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Poésie

Posts Tagged ‘dormition’

La dormition (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



La dormition

dans le jardin plus doux qu’une paupière
la marguerite a le tremblement d’une source
la nuit tombe en morceaux
en chacun d’eux se lève un rêve de jour
mon corps est le plomb d’un vitrail
où malgré tant d’années le rose est celui de la vierge

(Daniel Boulanger)

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ENERVEMENT D’ANGOISSE (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2016



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ENERVEMENT D’ANGOISSE

Douce juive, décloue ma dormition d’argile,
décloua ma tension nerveuse et ma douleur…
Décloue, éternelle aimée, mon interminable ahan et les
deux clous de mes ailes et le clou de mon amour !

Je reviens du désert où je suis beaucoup tombé ;
retire la ciguë et offre-moi tes vins ;
chasse, dont la mimique est la cécité ferrée de Longins,
mes sicaires, avec des pleurs d’amour.

Décloue mes clous, oh ma nouvelle mère!
Symphonie d’oliviers, verse à longs flots tes pleurs !
Alors, tu attendras, assise près de ma chair morte,
la menace qui cède et l’alouette qui s’enfuit !

Tu passes… tu reviens… Ton deuil tresse mon grand cilice
avec des gouttes de curare, tranchants de l’humanité,
la dignité de roc présente dans ta chasteté,
le mercure judithesque de ton miel intérieur.

Il est huit heures d’un matin sorcier crème…
Il y a du froid… Un chien passe rongeant l’os de l’autre
chien qu’il fut. Commence à pleurer dans mes nerfs
l’allumette que j’éteignis en capsules de silence!

Dans mon âme hérétique, chante sa douce fête asiatique
un dionysiaque ennui de café…!

***

NERVAZÓN DE ANGUSTIA

Dulce hebrea, desclava mi tránsito de arcilla;
desclava mi tensión nerviosa y mi dolor….
Desclava, amada eterna, mi largo afán y los
dos clavos de mis alas y el clavo de mi amor!

Regreso del desierto donde he caído mucho;
retira la cicuta y obséquiame tus vinos:
espanta con un llanto de amor a mis sicarios,
cuyos gestos son férreas cegueras de Longinos!

Desclávame mis clavos ¡oh nueva madre mía!
¡Sinfonía de olivios, escancia tu llorar!
Y has de esperar, sentada junto a mi carne muerta,
cuál cede la amenaza, y la alondra se va!

Pasas… vuelves… Tus lutos trenzan mi gran cilicio
con gotas de curare, filos de humanidad,
la dignidad roquera que hay en tu castidad,
y el judithesco azogue de tu miel interior.

Son las ocho de una mañana en crema brujo….
Hay frío….Un perro pasa royendo el hueso de otro
perro que fue….Y empieza a llorar en mis nervios
un fósforo que en cápsulas de silencio apagué!

Y en mi alma hereje canta su dulce fiesta asiática
un dionisiaco hastío de café….!

(César Vallejo)

 Illustration: Daria Petrilli

 

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