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Poésie

Posts Tagged ‘don’

Le rien (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Par dons modestes et mots entravés
Le cœur humain apprend
Le rien —
«Rien» est la force
Qui rend le Monde neuf —

***

By homely gifts and hindered words
The human heart is told
Of nothing —
« Nothing » is the force
That renovates the World —

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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Nos plus Beaux Moments (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017


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Nos plus Beaux Moments, s’ils duraient –
Détrôneraient le Ciel –
Que peu d’instants – et par Risque -procurent –
Aussi n’en est-il – dispensé –

Que comme stimulants – dans
Les cas de Désespoir –
Ou de Stupeur – Une Réserve –
Sont ces Célestes Heures –

Un Don du Divin –
Qui Tout comme il est Venu –
Se retire – laissant l’Ame éblouie
Dans son Appartement nu –

(Emily Dickinson)

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La fille venue d’ailleurs (Friedrich Schiller)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



La fille venue d’ailleurs

Jadis dans une vallée, chez de pauvres bergers,
Paraissait, dès l’année nouvelle
Et les premiers babils des alouettes,
Une fille, merveilleuse et belle.

Elle n’était point de la vallée,
On ne savait d’où elle venait,
Et, dès qu’elle avait pris congé,
Bien vite on reperdait sa trace.

L’approcher rendait bienheureux
Et tous les coeurs se dilataient,
Mais une dignité, une sorte de grandeur
Empêchaient qu’on fût familier.

Elle apportait des fleurs, des fruits
Mûris dans une autre campagne,
Sous le soleil d’un autre ciel,
Dans une nature plus heureuse.

Et faisait un don à chacun,
À l’un des fruits, des fleurs à l’autre,
Jeune homme ou vieillard marchant mal,
Chacun rentrait chez lui comblé.

Tout hôte était le bienvenu,
Mais quand venaient des amoureux,
Ils avaient la meilleure offrande,
La plus belle fleur était pour eux.

***

Das madchen aus der fremde

In einem Tal bei armen Hirten
Erschien mit jedem jungen Jahr,
Sobald die ersten Lerchen schwirrten,
Ein Mädchen, schön und wunderbar.

Sie war nicht in dem Tal geboren,
Man wusste nicht, woher sie kam,
Und schnell war ihre Spur verloren,
Sobald das Mädchen Abschied nahm.

Beseligend war ihre Nähe,
Und aile Herzen wurden weit,
Doch eine Würde, eine Höhe
Entfernte die Vertraulichkeit.

Sie brachte Blumen mit und Früchte,
Gereift auf einer andern Flur,
In einem andern Sonnenlichte,
In einer glücklichern Natur.

Und teilte jedem eine gabe,
Dem Früchte, jenem Blumen aus,
Der Jüngling und der Greis am Stabe,
Ein jeder ging beschenkt nach Haus.

Willkommen waren aile Gäste,
Doch nahte sich ein liebend Paar,
Dem reichte sie der Gaben beste,
Der Blumen ailerschönste dar.

(Friedrich Schiller)


Illustration: Edvard Munch

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La colline soudain n’était plus un don (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



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La colline soudain n’était plus un don
Un sentier s’épuisait dans les hautes herbes

Net et précis était le ciel
fermé sur son histoire

Une femme passait
Un rêve fou s’en allait avec elle

Les mots perdaient leur fontaine
Les vents leur destin

Il n’y avait personne pour ouvrir les bras.

(Georges Bonnet)

 Illustration: Helena Sofia Schjerfbeck

 

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Une seule chose nous comble (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



Une seule chose nous comble:
être délivrés de nous-mêmes.
Dans le don,
dans l’amour,
dans l’extase.

(Roger Munier)


Illustration: Le Bernin

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SOIF (László Lator)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



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SOIF

Oh quelle faim quelle soif j’ai de toi,
chaque partie de toi je la mange ou la bois,
donne ta bouche, ta langue, tes dents – glu,
donne tes odeurs et tes arômes crues,

l’alcool fou de la sueur qui s’évapore
et qui pétille d’entre les flocons d’or
dans la coque de ton aisselle, et du ventre rond,
ta large croupe, la fleur des seins, fais don,

serre-moi dans tes bras, tes cuisses, tandis
que de ton corps je brise l’ardent huis,
ouvre tout grands tes flancs, fais-moi breuvage
d’âpres sèves au goût d’herbe sauvage,

quand la molle fleur, rosée au calice,
donnant de nouvelles soifs de ses épices,
se resserre, et que le plaisir dans les nerfs
accoure à nouveau dans tes reins, dans ta chair,

et que dessous l’épiderme est près d’exploser,
c’est l’instant brume-feu d’avant exister,
cellules qui grésillent, veines chancellent
et travaillent à m’engloutir en elles,

afin que par tes flancs – glissade et morsure –
me happe de nouveau ce monde obscur
où les secrètes nuits noires du vécu
lentement sont en train de se mettre à nu.

