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LE CALICE DE LA VIE (Michel Lermontov)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2022




    
LE CALICE DE LA VIE

Nous portons, dans la vie, à la bouche un calice
Que nous ne pouvons voir, car nos yeux sont bandés.
A mesure que nous buvons, des larmes glissent,
Et le récipient en est tout inondé.

Quand, sur le lit de mort, enfin le bandeau tombe,
Et tout nous apparaît sous son aspect réel,
Avant de disparaître et de rendre à la tombe,
En libérant l’esprit, le corps matériel,

Nous nous apercevons, à notre dernière heure,
Que la coupe dorée était vidée à nu,
Qu’elle ne contenait pour les humains que leurre,
Qu’elle ne nous avait jamais appartenu!

(Michel Lermontov)

Recueil: Michel Lermontov Poèmes
Traduction: Igor Astrow
Editions: Du Tricorne

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Lorsque les champs dorés (Michel Lermontov)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2022




    
Lorsque les champs dorés devant ma vue ondulent,
Et la forêt tressaille au souffle du zéphyr,
Que mille chants d’oiseaux dans les airs se modulent,
Et sous la feuille un fruit recommence à bouffir;

Lorsque tout imprégnés d’éclatante rosée,
A l’aube ou par un soir incendiant les cieux,
Le candide muguet, ou la vierge pensée,
Me semble saluer d’un geste gracieux;

Lorsqu’une fraîche source au fond de la vallée,
Fredonnant un doux chant qui me berce et m’endort,
Murmure à mon oreille une légende ailée
D’un pays merveilleux du temps de l’âge d’or;

— Alors, je sens enfin dans mon âme se taire
Tous les tourments secrets des pensers anxieux.
Je conçois le bonheur possible sur la terre,
Et la Divinité — visible dans les cieux.

(Michel Lermontov)

Recueil: Michel Lermontov Poèmes
Traduction: Igor Astrow
Editions: Du Tricorne

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Dans le silence des yeux (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2022



    

Dans le silence des yeux

En quelle langue dit-on, en quelle nation,
En quelle autre humanité a-t-on appris
Le mot qui ordonne le désordre
Qui s’est tissé dans ce tourbillon ?
Quel murmure de vent, quels chants dorés
D’un oiseau posé sur les hautes branches
Diront, en sons, les choses que, muets,
Dans le silence des yeux nous confessons ?

***

No silêncio dos olhos
Em que língua se diz, em que nação,
Em que outra humanidade se aprendeu
A palavra que ordene a confusão
Que neste remoinho se teceu?
Que murmúrio de vento, que dourados
Cantos de ave pousada em altos ramos
Dirão, em som, as coisas que, calados,
No silêncio dos olhos confessamos?

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Je regardais, au bord de la Néva (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2021




    
Je regardais, au bord de la Néva,
Dans les vapeurs d’une brume glacée,
Resplendir la coupole dorée
Du grand géant Saint-Isaac.

Timidement les nuages se levaient
Sur le ciel nocturne, hivernal,
Dans un silence de mort le fleuve pâle
Luisait de ses eaux gelées.

Et j’ai songé, triste et silencieux,
Qu’en des pays de soleil brûlant,
La baie de Gênes en cet instant
Flamboyait de tous ses feux.

O toi, Nord, Nord-sorcier,
Suis-je donc par toi envoûté ?
Ou suis-je vraiment enchaîné
Au froid granit de tes contrées ?

