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Poésie

Posts Tagged ‘doré’

LE MINEUR (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



    

    
LE MINEUR

Quoi qu’on écrive, ce ne seront que des mots.
Ces mots que je cherche à faire disparaître.
Et c’est pourquoi je me suis coupé la main.
Et c’est pourquoi je me forge
nuit et jour avec le feu, que je me suis laissé
fouler telle une rose rouge.
Je veux devenir une autre sorte
d’eau. Une autre sorte de langage.
Tels des rayons dorés, darder mes paroles
par vos pores, à votre insu,
m’avançant, éclairant toujours plus
profond dans vos cœurs, comme
éclaire les galeries noires de la terre
en descendant
le mineur avec sa lampe.

(Nikiforos Vrettakos)

Recueil: Mon soleil
Traduction: Traduit du grec par Ioannis Dimitriadis
Editions: ainigma.net

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LES JONQUILLES (William Wordsworth)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2021



    

LES JONQUILLES

J’errais seul comme un nuage
Flottant au-dessus des monts et des vallées,
Quand tout à coup je vis un mirage,
Une foule de jonquilles dorées;
Près du lac, sous les arbres mises
Flottant et dansant dans la brise.

Pareilles aux étoiles qui brillent
Et scintillent sur la Voie lactée,
Elles s’étendaient à l’infini
Le long des bords d’une baie :
D’un regard j’en vis dix mille
Mimant une danse enjouée.

Les vagues à côté éclatantes dansaient
Mais elles les surpassaient en joie :
Un poète ne pouvait qu’être gai
En si belle compagnie !
Je les regardais, les regardais, mais loin de moi
La conscience de leur riche profit;

Car souvent, quand sur mon lit je couche
L’esprit libre ou pensif,
Dans mon for intérieur soudain elles me touchent
Bonheur solitaire natif;
Et mon cœur de plaisir s’emplit comme une quille
Et danse avec les jonquilles.

***

THE DAFFODILS

I wander’d lonely as a cloud
That floats on high o’er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host of golden daffodils,
Beside the lake, beneath the trees
Fluttering and dancing in the breeze.

Continuous as the stars that shine
And twinkle on the milky way,
They stretch’d in never-ending line
Along the margin of a bay:
Ten thousand saw I at a glance
Tossing their heads in sprightly dance.

The waves beside them danced, but they
Out-did the sparkling waves in glee:
A poet could not but be gay
In such a jocund company!
I gazed — and gazed — but little though
What wealth the show to me had brought.

For oft, when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude;
And then my heart with pleasure fills
And dances with the daffodils.

(William Wordsworth)

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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Longs joncs dorés penchés (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



 

Joncs-sous-la-neige

Longs joncs dorés penchés
sur les plaques de neige blanche ;
ruban pourpre et or
du bois voisin
quel angle
vous formez l’un avec l’autre
perdus dans votre contemplation.

***

Long yellow rushes bending
above the white snow patches;
purpfe and gold ribbon
of the distant wood:
what an angle
you make with each other as
you lie there in contemplation.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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Y a-t-il un lieu de silence (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



    

– Y a-t-il un lieu de silence
Où je puisse essayer mon chant
Sans que le submerge en moi-même
Le tumulte de ces orages,
Les cris aigus de ce prétoire
Où se proclament par cent voix
Le mensonge des criminels
La cupidité des voleurs
Et la lâcheté des esclaves ?
– Un seul accent vrai de ton cœur
En toi couvrira cent voix fausses.
Ah ! mon cœur n’est-il pas pareil
À un fruit jeté dans la mer :
Quand un batelier le recueille
Il est encore plein et doré
Mais sa chair que l’eau a forcée
N’a plus que l’âcreté du sel.
J’ai regardé bien trop de morts
Avec des yeux secs et distraits ;
J’ai connu trop de paysages,
J’ai pressé pendant ces cinq ans
Trop de mains, vu trop de visages ;
Des flots ont noyé ma mémoire.
– La moisson étouffe et aveugle
L’ample grenier qui la contient
Mais d’où jaillira chaque gerbe
À son tour, avec tous ses grains.
Sur le lourd butin qui t’accable
Penche-toi ! Dans un cœur aimant
Rien n’est perdu, rien ne s’efface
De ce qu’y a mis chaque jour.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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Bonne nuit (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



Le loquet se soulève,
un îlot de lumière
S’étend dans la cour.

Voûtant le dos sous la porte basse,
Dans ce couloir doré ils passent
Puis s’évanouissent dans l’obscurité.

Flaque d’eau, pavés ronds, chambranle et seuil
Restent figés dans ce bloc de lumière
Jusqu’à ce qu’à grands pas,
au-delà de son ombre
Elle rentre,
et que tout redevienne noir.

