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LE PRÉ D’AMOUR (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




    
LE PRÉ D’AMOUR

Lorsque Gros-Jean se maria,
Londerira,
Avec la coquette Toinette,
En dot son père lui donna
Un pré tout blanc de pâquerettes.

Or, la Toinette le trompa,
Londerira,
Un beau soir sous les talles d’aunes
Et, par le pré, soudain leva
Un carré de boutons d’or jaunes.

Quand Gros Jean s’aperçut de ça,
Londerira,
Tua le galant et l’amante
Et, par tout le pré, ce jour-là
Fleurirent des roses sanglantes.

Maintenant oublis et frimas,
Londerira,
Ont fané les fleurs illusoires
Et, dans le pré, sur le verglas,
Rampent de grandes ronces noires.

(Gaston Couté)

 

 

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Ma loi (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2017



Ma loi est le vin et la belle humeur;
ma religion, l’indifférence à la foi et au doute.
J’ai demandé à ma fiancée qui est le monde: “Quelle dot veux-tu?”
Elle m’a dit: “Ton coeur joyeux est ma dot.”

(Omar Khayam)

 

 

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BRIN DE CONDUITE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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BRIN DE CONDUITE

Dis, sais-tu, ma jolie
en revenant du bal danser
On a pris les sentiers.
Les sentiers s’en vont dans la nuit
Dis, sais-tu, ma jolie
Où s’en vont les petits sentiers ?

Nous mèneront-ils au seuil de la ferme
Où dans le lit à rideaux bleus
Ta vieille s’endort tandis que ton vieux
Visite l’étable avec sa lanterne ?
Nous mèneraient-ils au plein des éteules
Où les grillons chantent ce soir,
Comme des petits curés tout en noir,
Pour les épouses du revers des meules !

Nous savons jusqu’où les vieux nous permettent,
Ils nous respectons trop les vieux
Qui sont à l’étable ou dans le lit bleu
Pour aller plus loin qu’un baiser honnête…
Mais comme, ce soir, tu parais plus blonde
Que le clair de lune en ton cou !
Et comme il te fait frissonner partout
Le vent qui s’embaume en les meules rondes !

Ah ne rêvons pas de choses pareilles !
Ça serait mal, bien mal, vois-tu?
Pour ta dot, les blés ne pousseraient plus,
Et ton vieux viendrait me prendre aux oreilles!…
Mais, pourtant, mon Dieu ! pourtant il me semble…
Les meules sont là, devant nous !
Chez vous est bien loin… on ne sait plus où ?
Et comme je brûle !… et comme tu trembles !…

Dis, sais-tu, ma jolie
En revenant du bal danser
On a pris les sentiers.
Les sentiers s’en vont dans la nuit
Dis, sais-tu, ma jolie
Où s’en vont les petits sentiers ?

(Gaston Couté)

 Illustration

 

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L’ARMOIRE NORMANDE (Robert Campion)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2016



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L’ARMOIRE NORMANDE

Près de la huche, sous le chaume
Où fleurit Jeanne ainsi qu’un lis,
Comme la reine du royaume
Se tient l’armoire du pays.
C’est le bijou de la famille,
Un ancêtre le cisela ;
C’est aussi la dot d’une fille,
Ce vieux grand meuble que voilà.

Elle est solidement montée :
Sa ferrure est en fer forgé,
Et de sa corbeille sculptée
Pas une rose n’a bougé.
En ses rosaces se marie
L’églantine aux fleurs du pommier,
Et la tourterelle apparie
Son rêve au rêve d’un ramier.

Chacune de ses quatre planches
Supporte de beaux draps de lin,
Des nappes, des chemises blanches,
Des robes, des rubans sans fin.
Et tout en haut, touchant le faîte,
Encore animé d’un frisson,
Gît le bonnet des jours de fête,
En dentelle et point d’Alençon.

Elle est en chêne fin, si grande
Qu’on y pourrait dormir à deux

Et qu’il n’est pas une Normande
Qui n’y cache son amoureux.
En ses tiroirs sont les reliques
Du vieux et du bon temps passé,
Des médaillons, des bucoliques
Et les cheveux d’un trépassé.

Quand il faudra marier Jeanne,
Je veux qu’en plus de son trousseau
Elle ait mes chandeliers, mon âne,
Mon armoire à double panneau.
Sa richesse serait complète,
Si dans le coin du souvenir
Elle y trouvait une layette
Pour mon petit-fils à venir.

(Robert Campion)

Illustration

 

 

 

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