Ah, si un souffle, en passant,
Doucement dans le soir incertain,
M’emportait, m’emportait au loin,
Là-bas, là-bas, vers le Sud brûlant…

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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LORSQUE J’ENTENDS LE SOIR (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2021




    
LORSQUE J’ENTENDS LE SOIR

Lorsque j’entends le soir
le concerto pour clarinette de Mozart,
le temps de la souffrance et de l’ennui s’achève,
soudain je nage dans la lumière dorée de mes quinze ans,
l’ombre de la vieillesse un instant se déchire,
nos deux corps flexibles se joignent
dans le torrent de nos cheveux emportés par le vent:
c’est le ciel de la tendresse que leur plaisir éclaire,
l’angoisse de vivre est devenue légère comme l’air

(Claude Vigée)

Recueil: L’homme naît grâce au cri
Traduction:
Editions: POINTS

    

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PLÉNITUDE (Rina Lasnier)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2021



Gaële Flao  652 [800x600]

PLÉNITUDE

Le jour est un fruit de septembre
Doré comme le pampre du maïs enflé
Qu’on suspend au clou de la grange
Et la sève se repose sur ses cendres.

L’homme rit sous un chapeau de sommeil,
La femme sait que son sein est un boisseau
Sur la paix grasse des glanures, lève
La moisson mobile des étourneaux.

(Rina Lasnier)

Illustration: Gaële Flao

 

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UNE FILLE (Slobodan Kojovik)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021




UNE FILLE

Avec mes cheveux gris et ma barbe trop blanche,
A moi-même fidèle, âmes songes d’enfant,
Malgré la brume épaisse et le temps étouffant,
Et l’avenir broyé sous un poids d’avalanche,

Une fille je vois et ses cheveux dorés.
Dans un jardin de rêve, à la corde elle saute,
Heureuse et souriante, avec la tête haute.
Chez elle les chemins ne sont jamais barrés.

Quand un échec remplace une énorme espérance,
Quand l’homme bestial domine l’univers,
Quand la terre est rongée aux coups d’immondes vers,
Comme au temps révolu de ma première enfance,

Une fille je vois et ses cheveux dorés.
Dans un jardin de rêve, à la corde elle saute,
Heureuse et souriante, avec la tête haute.
Chez elle les chemins ne sont jamais barrés.

Ma vie arrive au bout prenant de la vitesse.
Sans être vraiment fier d’un tel état de lieux,
De la profonde nuit, des nuages aux cieux,
Malgré le grand déboire et l’immense détresse,

Une fille je vois et ses cheveux dorés.
Dans un jardin de rêve, à la corde elle saute,
Heureuse et souriante avec la tête haute.
Chez elle les chemins ne sont jamais barrés.

(Slobodan Kojovik)

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PAR MOMENTS, LE FLEUVE NOIR FAISAIT PLIER (Egon Schiele)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2021



Illustration: Stéphane Pencréac’h
    

PAR MOMENTS, LE FLEUVE NOIR FAISAIT PLIER

toutes mes forces sous son joug.
Les eaux basses, je les voyais profondes,
et les rives en pente douce, abruptes et élevées.
Entraîné par le tourbillon des flots, je luttais
et j’entendais les eaux en moi,
les bonnes, les belles eaux-noires — —
Puis à nouveau, je respirais une force dorée.
Le courant coulait, fort, toujours plus fort.

MUSIQUE PENDANT LA NOYADE

***

IN MOMENTEN JOCHTE DER SCHWARZE FLUSS

meine ganzen Kräfte.
Ich sah die kleinen Wasser groß
und die sanften Ufer steil und hoch.
Drehend rang ich
und hörte die Wasser in mir,
die guten, schönen Schwarzwasser — —
Dann atmete ich wieder goldene Kraft.
Der Strom strömte starr und stärker.

MUSIK BEIM ERTRINKEN

(Egon Schiele)

 

Recueil: Moi, éternel enfant
Traduction:Nathalie Miolon
Editions: Comp’act

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Si nous mettions les mots au soleil (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2021



Peut-être ferions-nous de plus beaux poèmes
Si nous mettions les mots au soleil
Avant de nous en servir
Il deviennent dorés
Et chauds

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Vincent Van Gogh

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Chanson de vacances (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2021



Chanson de vacances

Village muré
Murailles dorées
Enclos de soleil
Feu d’herbes en forêt.

Brune caressée
Au lit odorant
Ailée adorant
Un sexe dressé.

Le jour et la nuit
La terre et l’écume
L’amour et le fruit
Le lait et la lune.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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