat încrederea guvernului
Și că numai prin muncă dublă
O va putea recâștiga.
N-ar fi mai simplu dacă guvernul
Ar dizolva poporul și
Ar alege altul?

(Bertolt Brecht)

 

Recueil: ITHACA 585
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Allemand / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg /

Editions: POINTS

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DU SOIR AU LENDEMAIN (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019



Illustration: Tamara de Lempicka
    
DU SOIR AU LENDEMAIN

Filles de la pluie et du beau temps
Filles fileuses de fil en quatre
Filles fabuleuses comme l’Orient
Filles du ciel et du marbre

C’est vous que l’on voit dans les rêves
semant ces songes à pleines mains
et qui fuyez comme les nuages
pour revenir le lendemain

Beaux serments et belles promesses
que vous distribuez gratuitement
et que vous reniez très sagement
un baiser vaut bien une messe

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Impossible (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



L’Impossible

Je puis mourir ce soir! Averses, vents, soleil
Distribueront partout mon coeur, mes nerfs, mes
moelles.
Tout sera dit pour moi! Ni rêve, ni éveil.
Je n’aurai pas été là-bas, dans les étoiles!

En tous sens, je le sais, sur ces mondes lointains,
Pèlerins comme nous des pâles solitudes,
Dans la douceur des nuits tendant vers nous les mains,
Des Humanités soeurs rêvent par multitudes!

Oui! des frères partout! (Je le sais, je le sais!)
Ils sont seuls comme nous. – Palpitants de tristesse,
La nuit, ils nous font signe! Ah! n’irons-nous,
jamais?
On se consolerait dans la grande détresse!

Les astres, c’est certain, un jour s’aborderont!
Peut-être alors luira l’Aurore universelle
Que nous chantent ces gueux qui vont, l’Idée au front!
Ce sera contre Dieu la clameur fraternelle!

Hélas! avant ces temps, averses, vents, soleil
Auront au loin perdu mon coeur, mes nerfs, mes
moelles,
Tout se fera sans moi! Ni rêve, ni réveil!
Je n’aurai pas été dans les douces étoiles!

(Jules Laforgue)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’impossible (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



L’impossible

Je puis mourir ce soir! Averses, vents, soleil
Distribueront partout mon cœur, mes nerfs, mes moelles.
Tout sera dit pour moi! Ni rêve, ni réveil.
Je n’aurai pas été ici-bas, dans les étoiles!

En tous sens, je le sais, sur ces mondes lointains,
Pèlerins comme nous des pâles solitudes,
Dans la douceur des nuits tendant vers nous les mains,
Des Humanités soeurs rêvent par multitudes!

Oui! des frères partout! (Je le sais, je le sais!)
Ils sont seuls comme nous. — Palpitants de tristesse,
La nuit, ils nous font signe! Ah! n’irons-nous jamais?
On se consolerait dans la grande détresse!

Les astres, c’est certain, un jour s’aborderont!
Peut-être alors luira l’Aurore universelle
Que nous chantent ces gueux qui vont, l’Idée au front!
Ce sera contre Dieu la clameur fraternelle!

Hélas! avant ces temps, averses, vents, soleil
Auront au loin perdu mon coeur, mes nerfs, mes moelles,
Tout se fera sans moi ! Ni rêve, ni réveil!
Je n’aurai pas été dans les douces étoiles!

(Jules Laforgue)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Accumule, puis distribue (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



Illustration
    
Accumule, puis distribue.
Sois la partie du miroir de l’univers
la plus dense, la plus utile
et la moins apparente.

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Image (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




Illustration: Zinaïda Serebriakova
    

Image

Le père distribue la soupe à la tribu rongée d’amour
La mère signe le pain d’une croix salvatrice
où les enfants broiront l’ardeur de leurs baisers
le foin de leurs pensées s’incendie d’avenir.

Dans la tiédeur des mets languissent de belles lèvres
et le vin sent le sang, le sang frère et caché
le sang si doux dans la chair de verre :
« Que les enfants ont soif ! que les enfants ont faim ! »

Tous les désirs vivants semblent dormir ici
chiens muselés gardés la laisse au poing
et tous les tièdes yeux regardent dans la nuit
l’essaim des mouches blanches farder la terre.

C’est le silence et l’harmonie des coeurs
le père songe à la vache qui vèle
la mère songe au froid de cette neige
sur le froid du tombeau de l’enfant mort.

Jean-Paul songe à des chairs sans ombre
aux seins de la servante entrevus dans la grange
et Jeanne songe au berger de la sente :
ah ! neige née sur le feu de mon sang.

Les parents rient, des liserons de neige regardent la famille,
un Christ de poussière se meurt sur le mur
un Dieu laid comme un homme montre son coeur à nu,
l’horloge bat, ô mon coeur ! ô mon coeur ! si lente…

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Parfum (Saadi)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Le Parfum

Un sage était plongé dans une méditation profonde.
Lorsqu’il sortit de son extase, un de ses compagnons lui dit:
– Que nous rapportes-tu de ce beau jardin où tu te promenais?

Le sage répondit:
– J’avais rempli de roses le pan de ma robe,
et je voulais les distribuer,
mais leur parfum m’a tellement enivré
que le pan de ma robe s’est échappé de mes mains.

(Saadi)


Illustration: Salvador Dali

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 6 Comments »

Les fleurs (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2016


1794828688_a5b9f280a3

Les fleurs distribuent leurs senteurs
dans des flacons fabriqués par l’air

(Adonis)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Le plus grand bonheur (Omraam mikhaël Aïvanhov)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2016



Le plus grand bonheur est celui que le soleil est en train de vivre :
sans regarder si les gens en ont profité ou non,
il continue de distribuer sa chaleur et sa lumière.

(Omraam mikhaël Aïvanhov)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Nature moignonnée (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



(Nature moignonnée, un silence impressionnant; les animaux – oiseaux la plupart –
qui ne jouent plus de rôle dans le culte, retournent à l’état domestique.
Les horloges ont encore du mouvement pour quelques temps,
et voici que des bruits autrefois secondaires
comme ceux de l’indispensable cuisine
emplissent les êtres et font le silence du lieu.
Il prit des mots, les distribua, se disant desquels ont-ils besoin:
Soleil, Liberté, Saül, Mésange …
Mais ils se détournaient aussitôt comme des chiens trompés par un geste de la main;
ils restaient sur leur faim)

(Michel Deguy)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :