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Poésie

Posts Tagged ‘don’

Rien ni personne (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: Jannele Mastin
    
Rien ni personne
ne m’aura délivré de ma solitude.
Le don, seul.

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen
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J’écris peut-être pour maintenir l’ouverture de la source (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



 

J’écris peut-être pour maintenir l’ouverture de la source,
même si je ne peux pas la découvrir.

Ce que j’appelle parole n’est rien de plus
que les harmoniques d’un accord juste,
le plus juste possible.

Ce n’est pas pour parler que j’écris, mais pour entendre,
ou plutôt, être capable d’entendre.

J’accueille dans sa nudité douloureuse
ce qui est sans nom ni figure.

Entre nous il n’y a aucun lien,
mais une liaison qui ne devrait pas exister,
et qui existe cependant :
cela même qui refuse de se manifester est pourtant l’origine
de la manifestation dans sa totalité.

Il faut que le don accueille le don
et que le silence remercie la parole,
le silence qui est à son tour remercié.

Mes paroles aimeraient être une pure confidence.
Car mes paroles vont à la rencontre de ce moment inouï
où l’inconnu se retourne dans la vive transparence d’un contact subtil.

Ce qui produit les choses, le monde, et qui n’est rien de ce monde,
et cependant qui n’est pas en dehors de lui,
ce que je ressens en même temps comme présence et absence,
crée la plénitude d’un visible transparent qui s’enracine dans l’invisible.

Et pourtant je ne pourrai jamais dire que je l’ai rencontré.
La rencontre est toujours impossible, problématique, incertaine.
Je sais néanmoins qu’elle n’adviendrait pas si je n’écrivais pas.

J’écris en essayant d’entendre la rumeur de l’inconnu.
Ce que j’écris dépend de cette relation ténue
à quelqu’un d’invisible qui attend et supplie.

C’est donc ce que j’écris qui rend possible la rencontre,
le dire diaphane de l’altérité.

J’écris, et ce que j’écris ne mène nulle part.

Les mots sont pauvres, blancs, transparents.
Peut-être qu’ils sont une silencieuse irradiation du vide.

Mais c’est ainsi que je m’approche du dieu inconnu.

(António Ramos Rosa)

Illustration: Danielle Decollonge

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En toute chose (George Oppen)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2018



Illustration: Henri Matisse
    
En toute chose le don

le trésor, c’est
l’envol.

(George Oppen)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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Cet amour (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




    
cet amour drastiquement disponible
le seul qui guérisse de l’autre
des invraisemblables miroirs
où s’autodévorent les dons

(Roberto Juarroz)

 

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Ce qui est doux (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018




Ce qui est doux

Je ne dis que ce qui est doux,
Je ne dis que ce qui est bon.

Dieu ne me fit pas d’autres don
Que celui d’un simple biniou.

Et j’ai dit la pomme au verger,
Les moutons fêtant leur berger,

Le pain aussi blanc que la nappe
Pour les grands dimanches d’agapes.

Et j’ai dit Dieu, oui, Dieu lui-même,
Car j’ai joué pour lui aussi

De petits airs, des airs qu’il aime
Lui, Dieu, parce qu’ils sont petits

Et qu’ils chantent ce qui est bon,
Et qu’ils chantent ce qui est doux,

Et que j’ai toujours obéi
Comme un enfant quand il m’a dit:

« Pose tes doigts, là sur les trous;
Tu joueras de ton mieux pour tous. »

(Maurice Carême)

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Je t’aime, toi (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Je t’aime, toi… Mais ne va point me plaindre,
Arbre de vie aux fruits délicieux,
Puisque ta forme et ses dons précieux
Sur tous mes cieux ne cessent de se peindre.

Oui, tous mes jours… Mais les nuits le font mieux :
A peine vient ma lampe de s’éteindre
L’ombre s’éveille, et mes regards de feindre
Ce qu’ils verraient et virent dans tes yeux.

L’obscurité m’ouvre ta chambre claire
Où si souvent ton sourire m’apprit
A t’inventer ce qui pourrait te plaire…

Ô pour ma soif de toi seule et d’esprit
Est-il au monde une autre récompense
Qu’être à nous deux la tendresse qui pense ?

(Paul Valéry)

Illustration: Françoise Martin-Marie

 

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Confiance (Luciole)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




    
Confiance

Si les yeux pouvaient voir sous la pluie qui ruisselle
Ils chériraient le tendre visage de l’aimé

Si la bouche muette récitait l’inaudible
Elle psalmodierait le mantra de son nom

Si les bras n’étreignaient à la place du vide
Une tendre caresse enlacerait l’amant

Si l’âme ne pesait cette lourdeur de pierres
Elle deviendrait oiseau abolissant le temps

Puisse l’espérance restaurer la confiance
Ouvrir une fenêtre sur l’horizon du coeur
Puisse le don des larmes déchirure du ciel
Entendre la parole de la joie de l’enfance

(Luciole)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

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LA FILLE MAIGRE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Alexandr Sulimov -   (39)

LA FILLE MAIGRE

Je suis une fille maigre
Et j’ai de beaux os.

J’ai pour eux des soins attentifs
Et d’étranges pitiés

Je les polis sans cesse
Comme de vieux métaux.

Les bijoux et les fleurs
Sont hors de saison.

Un jour je saisirai mon amant
Pour m’en faire un reliquaire d’argent.

Je me pendrai
À la place de son cœur absent.

Espace comblé,
Quel est soudain en toi cet hôte sans fièvre?

Tu marches
Tu remues;
Chacun de tes gestes
Pare d’effroi la mort enclose.

Je reçois ton tremblement
Comme un don.

Et parfois
En ta poitrine, fixée,
J’entrouvre
Mes prunelles liquides

Et bougent
Comme une eau verte
Des songes bizarres et enfantins.

(Anne Hébert)

Illustration: Alexandr Sulimov 

 

 

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Stances de l’impossible (Adamis Jamyn)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



 

Duy Huynh -  (44)

Stances de l’impossible

L’été sera l’hiver et le printemps l’automne,
L’air deviendra pesant, le plomb sera léger :
On verra les poissons dedans l’air voyager
Et de muets qu’ils sont avoir la voix fort bonne.
L’eau deviendra le feu, le feu deviendra l’eau
Plutôt que je sois pris d’un autre amour nouveau.

Le mal donnera joie, et l’aise des tristesses !
La neige sera noire, et le lièvre hardi,
Le lion deviendra du sang acouardi,
La terre n’aura point d’herbes ni de richesses ;
Les rochers de soi-même auront un mouvement
Plutôt qu’en mon amour il y ait changement.

Le loup et la brebis seront en même étable
Enfermés sans soupçon d’aucune inimitié ;
L’aigle avec la colombe aura de l’amitié
Et le caméléon ne sera point muable :
Nul oiseau ne fera son nid au renouveau
Plutôt que je sois pris d’un autre amour nouveau.

La lune qui parfait en un mois sa carrière
La fera en trente ans au lieu de trente jours ;
Saturne qui achève avec trente ans son cours
Se verra plus léger que la lune légère :
Le jour sera la nuit, la nuit sera le jour
Plutôt que je m’enflamme au feu d’un autre amour.

Les ans ne changeront le poil ni la coutume,
Les sens et la raison demeureront en paix,
Et plus plaisants seront les malheureux succès
Que les plaisirs du monde au coeur qui s’en allume.
On haïra la vie, aimant mieux le mourir
Plutôt que l’on me voie à autre amour courir.

On ne verra loger au monde l’espérance ;
Le faux d’avec le vrai ne se discernera,
La fortune en ses dons changeante ne sera,
Tous les effets de mars seront sans violence,
Le soleil sera noir, visible sera Dieu
Plutôt que je sois vu captif en autre lieu.

(Adamis Jamyn)

Illustration: Duy Huynh

 

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Et les femmes sont si belles (Marcel Thiry)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Et les femmes sont si belles
Et les femmes sont si belles
Et les seins sous les dentelles
Si gonflés de vérité,
Et les mains si pardonneuses
Et les bouches si donneuses
De tels dons d’éternité,
Et l’été, sous les ombrelles,
Dans les prés, dans les ombelles,
Les bras nus ont de si belles
Si donneuses nudités,
Et les femmes sont si belles
Et les femmes sont si belles…

(Marcel Thiry)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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