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Posts Tagged ‘divan’

Poule, poule ponds ton oeuf (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Ettore Aldo Del Vigo 109

 

Poule, poule ponds ton oeuf,
buvons, trinquons à l’art veuf
béton, porphyre, métaux.
Oui ! je connais d’autres chants
et d’autres calligraphies,
Chambres à aimer, divans.
doubles grelottant de vie,
je connais la comédie
et son drame par dedans.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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SONNET AU SOLEIL (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration
    
SONNET AU SOLEIL

Sur le divan se vautre un grand soleil joueur.
Étudiant usé que nul plaisir ne tente,
Oh ! que je suis heureux ! Sa visite m’enchante.
Il semble tout empli d’une sylvestre odeur.

Il s’étire coquet, il s’étire trompeur.
Son or couvre mon front d’une caresse lente.
Qu’il est doux, le baiser, sur ma lèvrе tremblante!
Je mets sur ses genoux ma tête avec bonheur.

Ton baiser, grand Soleil, me redonne la vie.
Tes longs cheveux soyeux laissent l’âme ravie.
Et mes nerfs maladifs retrouvent leurs instincts.

La nuit tombe, j’ai peur. Reste toujours, je t’aime.
Les ombres de la nuit ont d’effrayants desseins.
Et je ne puis hélas m’incendier moi-même.

(Attila József)

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Les mots (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

Les mots

Les mots exquis
les mots esquifs
les mots esquisses
les mots excessifs

Sur la molesquine
d’un divan trop rouge
pour s’entendre ne font
rien au contraire

(Paul Louis Rossi)

Illustration: René Gruau

 

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Equatorial (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



Equatorial

Ici la pointe de mon nez
Là Jupiter Mars et la Lune
Plus loin là-bas ma chatte sur mes genoux
Et tout rond la mort d’un vieil ami
Dort sur le divan
Et l’heure qui vient de sonner
S’embrouille dans la fumée de ma cigarette
Et tout ce qu’il y a encore
Et c’est ma main
Et c’est mon coeur
Et c’est la porte
C’est la fenêtre
Et tout et tout
Un poème à n’en plus finir

(Pierre Albert-Birot)


Illustration

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Chanson pour toi (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Je ne cesserai pas
De chanter les cloches des rencontres muettes,
Les bras des divans parfumés,
les grandes chutes d’oiseaux ressemblants,
les éternels miroirs vibrants.

Je ne cesserai pas
de chanter la morsure rouge des lèvres,
l’épaule insoumise, les aisselles surprises,
les seins toujours à l’heure aux rendez-vous nocturnes.

Je ne cesserai pas
de chanter ton visage poudré de cendre,
le dernier naufrage à l’aube soufflée des lampes,
ta nuque échappée à l’étreinte,
tes pas que rien ne trahit

Je ne cesserai pas
de chanter tes hanches profondes,
tes chevilles noyées dans les nuages,
tant de pensées vagabondes,
tant de fumée divine.

Je ne cesserai pas
de chanter ta chevelure courante
aux pieds des arbres solitaires
blessés de feuilles et d’œillères.

Je ne cesserai pas
de chanter la rue, le parc, la mer
car je te connais
car je t’aime et te connais.

Je ne cesserai pas
d’apprendre à rire,
à peindre et rire
dans le fond des palais;
car je te crains,
car je t’aime et te crains.

Je ne cesserai pas
de forger des serrures,
des cadenas et des ceintures
tout le long du ciel,
car je te garde,
car je t’aime et te garde.

Je ne cesserai pas
de couper tes mains,
tes bras et tes poings
pour que jamais l’adieu
ne remonte sur l’eau.

(Edmond Jabès)

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Toute innocence triche (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016




Un divan gris comme un remords.
Un violon comme une folle vérité.
Un vase en dix morceaux
comme un amour trop anonyme.
Il se fait plomb
car il est plus troué
qu’une perdrix le soir de la battue.
Toute innocence triche.

(Alain Bosquet)

Illustration: Giacomo Piussi

 

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Pendant des années j’ai creusé la terre (Muso Soseki)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2016



 

 Estampes   (23) [1280x768]

Pendant des années j’ai creusé la terre,
Afin d’y découvrir le ciel bleu.
Ainsi, je m’entravais toujours davantage,
Lorsqu’une nuit, je fis jaillir en l’air
Et les pierres, et les tuiles !
Sans aucune difficulté j’ai brisé l’os du vide.

[…]

La montagne verte se change bien des fois en montagne jaune.
Je ne suis nullement préoccupé par les troubles mondains.
Si l’on a de la poussière dans les yeux,
Les trois mondes sont étroits.
Si l’on n’a pas d’affaire en esprit,
Même le divan est vaste.

(Muso Soseki)

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CE SERA AINSI (Marina Tsvétaïeva)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2016



 

CE SERA AINSI

Enfant tranquille, dorloté par les ténèbres,
Une langueur infinie dans un regard perdu,
Tu es là immobile devant la fenêtre. Un pas
Rapide, dans le corridor — ce n’est pas le mien !

*

La porte s’ouvre… Un courant d’air glacial…
Une odeur : la fraîcheur, le bonheur… Finies les angoisses…
Puis un instant de silence et quelqu’un, doucement,
Rit, sur le seuil de la porte — ce n’est pas moi !

*

Le tramway, son ombre, comme jadis, court sur le mur,
L’orchestre, en bas, se fait plus calme, plus sourd…
Emu, tu chuchotes : — Que nos âmes s’unissent
En silence ! – ce n’est pas avec moi !

*

Que de livres ! Et j’ai pensé… Pas de lumière :
C’est mieux !… Les mots me manquent…
Le tramway, son ombre voit bien que,
Sur le divan, avec toi — ce n’est pas moi !

(Marina Tsvétaïeva)

Illustration: Mikaël Kihlman

 

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Chaque heure à vivre (Eugenio De Signoribus)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2016



chaque heure à vivre est bonne pour parler
ou pour rester pelotonné comme un animal prudent
sur le divan gris, contre le double vitrage,
cerné par les expressions ambiguës des mouvements
et par les visions oscillantes d’édifices qui ne s’écroulent jamais…
Chaque combat peut brûler une heure entière
peut brûler la langue jusqu’aux racines

***

ogni ora da vivere è buona per parlare
o per stare accucciato come un cauto animale
sul divano grigio, contro i doppi vetri,
dai linguaggi ambigui dei moti circondato
e da oscillanti visioni di edifici che mai crollano…
Ogni agone può bruciare tutta un’ora
può bruciare la lingua fin nelle radici

(Eugenio De Signoribus)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Fidel Garcia

 

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Sensualité (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2015



Sensualité

N’écoute plus l’archet plaintif qui se lamente
Comme un ramier mourant le long des boulingrins ;
Ne tente plus l’essor des rêves pérégrins
Traînant des ailes d’or dans l’argile infamante.
Viens par ici : voici les féeriques décors,
Dans du Sèvres les mets exquis dont tu te sèvres,

Les coupes de Samos pour y tremper tes lèvres,
Et les divans profonds pour reposer ton corps.
Viens par ici : voici l’ardente érubescence
Des cheveux roux piqués de fleurs et de béryls,
Les étangs des yeux pers, et les roses avrils
Des croupes, et les lis des seins frottés d’essence
Viens humer le fumet-et mordre à pleines dents
A la banalité suave de la vie,
Et dormir le sommeil de la bête assouvie,
Dédaigneux des splendeurs des songes transcendants.

(Jean Moréas)

Illustration: Louis Courtat

 

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