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Poésie

Posts Tagged ‘dorée’

Iris jaune sur le rivage (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Iris jaune sur le rivage,
Aile d’ambre et prunelle dorée,
Bouleau d’or vert, et, tout d’or sur l’étang,
Les brillants anneaux de soleil insaisissables,
Tu ne les verras pas, moi non plus, ce printemps,
Ni sur la baie l’eider qui se balance.
Gaspillé, tari, tout cet or.

***

Yellow iris by the shore,
Burnish of wing and golden eye,
Green gold birch and, gold on water,
Sun’s bright rings hand could not hold,
You will not see this spring, nor I,
Nor in the bay the rocking eider.
All wasted and all spent, that gold.

(Kathleen Raine)

Illustration: John Atkinson Grimshaw

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Redis-moi, perroquet, les mots de mon aimé (Liu Yong)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



En ce soir d’automne,
La Pluie éclabousse les lotus flétris,
Et goutte à goutte jaillissent de véritables perles.
Passée l’averse, la lune se lève.
Le froid transit la rive où nichent les sarcelles.

Appuyée à la balustrade, au-dessus de l’étang elle se penche,
pauvre coeur solitaire.
Ah! comment supporter
Une telle détresse ?
De la cage dorée elle s’est approchée:
«Redis-moi, perroquet, les mots de mon aimé.»

(Liu Yong)


Illustration: Giovanni Battista Tiepolo

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Que rien ne te contraigne (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

Que rien ne te contraigne

Que rien ne te contraigne — ah je n’y peux rien –
au soleil avant d’éclore venu baiser tes mains
qu’y pourrais-je, le jour est encore plus fort

(ô toute dorée)

Je sais bien qu’à sa chaude lumière
résister est vain
ta peau brille comme un or fin ruisselle
et dans le sable où tu sommeilles
sans refuge à mon inquiétude

(toute dorée)

C’est Isis transformée qui vient braver mes yeux
tant aveugles qu’ils n’aiment que la nuit
et si plier mes bras toujours ne puis
les déplier je dois pour embrasser votre clarté

(ah ! dorée)

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Abraxsis Der Jen

 

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Le cidre clair (Aphorismes Bretons)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2017



Ar jistr, skIaer ‘vel dour aour
‘Dorr ar sec’hed d’ar pinvik
kenkoulz ha d’ar paour.
    
Le cidre clair
comme de l’eau dorée
Étanche la soif du riche
comme celle du pauvre.

(Aphorismes Bretons)

 

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QUAND JE REGARDE L’HORIZON BLEU… (Gustavo Adolfo Bécquer)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




QUAND JE REGARDE L’HORIZON BLEU…

Quand je regarde l’horizon bleu
Se perdre au loin,
À travers une gaze de poussière
Dorée et inquiète,
Il me paraît possible de m’arracher
De ce sol misérable,
De flotter avec la brume dorée
En atomes légers, –
Épars comme elle.

Quand, la nuit, je regarde dans le fond
Obscur du ciel
Les étoiles trembler comme d’ardentes
Pupilles de feu,
Il me paraît possible de monter d’un seul vol
Jusqu’où elles brillent,
De me noyer dans leur clarté, et,
Incendié de lumière,
Me fondre avec elles en un baiser.

Sur la mer du doute où je voyage
Je ne sais pas même en quoi je crois.
Cependant, cette inquiétude et ces élans me disent
Que je porte quelque chose
De divin en moi.

***

CUANDO MIRO EL AZUL HORIZONTE…

Cuando miro el azul horizonte
Perderse a lo lejos,
Al través de una gasa de polvo
Dorado e inquieto;
Me parece posible arrancarme
Del mísero suelo
Y flotar con la niebla dorada
En átomos leves
Cual ella deshecho.

Cuando miro de noche en el fondo
Oscuro del cielo
Las estrellas tremblar como ardientes
Pupilas de fuego;
Me parece posible a do brillan
Subir en un vuelo
Y anegarme en su luz, y con ellas
En lumbre encendido
Fundirme en un beso.

En el mar de la duda en que bogo
Ni aun sé lo que creo;
Sin embargo, estas ansias me dicen
Que yo llevo algo
Divino aquí dentro.

(Gustavo Adolfo Bécquer)

 

 

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J’ai été (Taliesin Barde celtique)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



J’ai été sous de multiples formes
Avant de trouver mon être définitif,
Il m’en souvient très clairement.
J’ai été une lance étroite et dorée,
J’ai été goutte de pluie dans les airs,
J’ai été la plus lointaine des étoiles,
J’ai été mot parmi les lettres,
J’ai été livre dans l’origine,
J’ai été lumière de la lampe.

(Taliesin Barde celtique)

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Ce que devient ton cœur sous les pois de senteur (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Ce que devient ton cœur sous les pois de senteur
Tes mains dures et dorées par les saisons elles changent
Ton cœur est sous tes mains et toi sous les fleurs.

(Valérie Rouzeau)

 

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La harpe (Zbigniew Herbert)9

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



La harpe

L’eau est basse. Dans l’eau, une lumière dorée et plate.
Dans les joncs argentés, les doigts du vent entourent la seule colonne sauve.
Une jeune fille brune entoure la harpe.
Son grand oeil égyptien glisse sur les cordes comme un poisson triste.
Loin derrière lui de petits doigts.

(Zbigniew Herbert)

 

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Je m’en vais rêvant par les chemins… (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Je m’en vais rêvant par les chemins
Du soir. Les collines
Dorées, les pins verts
Les chênes poussiéreux! …
Où peut-il aller, ce chemin?

Je m’en vais chantant, voyageur
Le long du sentier…
Le jour s’incline lentement.
« Devant mon cœur était clouée
L’épine d’une passion;
Un jour j’ai pu me l’arracher:
Je ne sens plus mon cœur. »

Et toute la campagne un instant
Demeure, muette et sombre,
Pour méditer. Le vent retentit
Dans les peupliers de la rivière.

Mais le soir s’obscurcit encore;
Et le chemin qui tourne, tourne,
Et blanchit doucement,
Se trouble et disparaît.

Mon chant recommence à pleurer:
« Epine pointue et dorée,
Ah! si je pouvais te sentir
Dedans mon cœur clouée. »

(Antonio Machado)


Illustration: Vincent Van Gogh

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La baigneuse est innocente (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2016



 

La baigneuse est innocente
Elle est blanche elle est dorée
Elle est transparente
Invisible à beaucoup

Et surprise entre l’eau et les feuilles
Fléchit légèrement les seins cachés
Par de longs doigts qui tremblent

Je ne sais d’où cette clarté surgit
Ou de l’irrespirable gouffre
Ou bien d’un espace inconnu
Aux corps impurs

Et seule
Mais ruisselle mais scintille
Seule et mouillée

Embarrassés des basses branches
Qui bougent pour toucher un corps
Nu absolument nu
Engagée sans pudeur à travers les désirs

(Jean Tortel)

Illustration: Paul Emile Chabas

 

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