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SOUCOUPES DU CIEL (Many-Leib)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




    
SOUCOUPES DU CIEL

Tu commenças de naître à ton propre destin
Par sa nuit nuptiale, en ta mère adorée,
Étroitesse et touffeur du ventre vénéré
D’où, doré de désir, en ce monde tu vins

Pour aimer la splendeur parfaite de son sein,
Sa tiède plénitude – ô tournesols si tendres,
Soucoupes qui du ciel pour toi semblent descendre
À ta langue portant le nectar le plus fin.

Par le lait maternel tu devins grand et beau.
D’une tête plus haut que ta mère, et plus haut
Que ces filles au bal à ta danse soumises,

Et tu aimes chacune, et te plaît l’éventail
De leur robe attirant l’odeur et le nectar
Des soucoupes du ciel qui te furent promises.

(Many-Leib)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nanny (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



Nanny

Bois chers aux ramiers, pleurez, doux feuillages,
Et toi, source vive, et vous, frais sentiers ;
Pleurez, ô bruyères sauvages,
Buissons de houx et d’églantiers !

Du courlis siffleur l’aube saluée
Suspend au brin d’herbe une perle en feu ;
Sur le mont rose est la nuée ;
La poule d’eau nage au lac bleu.

Pleurez, ô courlis ; pleure, blanche aurore ;
Gémissez, lac bleu, poules, coqs pourprés ;
Vous que la nue argente et dore,
O claires collines, pleurez !

Printemps, Roi fleuri de la verte année,
O jeune Dieu, pleure ! Eté mûrissant,
Coupe ta tresse couronnée ;
Et pleure, Automne rougissant !

L’angoisse d’aimer brise un coeur fidèle.
Terre et ciel, pleurez ! Oh ! que je l’aimais !
Cher pays, ne parle plus d’elle :
Nanny ne reviendra jamais !

(Leconte de Lisle)

Illustration

 

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Soleil (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2019



Nicholas Roerich sanga-chelling-1924

Dans un pays étranger,
soleil qui dore les maisons sur une colline.

Sentiment plus puissant
que devant le même fait dans son propre pays.

Ce n’est pas le même soleil.
Je sais bien, moi, que ce n’est pas le même soleil.

(Albert Camus)

 Illustration: Nicholas Roerich

 

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Les petits riens (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019




Les petits riens

Immatériels et aériens,
Mais précieux comme le pain quotidien,
Ils valent leur pesant d’or,
Les petits riens…
J’en suis riche :
Sous leur soleil, je me dore,
Sous leur ombre, je dors,
La vie les offre et je les tiens…
Papillons légers,
Ils m’aguichent,
Me suivent
Et me séduisent…
Ils sont baisers, pensées,
Fleurs ou odeurs,
Un rire cristallin,
La tendresse d’un moment,
Le sortilège d’un instant…
Je suis riche de riens,
C’est bien peu et déjà trop !
Pour les dédaigner, il faut être sot !

Du bébé vagissant
Au vieillard agonisant,
Nous avons tous besoin de ces riens
Qui font si chaud au cœur,
Qui nous donnent tant de bonheur…

(Mireille Gaglio)

Illustration: Vacances en Auvergne

 

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Sous le laurier (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2018




    
Sous le laurier le banc de pierre rouillée
est tout humide;
la pluie, sur le mur blanc
a lavé le lierre poussiéreux.

Au souffle tiède du vent d’automne
ondoie le gazon, et les peupliers
conversent avec le vent…
Le vent du soir dans le bosquet!

Tandis que flamboie au couchant le soleil
qui dore les grappes de vigne
et qu’un brave bourgeois sur son balcon allume
sa pipe stoïque où fume le tabac,

je me souviens des vers de ma jeunesse…
Qu’est-il advenu de mon coeur sonore?
Ombres charmantes, est-il donc vrai
que vous fuyiez entre les arbres d’or?

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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NOM CACHÉ (Victor Segalen)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



NOM CACHÉ

Le véritable Nom n’est pas celui qui dore les portiques,
illustre les actes; ni que le peuple mâche de dépit;

Le véritable Nom n’est point lu dans le Palais même, ni aux
jardins ni aux grottes, mais demeure caché par les eaux
sous la voûte de l’aqueduc où je m’abreuve.

