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Poésie

Posts Tagged ‘domicile’

LA PUCE (Robert Clausard)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



LA PUCE

Une puce prit le chien
pour aller de la ville
au hameau voisin
à la station du marronnier
elle descendit
vos papiers dit l’âne
coiffé d’un képi
je n’en ai pas
alors que faites-vous ici
je suis infirmière
et fais des piqûres
à domicile.

(Robert Clausard)

Illustration

 

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UN DOMICILE DISCRET (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



 

UN DOMICILE DISCRET

J’ai tout retiré de ma chambre
hormis quelques images

il reste trois fois rien

l’aile d’un goéland
un bloc de pierre glacée
la photo d’une fille nue —

au centre de ce vide
mon être danse

*

INCONSPICUOUS LODGINGS

I’ve emptied this room
of all but a very few images

what remains is next to nothing

the wing of a gull
a lump of cool rock
the photo of a naked girl —

within this emptiness
my being dances

(Kenneth White)

Illustration: Edward Hopper

 

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Du vent (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



 

pieds-sdf

Du vent

Le vent souffle
avec lui
les cerfs-volants
arrachés
à des mains fragiles.
Un volet grince
au loin
la plainte
du crocodile.
J’ai sa peau
autour
de mon
coeur.
Allez gueule !
souffle !
deviens tempête
si tu l’oses
ou
confusion
profonde.
Tu vois,
déjà
tu te calmes
et laisses mûrir
les fruits
sur les arbres.
Fais voler les caravanes,
salope !
arrache la tente
au-dessus des grilles
d’air chaud
où j’ai laissé
crever
mes souvenirs
sans
domicile.

(Balbino)

 

 

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Si je n’étais (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
Si je n’étais

Si je n’étais hors de moi le poème
s’envolerait. Il n’aime que l’essor.
En moi caché, je ne l’aborde pas.
Lui seul prendra la mesure des mots.

Il veut ma place, il envahit l’espace,
il est le temps quand je suis la seconde,
il est distance où je ne suis qu’un pas
et sa grandeur me dit ma petitesse.

Donc révérence. A lui le domicile.
Je me retire, il dispose des lieux
il les emplit de toute sa présence
et moi devant cette porte fermée
j’espère un signe et qui ne vient jamais.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Demain (Pierre Dalle Nogare)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



Demain
Je vais construire une maison
Dans mes nerfs:
Me servir de bras et jambes,
Ventres et organes
Pour édifier
Mon lieu.
Etre logé-caché
Dans un domicile clos
Pour tuer l’enfant
Que je fus.

Je revois les tabliers noirs
Les galoches, l’encre violette.
Ma tête
Est un tableau où crisse la craie.

Demain
Je vais acheter un moi
Pour détruire la mort.

(Pierre Dalle Nogare)

Illustration

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A la guerre (François Caradec)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017




    
A la guerre

A la guerre a la guerre
il n’y a pas que des vainqueurs
il ye pas que des vaincus
mais il y a surtout des morts

Les morts ils dorment dans des trous
ce sont des trous creusés sur place
ou dans des trous à domicile
s’ils ont un caveau de famille

Où sont les morts où sont les trous
ils sont ici ils sont partout
les Allemands en Allemagne
et les Français en Frangipane

Les Allemands dans des trous d’Est
les Français dans des trous de l’Ouest
les Italiens des trous du Sud
et les Anglais des trous du Nord

cachent leurs morts.

(François Caradec)

 

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LA CONNAISSANCE DES TEMPS (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



 

Aron Wiesenfeld Girl_with_Bike

LA CONNAISSANCE DES TEMPS

Dans cette rue à l’aube
la pauvreté avoue
l’émouvante pâleur
de sa gorge enfantine.

L’entourent ces ruines
de fraîcheur que le jour
hésite à niveler ;
la décorent ces fleurs

que les ruisseaux entraînent
vers la mer. O ma vie,
épargne-moi la honte
d’aimer si lâchement.

*

Le dimanche torride
pèse d’un poids si blanc
sur le présent de l’homme
qu’on en pourrait douter.

Douter que cette foule
ait des raisons de vivre ;
douter que les passantes
cherchent les matelots ;

douter que les romances
aient pour chemin le feu ;
douter qu’il soit midi
pour d’autres que le temps.

*

Un homme que déchirent
le froid, le vent, la pluie ;
que recousent la peur,
la colère, la faim ;

que sa faiblesse étale,
que sa marche replie ;
un passant contredit
par tout ce qu’il approuve ;

un nom sans domicile,
nulle part attendu,
au milieu de la rue
ramasse le destin.

*

N’était-ce ton visage,
souvenir, main qu’au front
le coeur fidèle cloue,
j’aurais peur de ce jour.

En te nommant j’affronte
les brûlantes colonnes
qu’impitoyablement
plante l’été
barbare.

Je t’aime. Je libère
des voix qui ne croyaient
plus à leur étendue :
Christine, ô Jéricho !

[…]

(Axel Toursky)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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La puce (Robert Clausard)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016



La puce

Une puce prit le chien
Pour aller de la ville
Au hameau voisin
A la station du marronnier
Elle descendit
Vos papiers dit l’âne
Coiffé d’un képi
Je n’en ai pas
Alors que faites-vous ici ?
Je suis infirmière
Et fais des piqûres
A domicile.

(Robert Clausard)

Illustration

 

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ALLER COUDRE (Andrea Zanzotto)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016




ALLER COUDRE

A Maria Capèla
(qui allait coudre à domicile)

Même s’il n’est pas de paradis,
s’il ne te faisait pas un paradis pour toi seule,
il faudrait jeter en enfer
le Père Eternel lui-même —
il faudrait jeter en enfer
la « réalité tout entière »
si pour toi il n’était pas de paradis,
aussi plein de bonté que ta bonté,
rien d’autre que le paradis
tel que tu l’as imaginé.

***

ANDAR A CUCIRE

A la Maria Carpèla
(che la ‘ndéa a pontar par le case)

Si no ‘l te fèsse ‘n paradiso
aposta par ti, anca si paradisi no ghe n’è,
al saràe da méter a l’inferno
l’istesso Padreterno —
la saràe da méter a l’inferno
tuta, tuta quanta « la realtà »,
si par ti nola fèsse ‘n paradiso
pien de bontà come la tó bontà
gnentaltro che ‘1 paradiso
come che ti tu l’à pensà.

(Andrea Zanzotto)

Illustration

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Elle parle dans la forêt (Eric Brogniet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015



Elle sort sous un ciel blanc
Pour ramasser, dit-elle
Des feuilles dans le jardin

On entend le vent traverser la forêt
Et son étoile y élut domicile
Elle parle dans la forêt

Elle passe avec ses lèvres
Dans les bois profonds
Et la forêt s’enflamme

(Eric Brogniet)

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