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Poésie

Posts Tagged ‘dôme’

Le soleil fond et se liquéfie (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



    

Le soleil fond et se liquéfie, se déverse sur les dômes
et les tuiles, dans un marécage magnifique de toits
abondants,
dans un abondant marécage de toitures
magnifiques.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les dômes de l’église à Chersonèse (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




Je vois sur la douane un drapeau déteint,
Une brume jaune sur la ville.
Et voici que mon coeur se serre
Avec plus de prudence ; les soupirs font mal.

Je voudrais redevenir la fille de la mer,
Les pieds nus dans ses chaussures,
Disposer mes nattes en couronne,
Chanter d’une voix qui tremble d’émotion.

Regarder encore du haut du perron
Les dômes de l’église à Chersonèse,
Et ne pas savoir que bonheur et gloire
Font sans retour se déliter les âmes.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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SOUS LE CERISIER BLANC (Christophe Langlois)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration: Emile Eisman-Semenowsky  
    
SOUS LE CERISIER BLANC

Un temps de désir sans nom
un temps de dôme
et d’attente nue
un temps lavé par les vents

une heure de solitude peut-être ?

une heure de regard perdu sous mes rosiers de nuit

le Bien-Aimé me tourne alors, me serpente, me parcourt
me crie grâce de jurer son amour
pour n’être plus moi-même
que cette passion qui entoure

le serment seul est vivifiant
en prière d’être partout
ce qui regarde
ce qui attend

(Christophe Langlois)

 

Recueil: L’amour des longs détours
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’épaule (Patrick Le Divenah)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



Illustration: Jean Goujon
    
L’épaule

rien n’est jamais plus nu que quand tu la dénudes
sa rondeur innocente est propice au toucher
d’une main qui s’installe en cette rondité
après qu’on eut posé un baiser en prélude

sa chaleur est intime et pleine de quiétude
propice au songe à la caresse digitale
qui paresse tandis que le miroir ovale
souligne encor les formes de sa plénitude

c’est une étape avant les prochaines courbures
une pause après la pente de l’encolure
un double faîte entre la poitrine et le dos

et quel plus grand plaisir après la journée dure
que lorsque vient l’instant où poser sa figure
sur le dôme apaisant de l’épaule au repos

(Patrick Le Divenah)

 

Recueil: Blasons du corps féminin
Traduction:
Editions: L’Échappée Belle

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Et la neige tomba sur Hermon (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



neige désert [800x600]

La floraison du bâton

[36]
Et la neige tomba sur Hermon,
le lieu de la Transfiguration,

et la neige tomba sur Hébron
où, au printemps dernier, poussait les anémones,

dont l’écarlate et le rose et le rouge et le bleu,
Il compara aux robes d’un Roi,

mais Salomon même, dit-Il,
n’était pas si bien vêtu que l’un d’eux ;

et la neige tomba sur les amandiers
et les muriers furent couvert d’un dôme

comme une hutte de forestier ou de berger
sur les pentes du mont Liban,

et la neige tomba
en silence… en silence.

[37]
Tandis que la neige tombait sur Hébron,
le désert fleurit comme il l’avait toujours fait ;

en une nuit, un million de millions de petites plantes
jaillirent du sable,

et sur chaque million de millions de petits brins d’herbe
apparut une toute petite fleur,

elles étaient si petites, on pouvait à peine
les visualiser séparément,

ainsi finit-on par dire,
la neige tombe sur le désert ;

cela était déjà arrivé,
cela arriverait encore.

[38]
Et Kaspar fut peiné comme toujours,
quand un seul jumeau de ses nombreuses chèvres se perdit —

un si petit chevreau, de si peu d’importance,
il était si riche, d’innombrables troupeaux, bétail et moutons —

et il laissa les chèvres montagnardes à long poil
rentrer au pâturage plus tôt que de coutume,

car elles s’irritaient dans leurs enclos, reniflaient l’air
et l’herbe fleurie ; et lui même resta éveillé toute la nuit

près de la plus jeune de ses chamelles blanches mettant bas avec peine,
et choya son chamelon — pareil à une grosse chouette blanche —

sous son manteau et l’emporta dans sa tente
à l’abri et au chaud ; ce fut ainsi que se répandit la légende

que Kaspar
était Abraham.

***

And the snow fell on Hermon,
the place of the Transfiguration,

and the snow fell on Hebron
where, last spring, the anemones grew,

whose scarlet and rose and red and blue,
He compared to a King’s robes,

but even Solomon, He said,
was not arrayed like one of these;

and the snow fell on the almond-trees
and the mulberries were domed over

like a forester’s hut or a shepherd’s hut
on the slopes of Lebanon,

and the snow fell
silently … silently .. .

