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Poésie

Posts Tagged ‘domaine’

Regarde (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Regarde, des anges diffusent à travers l’espace
leurs sentiments qui ne cessent jamais.
Notre incandescence leur serait froideur.
Regarde, des anges rougeoient à travers l’espace.

Cependant qu’à nous, qui n’en savons rien d’autre,
tantôt une chose se refuse, tantôt une autre échoit en vain,
eux marchent, enthousiasmés par ce qu’ils ont à accomplir,
à travers leur domaine pleinement achevé.

***

Siehe. Engel fühlen durch den Raum
ihre unaufhörlichen Gefühle.
Unsre Weißglut wäre ihre Kühle.
Siehe, Engel glühen durch den Raum.

Während uns, die wirs nicht anders wissen,
eins sich wehrt und eins umsonst geschieht,
schreiten sie, von Zielen hingerissen,
durch ihr ausgebildetes Gebiet.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Le chat c’est un pèlerin (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019




    
le chat c’est un pèlerin
qui explore à l’infini
des espaces sans mesure
où nous n’avons pas accès

les contrées imaginables
ne sont pour son oeil vivant
que domaines sans surprise
il voit d’autres univers

où la lumière caresse
des ombres furtives toujours
et les matins renouvellent
un monde habité sans cesse
de miracles dorés

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Autres séjours
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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Nous cherchons (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
Nous cherchons,
sous d’instables
ruines, la preuve
de notre existence,

mais il suffit
d’un ver luisant
dans la pénombre,

pour que le monde
se révèle et que
cette frêle clarté

indique l’entrée
d’un domaine
que nous n’avions
pas soupçonné.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHANT DE L’EXPOSITION (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019




CHANT DE L’EXPOSITION

VIENS, Muse, quitte la Grèce et l’Ionie,
Je t’en prie fais une croix sur ces comptes démesurément surpayés,
Cette histoire de Troie et du courroux d’Achille, les vagabondages d’Enée et d’Ulysse,
Suspends l’écriteau « Changement de domicile » et « A louer »
sur les rochers de ton Parnasse neigeux,
Fais de même à Jérusalem, place l’écriteau tout en haut de
la porte de Jaffa et sur le mont Moriah,
De même sur les murs des châteaux allemands, français,espagnols, et dans les musées d’Italie,
Car sache qu’une sphère meilleure, plus neuve, plus active
t’attend, qu’un domaine vaste, inexploré te réclame.

(Walt Whitman)

 

 

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Limites de la terre (Yves Di Manno)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



 

Limites de la terre

ici au nord

la sainte borne
délimitant

les frontières
du domaine

du dieu

(Yves Di Manno)

 

 

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Immense le domaine de l’amour (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2018




Immense le domaine de l’amour :
Par delà ce que l’oeil saisit
De ma petite maison de vie
Les contrées de ton nouvel état m’entourent.

***

Great the domain of love:
Farther than eye can see
From my small house of life
Realms of your new state encompass me.

(Kathleen Raine)

Illustration: Jean Delville

 

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Je ne sais pas (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Marie Noël
    
Je ne sais pas si vous avez jamais compris
combien j’aime être pauvre, faible, chétive…

Ce n’est pas que je ne goûte comme tout le monde
ce qui est grand, beau, riche et fort, mais pour moi-même,

plus je me sens petite, dénuée de biens, d’habileté et de sagesse,
moins je possède, moins je suis, moins je pèse,
mieux j’ai accès dans le domaine des Anges et des Ailes.

(Marie Noël)

 

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Vers le milieu l’après-midi (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2018




    
Vers le milieu l’après-midi, un silence s’est fait partout dans le pré.
Le ciel soudain a pâli comme quelqu’un qui on vient d’annoncer une mort.
Il n’y avait plus rien. Et puis tout s’est rallumé.

C’est quelque chose qui arrive très souvent,
vers le milieu de l’après-midi.
On ne le remarque guère.

Il faut être prisonnier ou malade,
ou assis devant une table, en train d’écrire, pour s’en apercevoir :
l’étoffe du jour est trouée.

Par les trous on voit le diable
— ou, si vous préférez ce mot plus
calme : le néant.

Il y a un instant où le monde est laissé seul.
Abandonné.

C’est comme si Dieu retenait son souffle.
Un intervalle de néant entre deux domaines de la lumière

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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La demoiselle (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



La demoiselle.
Sur la bruyère arrosée
De rosée ;
Sur le buisson d’églantier ;
Sur les ombreuses futaies ;
Sur les haies
Croissant au bord du sentier ;

Sur la modeste et petite
Marguerite,
Qui penche son front rêvant ;
Sur le seigle, verte houle
Qui déroule
Le caprice ailé du vent ;

Sur les prés, sur la colline
Qui s’incline
Vers le champ bariolé
De pittoresques guirlandes ;
Sur les landes ;
Sur le grand orme isolé,

La demoiselle se berce ;
Et s’il perce
Dans la brume, au bord du ciel,
Un rayon d’or qui scintille,
Elle brille
Comme un regard d’Ariel.

Traversant, près des charmilles,
Les familles
Des bourdonnants moucherons,
Elle se mêle à leur ronde
Vagabonde,
Et comme eux décrit des ronds.

Bientôt elle vole et joue
Sur la roue
Du jet d’eau qui, s’élançant
Dans les airs, retombe, roule
Et s’écoule
En un ruisseau bruissant.

Plus rapide que la brise,
Elle frise,
Dans son vol capricieux,
L’eau transparente où se mire
Et s’admire
Le saule au front soucieux ;

Où, s’entr’ouvrant blancs et jaunes,
Près des aunes,
Les deux nénuphars en fleurs,
Au gré du flot qui gazouille
Et les mouille,
Étalent leurs deux couleurs ;

Où se baigne le nuage ;
Où voyage
Le ciel d’été souriant ;
Où le soleil plonge, tremble,
Et ressemble
Au beau soleil d’Orient.

Et quand la grise hirondelle
Auprès d’elle
Passe, et ride à plis d’azur,
Dans sa chasse circulaire,
L’onde claire,
Elle s’enfuit d’un vol sûr.

Bois qui chantent, fraîches plaines
D’odeurs pleines,
Lacs de moire, coteaux bleus,
Ciel où le nuage passe,
Large espace,
Monts aux rochers anguleux,

Voilà l’immense domaine
Où promène
Ses caprices, fleur des airs,
La demoiselle nacrée,
Diaprée
De reflets roses et verts.

Dans son étroite famille,
Quelle fille
N’a pas vingt fois souhaité,
Rêveuse, d’être comme elle
Demoiselle,
Demoiselle en liberté ?

(Théophile Gautier)

 

 

 

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Châtelaine (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Châtelaine

Châtelaine, mon beau vouloir…
Car tu te prétendais maîtresse
D’un domaine d’ombre et de pierre
Où ton corps était l’eau dormante,
Au pied des tours, au creux des ombres,
Beau châle vif à tes épaules
Où s’épingle en rêvant l’éclair bleu des vipères.

Châtelaine, mon beau savoir…
Cartes mêlées, chemins perdus,
Pas des oiseaux sur cette vase
Comme un appel depuis longtemps jeté
Qu’un inlassable écho porte de monde en monde.

Châtelaine, mon beau mourir…
Puisque n’entre plus que blеsséе
La voix des filles du soleil
Dans la prison que tu me tresses.

Je te parle dans ce château
D’ombre et de pierre, je te parle,
Surpris de guetter sur les dalles
Le pas calme et troublant de tes servantes nues.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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