Seulement dans la très grande sécheresse, quand l’hiver crépite
sans flux, quand les sources, basses à l’extrême, s’encoquillent dans leurs glaces,

Quand le vide est au coeur du souterrain et dans le souterrain
du coeur, — où le sang même ne roule plus, — sous la
voûte alors accessible se peut recueillir le Nom.

Mais fondent les eaux dures, déborde la vie, vienne le torrent
dévastateur plutôt que la Connaissance!

(Victor Segalen)

Illustration: William Blake

 

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Energie rêveuse (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018


Une énergie rêveuse
s’en prend à la promenade
aux montées d’escaliers blonds
à ce présent qui les redécouvre
le monde s’évertue
une tenace illusion
fait mouvoir les marteaux
et conserver
la cuirasse d’acier aux lueurs familières
le lit d’où montèrent
des soupirs
et que dore un rayon ancien.
Les machines usinières
gémissent aux aurores
jusqu’à l’éclatement possible des atomes.

(Jean Follain)

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Ses yeux dépassent en éclat (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Illustration: Rolf Armstrong
    
Ses yeux dépassent en éclat les lueurs rayonnantes

Qui dorent l’ondée passagère ,
Qui étincellent sur les ruisseaux de cristal,

Et réjouissent chaque fleur rafraîchie.

Ses lèvres sont plus brillantes que les cerises,

Elles ont reçu une teinte plus riche;
Elles charment notre vue émerveillée

Et donnent la tentation d’y poser les nôtres :
Son sourire est comme le soir paisible

Quand les couples ailés font l’amour,
Et que les petits agneaux, folâtres et sauvages,

S’ébattent en bandes joueuses.

(Robert Burns)

 

 

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Moi, je cherche les cieux (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



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La floraison du bâton

[6]
Ainsi je préférerais me noyer, en me souvenant —
que me dorer sur des atolls tropicaux

dans les mers de corail ; je préférerais me noyer,
en me souvenant — que me poser sur une branche de pin

ou de sapin là où les grandes étoiles déversent
leur force génératrice, Arcturus

ou les saphirs de la Couronne Boréale ;
je préférerais me battre dans le vent, criant aux autres :

à vous ces cercles ridicules,
à vous ces tournoiements insensés

encore et sans fin — ils sont sans raison —
moi, je cherche les cieux ;

votre voie n’a pas de vision,
je vois ce qui est au-dessous, ce qui est au-dessus,

ce qui selon les hommes n’est-pas — je me souviens,
me souviens, me souviens — vous avez oublié,

vous pensez, avant même son milieu
que votre cycle est à sa fin,

mais vous répétez vos cercles ridicules — encore, encore ;
encore, l’acier aiguisé sur la pierre ;

encore, les pyramides de crânes ;
j’ai voulu avoir pitié des morts,

ô blasphème, la pitié est une pierre au lieu de pain,
seul l’amour est sacré et l’amour est extase

qui tourne et tourne et tourne autour d’un centre,
insouciant, indifférent, aveugle à la réalité,

qui sait que les Îles des Bienheureux sont là,
car il n’y a grandes eaux qui puissent éteindre le feu de l’amour.

***

So I would rather drown, remembering—
than bask on tropic atolls

in the coral-seas; I would rather drown
remembering—than rest on pine or fir-branch

where great stars pour down
their generating strength, Arcturus

or the sapphires of the Northern Crown;
I would rather beat in the wind, crying to these others:

yours is the more foolish circling,
yours is the senseless wheeling

round and round—yours has no reason—
I am seeking heaven;

yours has no vision,
I see what is beneath me, what is above me,

what men say is-not—I remember,
I remember, I remember—you have forgot:

you think, even before it is half-over,
that your cycle is at an end,

but you repeat your foolish circling—again, again, again;
again, the steel sharpened on the stone;

again, the pyramid of skulls;
I gave pity to the dead,

O blasphemy, pity is a stone for bread,
only love is holy and love’s ecstasy

that turns and turns and turns about one centre ,
reckless, regardless, blind to reality,

that knows the Islands of the Blest are there,
for many waters can not quench love’s fire.

(Hilda Doolittle)

 Illustration

 

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Secret de la pierre vide (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Secret de la pierre vide
que la pioche cherche à percer
où le soleil jamais ne pénètre
Combien sont-ils à persévérer
Penchés sur leur blessure
l’unique richesse
ils ignorent jusqu’où la fièvre les dore

(Edmond Jabès)

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