And as the snow fell on Hebron,
the desert blossomed as it had always done;

over-night, a million-million tiny plants
broke from the sand,

and a million-million little grass-stalks
each put out a tiny flower,

they were so small, you could hardly
visualize them separately,

so it came to be said,
snow falls on the desert;

it had happened before,
it would happen again.

And Kaspar grieved as always,
when a single twin of one of his many goats was lost—

such a tiny kid, not worth thinking about,
he was such a rich man, with numberless herds, cattle and sheep—

and he let the long-haired mountain-goats
return to the pasture earlier than usual,

for they chafed in their pens, sniffing the air
and the flowering-grass; and he himself watched all night

by his youngest white camel whose bearing was difficult,
and cherished the foal—it looked like a large white owl—

under his cloak and brought it to his tent
for shelter and warmth; that is how the legend got about

that Kaspar
was Abraham.

(Hilda Doolittle)

 

 

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LE PASSÉ AVEC L’AVENIR (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration: Gilles Demarteau
    
LE PASSÉ AVEC L’AVENIR

Il y a bien sûr l’accident
à quoi pensent ceux qui sont frêles et tristes
quand au-dessus des clochers et des dômes
un jour se lève
alors les étreint le Temps
empli de tous les uniformes du passé
des blouses d’anciens ouvriers raisonneurs
mais aussi l’impénétrable splendeur
d’un corps féminin de l’avenir
que détient en puissance une fillette penchée
sur le bassin ovale
d’un jardin muré
aux parterres encore froids.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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DANS LES JARDINS DES LODI (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



Lodi Garden, New Delhi

DANS LES JARDINS DES LODI

Dans le bleu unanime
les dômes des mausolées
— noirs, concentrés, pensifs —
émirent soudain
des oiseaux

(Octavio Paz)

 

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DE LA TOUR (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
DE LA TOUR

Cette terre grise lissée par le vent dans ses croupes,
dans son galop vers la mer,
dans sa ruée de troupeaux sous les dômes
et les contreforts de l’intérieur, vue
dans le vertige depuis les glacis, file
la lumière, file de mystérieuses années-lumière,
file un seul destin de multiples façons,
dit : « regarde-moi, je suis ton étoile »
et en cet instant s’enfonce plus profond
dans le coeur l’épine de la vie.
Cette terre toscane nue et pure
où court la pensée de celui qui reste
ou qui, issu d’elle, s’en éloigne.

Mes années, plus de quarante, essaiment toutes
hors de leur nid d’abeilles. Elles cherchent
ici plus qu’ailleurs leur pain, s’enquièrent
de nous, de vous murés dans la croûte
de ce corps lumineux. Et persiste,
persiste à pulluler la mort — la vie —
tendre et hostile, claire et inconnaissable.

Voilà ce que l’oeil saisit de cette tour de guet.

***

DALLA TORRE

Questa terra grigia lisciata dal vento nei suoi dossi
nella sua galoppata verso il mare,
nella sua ressa d’armento sotto i gioghi
e i contrafforti dell’interno, vista
nel capogiro dagli spalti, fila
luce, fila anni luce misteriosi,
fila un solo destino in moite guise,
dice : « guardami, sono la tua stella »
e in quell’attimo punge più profonda
il cuore la spina della vita.
Questa terra toscan brulla e tersa
dove corre il pensiero di chi resta
o cresciuto da lei se ne allontana.

Tutti i miei più che quarant’anni sciamano
fuori del loro nido d’ape. Cercano
qui più che altrove il loro cibo, chiedono
di noi, di voi murati nella crosta
di questo corpo luminoso. E seguita,
seguita a pullulare morte e vita
tenera e ostile, chiara e inconoscibile.

Tanto afferra l’occhio da questa torre di vedetta.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Retouche à l’univers (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017




    

retouche à l’univers

la nappe le couteau le verre
le sourire et Dieu dans la tranche du pain
et sur un dôme de cuiller
le reflet persan du placard ouvert

dans les détroits du bavardage
la voile blanche du silence
vers des îles

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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Une porte (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



Illustration: Laurent Chéhère
    
Une porte perd son cadre
monte d’un cran vers le ciel
la grande fenêtre la rejoint
la maison perd le toit
la terrasse se promène avec le linge qui sèche
les formes du temps changent de repères
les souvenirs s’en mêlent
le passé n’est plus simple
le futur descend l’escalier étroit
la maison loge des bribes d’imparfait
sous le dôme de l’improbable.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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