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Poésie

Posts Tagged ‘divulguer’

ÉPITHÈTES (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2019




    
ÉPITHÈTES

Une source — corrompue
Un secret — divulgué
Une absence — pesante
Une éternité — passagère
Des ténèbres — fidèles
Des tonnerres — captifs
Des flammes — immobiles
La neige — en cendre
La bouche fermée
Les dents serrées
La parole niée
muette
bourdonnante
glorieuse
engloutie.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il est peut-être même le Juif authentique (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



Christ de Vélasquez [800x600]

Les murs ne tombent pas
[19]

Il est peut-être même le Juif authentique
sorti de Vélasquez ;

ces paupières chez Vélasquez
sont baissées sur des yeux

qui, ouverts, méduseraient, dérouteraient
et nous frapperaient d’un ancien sentiment de culpabilité

et de peur, mais la terreur de ces yeux
voilés dans leur agonie est terminée ;

je t’assure que les yeux
du crucifié de Vélasquez

te regardent à présent dans les yeux,
et qu’ils sont ambre et qu’ils sont feu.

[20]

Or il apparaît clairement
que le Saint-Esprit,

mystérieuse énigme de l’enfance
est le Rêve ;

cette voie d’inspiration
est toujours ouverte,

et ouverte à tous ;

il agit en intermédiaire, interprète,

il explique les symboles du passé
en images d’aujourd’hui,

il fusionne l’avenir lointain
avec la plus lointaine antiquité,

énonce économiquement
en une simple équation-rêve

la plus profonde philosophie,
divulgue le secret de l’alchimiste

et suit le Mage
dans le désert.

***

He might even be the authentic Jew
stepped out from Velasquez;

those eye-lids in the Velasquez
are lowered over eyes

that open, would daze, bewilder
and stun us with the old sense of guilt

and fear, but the terror of those eyes
veiled in their agony is over;

I assure you that the eyes
of Velasquez’ crucified

now look straight at you,
and they are amber and they are fire.

Now it appears very clear
that the Holy Ghost,

childhood’s mysterious enigma,
is the Dream;

that way of inspiration
is always open,

and open to everyone;
it acts as go-between, interpreter,

it explains symbols of the past
in to-day’s imagery,

it merges the distant future
with most distant antiquity,

states economically
in a simple dream-equation

the most profound philosophy,
discloses the alchemist’s secret

and follows the Mage
in the desert.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Velasquez

 

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Vagabondages (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018




Illustration


Vagabondages

J’ai trahi ma solitude
En la divulguant

Je vois mourir le soleil
Et déchiffre les fenêtres
Où la clarté se dégrade
L’herbe pave le sol

Poussé par des vents
Qui se heurtent aux branches
Aux murs
Et au ciel impassible
Où s’ancrent des nuages
Aux cargaisons de pluie
Je traverse la nuit
À la recherche d’un matin éternel.
Légères
Des brumes flottent
Sur les bois de Vauréal
Et s’accrochent aux arbustes

La colline dégrafe son corsage de verdure

J’arrache des feuilles et des herbes
Et les froisse entre mes mains
Quand je les ouvre le paysage s’échappe
Et l’horizon tremble
Du regard je caresse la colline
Qui s’alanguit

Voyageur du silence
Je coupe le cordon qui me retient à la ville
Et soulève le poids de la boue à mes semelles

La route se déroule sous la poussière
Et je marche sur des cailloux pointus
Pour épouser le mouvement coloré des champs

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

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LES SECRETS DE L’ÉCRITURE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017




    
LES SECRETS DE L’ÉCRITURE

Je n’écris pas pour quelques-uns retirés sous la lampe
Ni pour les habitués d’une cité lacustre
Pour l’écolier attentif à son coeur
Non plus pour cet enfant paresseux qui sommeille
Entre mes bras depuis cent ans
Mais pour cet homme qui dépassé par l’orage
N’entend pas la rumeur terrestre de son sang
Ni l’herbe le flatter doucement au visage
J’écris pour divulguer ce qui vient des saisons
La neige pure ainsi qu’une main féminine
Et le pollen éparpillé sur les gazons
Aussi l’agneau qui fait le calme des montagnes
J’écris pour dépasser la crue noire du temps
Tandis que les oiseaux et les fleurs me précèdent
À cette auberge au bord du ciel où les passants
Trouvent des couches étoilées et des vaisselles
Pleines de fruits et des soleils encourageants
Mais reste au fond de moi le plus clair de ma vie
Qui ne supporte pas le poids de la parole
Ces mots d’amour qui ne seront jamais écrits
Et la lumière de mon coeur toujours plus haute
Aveuglante comme une poignée de sel gris.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Quel dieu nous a-t-il faits étrangers à nous-mêmes ? (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2017



 

Quel dieu nous a-t-il faits étrangers à nous-mêmes ?
Quelle fuite est la nôtre où nous perdons ses pas ?
Ne serons-nous jamais que les tremblants emblèmes
De l’ombre qui nous porte où nous n’existons pas ?

Quel dieu me donnes-tu qui m’étreint quand tu m’aimes
Dans la forme invisible où je cherche mes bras,
Bonheur, dont le nom seul (est-ce toi qui blasphèmes ?)
Divulgue à tous les vents ceux que tu me tairas ?

— A l’heure où cette voix reconnaît son visage,
Où de sa même chair, elle, chair sans partage,
Epuise enfin le dieu qui l’enchaîne et l’entend,

Bouche à son tour offerte à celle qui l’ignore,
Amour, es-tu le fruit qu’aux branches de l’instant
Une ombre a dérobé pour te survivre encore ?

(Louis Emié)

Illustration

 

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Si peu (Elie-Charles Flamand)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2015



Si peu que tu respires le violent ardent…
Il te divulgue les berges crépitantes
Qui éclairent le vouloir des traces

(Elie-Charles Flamand)


Illustration

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