(Seamus Heaney)


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J’habillerai de noir (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2020




    
J’habillerai de noir,
De la tête aux pieds,
Ma solitude.
Comme le mois d’août
Je pleurerai des gerbes d’étoiles.
Ma superbe douleur, fais parler maintenant
Les fontaines du chant
Enfermées, comme au coeur d’une montagne,
Dans le tréfonds de mon âme.
Que sonne à nouveau
Le cor porteur de mort
Traversant mes rythmes.
Volez, volez
Dans la majesté de l’automne,
Rêves dorés
Du printemps à venir !

(Mihai Beniuc)

 

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J’habillerai de noir, de la tête aux pieds, ma solitude (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2020




    
J’habillerai de noir,
De la tête aux pieds,
Ma solitude.
Comme le mois d’août,
Je pleurerai des gerbes d’étoiles.
Ma superbe douleur, fais parler maintenant
Les fontaines du chant
Enfermées, comme au coeur d’une montagne,
Au fond de mon âme.
Que sonne à nouveau
Le porteur de mort
Traversant mes rythmes !
Volez, volez
Dans la majesté de l’automne,
Rêves dorés
Des printemps à venir !

(Mihai Beniuc)

 

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Son corps est d’un blanc monotone (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



 

Son corps est d’un blanc monotone
Comme la neige sur les champs ;
Mais sa toison semble un automne
Doré par les soleils couchants.

Ses seins droits ont la pointe aiguë
Ainsi que la ronce des murs
Et sont froids comme la ciguë
Pleine de poisons doux et sûrs.

Dire l’odeur de sa peau fraîche,
Aucun parfum ne le saurait,
Ni le foin séché dans la crèche,
Ni l’haleine d’une forêt,

Ni le thym, ni la marjolaine,
Ni le muguet, ni le cresson
Nourri des pleurs de la fontaine
Et tout baigné de sa chanson,

Ni le repli des coquillages
Qui garde un arôme énervant,
Souvenance d’anciens sillages,
D’algues, de marée et de vent.

(Jean Richepin)

 Illustration: Victor Karlovich Shtemberg

 

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Hop! dans ma poche (Suzanne François)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2020



Illustration
    
Hop! dans ma poche

Je trouve un caillou violet
Hop! dans ma poche
Parfois je le sors
Mon petit trésor
Un caillou violet
Hop! dans ma poche

Je trouve un oeillet fané
Hop! dans ma poche
Parfois je le sors
Mon petit trésor
Un oeillet fané
Un caillou violet
Hop! dans ma poche

Je trouve un bouton doré
Hop! dans ma poche
Parfois je le sors
Mon petit trésor
Un bouton doré
Un oeillet fané
Un caillou violet
Hop! dans ma poche

Je trouve un gros clou rouillé
Hop! dans ma poche
Parfois je le sors
Mon petit trésor
Un gros clou rouillé
Un bouton doré
Un oeillet fané
Un caillou violet
Hop! dans ma poche

Je trouve un joli papier
Hop! dans ma poche
Parfois je le sors
Mon petit trésor
Un joli papier
Un gros clou rouillé
Un bouton doré
Un oeillet fané
Un caillou violet
Hop! dans ma poche

etc…

(Suzanne François)

 

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Ode (Valery Larbaud)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020



Ode

Prête-moi ton grand bruit, ta grande allure si douce,
Ton glissement nocturne à travers l’Europe illuminée,
Ô train de luxe ! et l’angoissante musique
Qui bruit le long de tes couloirs de cuir doré,
Tandis que derrière les portes laquées, aux loquets de cuivre lourd,
Dorment les millionnaires.
Je parcours en chantonnant tes couloirs
Et je suis ta course vers Vienne et Budapesth,
Mêlant ma voix à tes cent mille voix,
Ô Harmonika-Zug !

J’ai senti pour la première fois toute la douceur de vivre,
Dans une cabine du Nord-Express, entre Wirballen et Pskow.
On glissait à travers des prairies où des bergers,
Au pied de groupes de grands arbres pareils à des collines,
Étaient vêtus de peaux de moutons crues et sales…
(Huit heures du matin en automne, et la belle cantatrice
Aux yeux violets chantait dans la cabine à côté.)
Et vous, grandes places à travers lesquelles j’ai vu passer la Sibérie et les monts du Samnium,
La Castille âpre et sans fleurs, et la mer de Marmara sous une pluie tiède !

Prêtez-moi, ô Orient-Express, Sud-Brenner-Bahn , prêtez-moi
Vos miraculeux bruits sourds et
Vos vibrantes voix de chanterelle ;
Prêtez-moi la respiration légère et facile
Des locomotives hautes et minces, aux mouvements
Si aisés, les locomotives des rapides,
Précédant sans effort quatre wagons jaunes à lettres d’or
Dans les solitudes montagnardes de la Serbie,
Et, plus loin, à travers la Bulgarie pleine de roses…

Ah ! il faut que ces bruits et que ce mouvement
Entrent dans mes poèmes et disent
Pour moi ma vie indicible, ma vie
D’enfant qui ne veut rien savoir, sinon
Espérer éternellement des choses vagues.

(Valery Larbaud)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Murad Sayen

 

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