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Poésie

Posts Tagged ‘doigts’

Si mes mains pouvaient effeuiller (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020


Je prononce ton nom
Au cœur des nuits obscures,
Lorsque viennent les astres
Boire l’eau de la lune
Et que dorment les feuilles
Des secrètes ramures

Je me sens tout sonore
De passion, de musique,
Folle horloge qui chante
Les heures de jadis.

Je prononce ton nom
En cette nuit obscure
Et je l’entends sonner
Plus lointain que jamais,
Plus lointain que toutes les étoiles,
Et plus plaintif que le bruit de la pluie.

Pourrais-je un jour t’aimer
Comme je fis naguère?
Mon cœur, où est la faute?
Si le brouillard s’éclaire,
Aurai-je une nouvelle
Passion tranquille et pure?
Ah, si mes doigts pouvaient
Vous effeuiller, ô lune!

(Federico Garcia Lorca)

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Je te souris (Halina Poswiatowska)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



 

Alphonse Mucha yK [1280x768]

Je te souris.

Qu’est-ce qu’un sourire?

Une lumière envoyée à une étoile par une étoile.

Une odeur qui lie les herbes en prairie bourdonnante.

Une douce couleur

la couleur verte de mes yeux s’emmêle dans tes doigts.

Tu tiens dans ta main le corps tout chuchotant de la prairie.

Le contour de l’herbe étroit et âpre raconte mes yeux qui regardent à l’infini.

Tu me souris.

(Halina Poswiatowska)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alphonse Mucha

 

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Reflet (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019


reflet

Une mer bouge autour du monde
L’arbre et son ombre en sont venus
Ravir à des doigts inconnus
La faux qui luit dans l’eau profonde

(Joë Bousquet)

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La mésange (Frédéric Kiesel)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Venue manger dans ma paume une noix
La fugace mésange
Pèse si peu sur mes doigts:
Une craintive seconde, le poids
De l’âme libre ou d’un ange.

(Frédéric Kiesel)

Illustration

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J’habite le Possible (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



J’habite le Possible —
Maison plus belle que la Prose —
Aux Croisées plus nombreuses —
Aux Portes — plus hautes —

Des Salles comme les Cèdres —
Imprenables pour l’OEil —
Et pour Toit impérissable
Les Combles du Ciel —

Pour Visiteurs — les plus beaux —
Mon Occupation — Ceci —
Déplier tout grands mes Doigts étroits
Pour cueillir le Paradis —

***

I dwell in Possibility —
A fairer House than Prose —
More numerous of Windows —
Superior — for Doors —

Of Chambers as the Cedars —
Impregnable of eye —
And for an everlasting Roof
The Gambrels of the Sky —

Of Visitors — the fairest —
For Occupation — This —
The spreading wide my narrow Hands
To gather Paradise —

(Emily Dickinson)


Illustration: Sylvie Lemelin

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La Mort donne un sens à l’Objet (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



La Mort donne un sens à l’Objet
Sur quoi l’OEil eût glissé
A moins qu’un Être disparu
Tendrement nous supplie
De penser devant de petits ouvrages
Au Pastel – ou en laine –
«C’est le dernier qu’ont fait Ses doigts » —
Si diligents avant –

Que le Dé ne pèse trop lourd –
Que les points ne cessent – d’eux-mêmes –
Alors on l’a rangé parmi la Poussière
Sur les étagères du Placard –

J’ai un Livre – offert par un ami –
Dont le Crayon – ici et là –
A coché tel passage qu’Il aimait –
Au Repos – sont Ses doigts –

Aujourd’hui – je le lis – sans le lire –
Les Larmes m’interrompent –
Effacent les Gravures
À Réparer, hors de Prix –

***

Death sets a Thing significant
The Eye had hurried by
Except a perished Creature
Entreat us tenderly

To ponder little workmanships
In Crayon — or in wool —
With « This was last Her fingers did »—
Industrious until —

The Thimble weighed too heavy –
The stitches stopped — themselves —
And then ’twas put among the Dust
Opon the Closet shelves –

A Book I have – a friend gave –
Whose Pencil – here and there –
Had notched the place that pleased Him —
At Rest – His fingers are –

Now – when I read – I read not —
For interrupting Tears –
Obliterate the Etchings
Too Costly for Repairs –

(Emily Dickinson)

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Désir des lèvres et des hanches (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Désir des lèvres et des hanches
Une tombe nous sépare,
Trop large pour l’étreinte,
Ou le toucher des doigts.
Le langage de la chair
Trop faiblement gémit :
Jamais pourtant amant ne gît
Comme les morts si près du coeur.

***

Longing of lips and thighs —
A grave apart,
For arms’ embrace too wide,
Or fingers’ touch.
The language of the flesh
Too faintly cries:
And yet no lover lies
As the dead so close at heart.

(Kathleen Raine)

Illustration: René Magritte

 

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Comme le sel de la mer (Georges Schehadé)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



Visage et les doigts en forme de pleurs
Il n’y a rien de commun entre moi et vos gerbes
Ou cette mélodie qui a la couleur
Des naissances
– Alors je descends une rue de rosiers
Et je sens monter en moi un grand chagrin
Comme le sel de la mer

(Georges Schehadé)

Illustration: ArbreaPhotos

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Les doigts (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



à la limite de l’arc
(vibration immobile de l’attente)
le souffle
dont commence le tremblement

spasme de la tension rompue
prolongé
par la corde brûlante
de la respiration

l’air
dans l’émiettement du cri
vers l’unique cible
de la chute

les doigts
détendus du poème
caressant le bois souple du langage

(Werner Lambersy)


Illustration: Rodin

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Insaisissable conjuration (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018


014

 

Pour se réchauffer
par le froid ils rassemblent leurs doigts
soufflent sur eux
qui deviennent des os seuls

(Jean Follain)

Illustration

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