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Posts Tagged ‘divine’

Qui taillera cette vigne (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

Alphonse Mucha Winter 1897 32x73cm panel [1280x768]

Qui taillera cette vigne
Au pâle soleil d’hiver ?
— Là-haut, passeront des cygnes ;
Là-bas, les blés seront verts —

S’il te regarde d’ici,
Il te verra frileuse et fine ;
Mais il aura d’autres soucis
Que ta fine beauté divine ;

Et nul autre, d’heures en heures,
Jour par jour, et saison par saison
— Que tu souries ou pleures
Au long de tes horizons —

Nul autre, attentif et grave,
Souriant et triste à la fois,
Ne suivra le geste suave
De ta lèvre qui chante à mi-voix.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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Veillée (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2019



 

Wilhelm Hammershoi   6973 

Veillée

Quand ma lampe est éteinte, et que pas une étoile
Ne scintille en hiver aux vitres des maisons,
Quand plus rien ne s’allume aux sombres horizons,
Et que la lune marche à travers un long voile,
Ô vierge ! ô ma lumière ! En regardant les cieux,
Mon coeur qui croit en vous voit rayonner vos yeux.

Non ! Tout n’est pas malheur sur la terre flottante :
Agité sans repos par la mer inconstante,
Cet immense vaisseau, prêt à sombrer le soir,
Se relève à l’aurore élancé vers l’espoir.
Chaque âme y trouve un mât pour y poser son aile,
Avant de regagner sa patrie éternelle.

Et tous les passagers, l’un à l’autre inconnus,
Se regardent, disant :  » D’où sommes-nous venus ?  »
Ils ne répondent pas. Pourtant, sous leur paupière,
Tous portent le rayon de divine lumière ;
Et tous ces hauts pensers m’éblouissent… j’ai peur ;
Mais je me dis encor :  » Non, tout n’est pas malheur !  »

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Wilhelm Hammershoi

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L’amour de mes pensers (Pierre de Marbeuf)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



 

Alphonse Mucha XG [1280x768]

L’amour de mes pensers …

L’amour de mes pensers, comme de son pinceau,
Vous peint à mon esprit, si je clos ma paupière,
Je vous vois en dormant, si je suis sans lumière,
Pour m’éclairer de nuit vous êtes mon flambeau.

Si je suis sur la terre, ou si je suis sur l’eau,
Vous me suivez sur terre, et dessus la rivière,
Car je vous vois toujours et devant et derrière
La croupe du cheval, la poupe du bateau.

Encor que de mon corps le vôtre soit absent,
A mon esprit toujours votre corps est présent :
Concevez-vous cela, ma divine maîtresse ?

Si pénétrer les corps par son agilité
Est la propre action de la divinité,
L’amour m’avait bien dit que vous étiez déesse.

(Pierre de Marbeuf)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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Enfin je t’ai roulé, opiniâtre rocher, dans l’abîme (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Gurbuz Dogan Eksioglu  (38)

Enfin je t’ai roulé, opiniâtre rocher,
dans l’abîme.
— Temps,
(perdu ?), pierre, de mon oeuvre pure,
pour vaincre ta laideur grossière ! —

Maintenant, debout, haletant encore,
sur la plaine à nouveau. Là-haut, le ciel
du couchant pacifique, comme une eau de rose,
d’où j’ai rejailli, pur,
le front perlé d’étoiles pâles.

Et entre la poitrine et les bras douloureux,
la sensation divine d’une rose géante,
qui fut — mais quand ? — de pierre.

***

Ya te rodé, canto obstinado,
en el abismo.
— iTiempo
¿perdido?, piedra, de mi obra pura,
para vencer tu fealdad grosera!—

Ahora, de pie, jadeante aún,
otra vez en lo todo llano. Arriba, el cielo
del ocaso pacífico, como un agua rosada,
de donde me he salido, puro,
sudando estrellas pálidas.

Yentre el pecho y los brazos doloridos,
la sensación divina de una jigante rosa,
que fue — ¿cuándo? — de piedra.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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La fille aux cheveux de lin (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

Lauri Blank -    (39)

La fille aux cheveux de lin

Sur la luzerne en fleur assise,
Qui chante dès le frais matin ?
C’est la fille aux cheveux de lin,
La belle aux lèvres de cerise.

