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Poésie

Posts Tagged ‘divinement’

Solitude (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Solitude

On m’a jeté tant de pierres,
Que plus aucune ne m’effraie,
Le piège s’est fait haute tour,
Haute parmi les hautes tours.
Je remercie ceux qui l’ont construite,
Qu’ils cessent de s’inquiéter, de s’attrister.
De tous les côtés je vois l’aube plus tôt.
Et le dernier rayon du soleil triomphe ici.
Souvent dans les fenêtres de mes chambres
Entrent les vents des mers du nord,
Et le pigeon mange dans mes mains du grain…
Cette page que je n’ai pas finie,
La main brune de la Muse,
Divinement calme et légère,
Y inscrira le dernier mot.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Pierre Puvis de Chavannes

 

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CE SOIR-LA (Roger Kowalski)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



 

CE SOIR-LA

Ce soir-là, en des temps plus anciens que l’enfance ; ce soir-là,
alors que la nuit était imminente, je vis votre visage, et tel, et si profond,

à ce point vous, bien-aimée, que je rencontrai seulement bien
plus tard, si divinement secret entre la branche qui frôlait les vitres

et les doigts serrant la plume, que les feux soudain s’allumèrent
dans mes forêts, coururent jusqu’à la frontière occidentale,

bondirent par-dessus les rivières, les étangs, flaques de tardives
pluies, me lièrent enfin pour jamais à l’arbre inquiet de votre sang.

(Roger Kowalski)

Illustration: Julie Heffernan

 

 

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Le Bloc de Marbre (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



    

Le Bloc de Marbre

JE dormais dans le flanc massif de la montagne…
Ses tiédeurs m’enivraient. Auprès de mon sommeil
Sourdait l’ardent effort des fleurs vers le soleil.
Rien ne troublait la paix large de la montagne.

Je dormais. Je semblais un astre dans la nuit,
Et l’ondoyant avril que l’amour accompagne
Tremblait divinement sur l’or de la campagne,
Sans rompre mon attente obscure dans la nuit.

Blancheur inviolée au fond de l’ombre éteinte,
J’ignorais le frisson du nuage, et le bruit
Des branches et des blés sous le vent qui s’enfuit
En sifflant… Je dormais au fond de l’ombre éteinte,

Lorsque tu m’arrachas à mon calme éternel,
O mon maître ! ô bourreau dont je porte l’empreinte !
Dans la douleur et dans l’effroi de ton étreinte,
Je vécus, je perdis le repos éternel…

Je devins la Statue au front las, et la foule
Insulte d’un regard imbécile et cruel
Ma froide identité sans geste et sans appel,
Pâture du regard passager de la foule.

Et je suis la victime orgueilleuse du temps,
Car je souffre au-delà de l’heure qui s’écoule.
Mon angoisse domine altièrement la houle
Gémissante qui meurt dans l’infini du temps.

Je te hais, créateur dont la pensée austère
A fait jaillir mon corps en de fiévreux instants,
Et dont je garde au coeur les rêves sanglotants…
Je connais les douleurs profondes de la terre,

Moi qui suis la victime orgueilleuse du temps.

(Renée Vivien)

Illustration: Alfred Jean Halou

 

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LES DRAPS BLEUS (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



croisieres

LES DRAPS BLEUS

Tout est là qui attend
Le signe altier d’un gant dans l’ombre
La caresse du vent
Et ces toits qui descendent en miroirs vers la mer

Nous ne serons jamais à quai
Ou pour une escale très brève
Quelques instants sur quoi fermer les yeux
Avant de repartir accordés
Du sel aux coins des lèvres

Le temps qui s’est levé
Entre les draps bleus d’un lit du Rajasthan
N’est pas de ceux qui passent
Il appartient au présent chaviré
Triomphant des naufrages et des peurs

Les questions peuvent rester divinement sans réponse
Et se transporter ailleurs
Avec une sorte d’allégresse neuve
Une ferveur qui parle aux étoiles en plein jour

Je me sens l’âme à la verticale
Et tout est là qui n’attend pas

(André Velter)

 

 

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Quelle doit être l’aurore (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2015



 

trembles

Quelle doit être l’aurore des trembles du Paradis,
si ceux de la terre, ce matin, tremblent si divinement?

(Franz Hellens)

Illustration

 

 

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