(László Lator)

 Illustration: Franz Guillery 

 

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IDYLLE ROUGE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



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IDYLLE ROUGE

Le chemineux s’est dit : « Je veux
Cette jouvencelle aux cheveux
D’aurore blême ».
Mais la jouvencelle a du bien
Tandis qu’est gueux, gueux comme un chien
Le gars qui l’aime !

Et la belle, aux riches galants
Seuls ! ouvrira les rideaux blancs
De son alcôve ;
Elle course le miséreux…
Alors, par les chemins poudreux,
Le gars s’ensauve !

Errant le jour, de ci de là
Il geint, et la nuit lorsque la
Lune pâlotte
L’éveille au fond de son fossé,
Laissant saigner son cœur blessé
Le gars sanglote.

Dans l’ombre des vieux cabarets
Où le vin, des pichets de grés
A grands flots coule,
Il va se reposer un brin
Et, pour oublier son chagrin,
Le gars se saoule !

Enfin, il vient de faire don
De sa raison aux femmes dont
L’amour s’achète.
Il va par les quais, triste et seul…
Le grand fleuve ouvre son linceul…
Le gars s’y jette…

(Gaston Couté)

 

 

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Remplis ta vie d’amour (Amado Nervo)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



Remplis ta vie d’amour

Toujours, quand il y a un vide dans ta vie

Remplis-le d’amour
Adolescent, jeune, vieux
toujours, quand il y a un vide dans ta vie

Remplis-le d’amour.
Ne pense pas « je souffrirai »
Ne pense pas « je me tromperai »
Va simplement, allégrement, à la recherche de l’amour
Cherche à aimer comme tu peux,

à aimer tout ce que tu peux
aime toujours.
Ne te préoccupe pas de la fidélité de ton amour.
Il porte en lui sa fin.
Ne le juge pas incomplet,

Parce que tu ne trouves pas de réponse à ta tendresse.
L’amour porte dans le don d’affection, sa propre plénitude.
Toujours, quand il y a un vide dans ta vie remplis-le d’amour.

***

LLénalo de amor

Siempre que haya un hueco en tu vida,
llénalo de amor.
Adolescente, joven, viejo: siempre que haya un hueco en tu vida, llénalo de amor.
En cuanto sepas que tienes delante de tí un tiempo baldío, ve a buscar al amor.
No pienses: « sufriré »
No pienses: « me engañarán »
No pienses: « dudaré »
Ve, simplemente, diáfanamente, regocijadamente, en busca del amor.

¿Qué índole de amor? No importa: todo amor está lleno de excelencia y de nobleza.
Ama como puedas, ama a quien puedas, ama todo lo que puedas… pero ama siempre.
No te preocupes de la finalidad de tu amor.
El lleva en sí mismo su finalidad.
No te juzgues incompleto porque no responden a tus ternuras: el amor lleva en sí su propia plenitud.
Siempre que haya un hueco en tu vida,
llénalo de amor.

(Amado Nervo)

Illustration: Eloi Flore

 

 

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Que tu es belle, que tu es charmante (Le Cantique des cantiques)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017



LE BIEN-AIMÉ

Que tu es belle, que tu es charmante,
ô amour, ô délices !
Dans ton élan tu ressembles au palmier,
tes seins en sont les grappes.
J’ai dit : Je monterai au palmier,
j’en saisirai les régimes.
Tes seins, qu’ils soient des grappes de raisin,
le parfum de ton souffle, celui des pommes ;
tes discours, un vin exquis !

LA BIEN-AIMÉE

Je suis à mon bien-aimé,
et vers moi se porte son désir.
Viens, mon bien-aimé,
allons aux champs !
Nous passerons la nuit dans les villages,
dès le matin nous irons aux vignobles.
Nous verrons si la vigne bourgeonne,
si ses pampres fleurissent,
si les grenadiers sont en fleur.
Alors je te ferai le don de mes amours.
Les mandragores exhalent leur parfum,
à nos portes sont tous les meilleurs fruits.
Les nouveaux comme les anciens,
je les ai réservés pour toi, mon bien-aimé.

(Le Cantique des cantiques)

Illustration: Marc Chagall

 

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LE VIEUX VAUTOUR (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2017



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LE VIEUX VAUTOUR

Le vieux vautour est savant et lisse ses plumes
La pourriture lui plaît et ses discours
Ont le don de rapetisser les âmes

***

O VELHO ABUTRE

O velho abutre é sábio e alisa as suas penas
A podridão lhe agrada e seus discursos
Têm o dom de tornar as almas mais pequenas

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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