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ta bouche a des couleurs divines,
Ma chère, et tente le baiser !
Sur l’herbe en fleur veux-tu causer,
Fille aux cils longs, aux boucles fines ?

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ne dis pas non, fille cruelle !
Ne dis pas oui ! J’entendrai mieux
Le long regard de tes grands yeux
Et ta lèvre rose, ô ma belle !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Adieu les daims, adieu les lièvres
Et les rouges perdrix ! Je veux
Baiser le lin de tes cheveux,
Presser la pourpre de tes lèvres !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: Lauri Blank

 

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Je pleure … de Beauté (Viviane-Josée Restieau)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



Je pleure … de Beauté
Tellement un Grand est Grand
Quand il est si simple
Il est particule d’Amour à la Source
Il n’a rien à dire
Il ressent, Il émet
Il unifie ceux qui sont prêts
Sans le savoir car
Le Grand ne le sait pas lui-même
Le silence déploie son souffle
Et le vent emporte son étincelle divine …
… Étincelle qui Elle-même
Viendra éclore l’Innocent
Le Grand sait qu’il ne sait pas,
Qu’il ne sait plus.
Il devient …
Il devient …
Il devient …
… l’Unité de l’Instant au cœur de la Vie
Il s’est quitté pour se répartir
Sans le savoir
Dans l’Infini Récepteur du Tout : …
… Battement du Cœur Universel.

(Viviane-Josée Restieau)

Illustration: Viviane-Josée Restieau

 

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Souvent j’ai rencontré le mal de vivre (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

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Souvent j’ai rencontré le mal de vivre:
c’était le ruisseau étranglé qui bouillonne,
c’était la feuille desséchée qui se recroqueville,
c’était le cheval terrassé.

Du bien, je n’ai rien su, hormis le prodige
qui entrouvre la divine Indifférence:
c’était la statue dans la somnolence
de midi, et le nuage, et le faucon haut dans le ciel.

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Dans le noir des pierres (Arthur Bidegain)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



 

dans le noir des pierres
et des sentiments anguleux
qui farinent
et tourbillent
dansant sur eux-mêmes
parmi les flammes mentales
de la raison
résiste toujours
la porte blanche
de la fulgurance divine

(Arthur Bidegain)

Illustration

 

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Lèvres (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses,
Mais d’une chair plus tendre et plus fragile encor,
Des rêves de chair rose à l’ombre des poils d’or
Qui palpitent légers sous les mains amoureuses.

Des fleurs aussi, des fleurs molles,
des fleurs de nuit,
Pétales délicats alourdis de rosée
Qui fléchissent, pliés sur la fleur épuisée
Et pleurent le désir, goutte à goutte, sans bruit.

Ô lèvres, versez-moi les divines salives,
La volupté du sang, la chaleur des gencives
Et les frémissements enflammés du baiser !

Ô fleurs troublantes, fleurs mystiques,
fleurs divines,
Balancez vers mon cœur, sans jamais l’apaiser,
L’encens mystérieux des senteurs féminines !

(Pierre Louÿs)


Illustration

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Malheur à qui chérit sans qu’on l’aime en retour (Adam Mickiewicz)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



 

Malheur à qui chérit sans qu’on l’aime en retour;
Plus malheureux qui souffre en son coeur froid et vain;
Mais celui est surtout pauvre entre les humains
Qui, n’aimant plus, ne peut oublier son amour.

Dès qu’un rire effronté, d’impudiques atours
Éveillent son plaisir — le souvenir revient.
Et s’il rencontre un ange, il fuira son chemin,
N’osant lui faire don d’un coeur fané et lourd.

Ainsi — plein de mépris, de regrets qui le minent,
Fuyant l’amour profane et les amours divines,
A leur approche il sent tout espoir le quitter.

Et son coeur est pareil à ces temples en ruines,
Ébréchés par les vents, par les pluies effrités,
Où Dieu ne venant plus, l’homme n’ose habiter.

(Adam Mickiewicz)
Illustration: ArbreaPhotos

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