Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘douce’

UNE QUESTION (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



UNE QUESTION

La servante aux douces hanches
était debout dans la grâce d’exister.
Elle ressemblait à une jarre.
Oui, ses hanches, son cou, ses cuisses,
ressemblaient à une jarre.
Et pour la fraîcheur et pour les courbes.
Ses cheveux étaient un poids d’ombre et d’odeurs,
une jeune forêt sans doute, et cachant quels oiseaux? On rêvait.
Par un certain détour, on pensait : que peut un homme ?

(Norge)


Illustration: Catherine Forestier-Thivrier

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Douce France (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



 

France

Douce France

Il revient à ma mémoire
Des souvenirs familiers
Je revois ma blouse noire
Lorsque j´étais écolier
Sur le chemin de l´école
Je chantais à pleine voix
Des romances sans paroles
Vieilles chansons d´autrefois

{Refrain:}
Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t´ai gardée dans mon cœur!
Mon village au clocher aux maisons sages
Où les enfants de mon âge
Ont partagé mon bonheur
Oui je t´aime
Et je te donne ce poème
Oui je t´aime
Dans la joie ou la douleur
Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t´ai gardée dans mon cœur

J´ai connu des paysages
Et des soleils merveilleux
Au cours de lointains voyages
Tout là-bas sous d´autres cieux
Mais combien je leur préfère
Mon ciel bleu mon horizon
Ma grande route et ma rivière
Ma prairie et ma maison.

{au Refrain}
(Charles Trenet)

 

 

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La mer (Alessandro Baricco)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



La mer

La mer ensorcelle, la mer tue, émeut, terrifie,
fait rire aussi parfois, disparaît, par moments,
se déguise en lac ou alors bâtit des tempêtes,
dévore des bateaux, elle offre des richesses,

elle ne donne pas de réponses,
elle est sage, elle est douce,
elle est puissante,
elle est imprévisible.

Mais surtout,
la mer appelle.
… Elle ne fait que ça, au fond :
appeler.

Jamais elle ne s’arrête,
elle pénètre en toi,
elle te reste collée après,
c’est toi qu’elle veut.

Tu peux faire comme si de rien n’était,
c’est inutile.
Elle continuera à t’appeler.

Cette mer que tu vois
et toutes les autres que tu ne verras pas
mais qui seront là,
toujours, aux aguets,
patientes,
à deux pas de ta vie.

Tu les entendras appeler,
infatigablement.

Voilà ce qui arrive dans ce purgatoire de sable.
Et qui arriverait dans n’importe quel paradis,
et dans n’importe quel enfer.

Sans rien expliquer, sans te dire où,
il y aura toujours une mer qui sera là
et qui t’appellera.

(Alessandro Baricco)

Découvert chez Lara ici

Illustration: William Bouguereau

 

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L’Habitude (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



 

L’Habitude

L’habitude accepte
l’alcool qu’on injecte
dans les corps endormis.
L’aube est douce
le ciel
bleu valium.
Le mépris
cache
cet amour
que je vous porte.
Oh frères rompus
sous les bâtons arrachés
aux branches des peupliers
qui se taisent.

(Balbino)

Illustration: Claude Monet

 

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La jeune châtelaine (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

Alexandr Sulimov -    (3)

La jeune châtelaine

« Je vous défends, châtelaine,
De courir seule au grand bois.  »
M’y voici, tout hors d’haleine,
Et pour la seconde fois.
J’aurais manqué de courage
Dans ce long sentier perdu ;
Mais que j’en aime l’ombrage !
Mon seigneur l’a défendu.

« Je vous défends, belle mie.
Ce rondeau vif et moqueur.  »
Je n’étais pas endormie
Que je le savais par coeur.
Depuis ce jour je le chante ;
Pas un refrain n’est perdu :
Dieu ! que ce rondeau m’enchante !
Mon seigneur l’a défendu.

« Je vous défends sur mon page
De jamais lever les yeux. »
Et voilà que son image
Me suit, m’obsède en tous lieux.
Je l’entends qui, par mégarde,
Au bois s’est aussi perdu :
D’où vient que je le regarde ?
Mon seigneur l’a défendu.

Mon seigneur défend encore
Au pauvre enfant de parler ;
Et sa voix douce et sonore
Ne dit plus rien sans trembler.
Qu’il doit souffrir de se taire !
Pour causer quel temps perdu !
Mais, mon page, comment faire ?
Mon seigneur l’a défendu.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alexandre Sulimov

 

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LA CLÉ DES CHAMPS (Norge)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



LA CLÉ DES CHAMPS

Avec son panier d’escargots,
Fina, la pleutre, la douce, est là qui passe devant la chaumière du sorcier.
Rien qui bouge à l’intérieur, sinon le merle Myrtille
sautillant de crédence en perchoir avec son petit bruit de griffes…
Comme il fait beau, comme tout brille aux murs chaulés de la cuisine.
Fina regarde longtemps. Et quand elle se décide â rentrer au village,
les escargots ont pris la clé des champs
que Fina retrouve un peu plus loin dans l’herbe.

(Norge)

Illustration

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LE BOIS AMICAL (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



 

Charles Courtney Curran 14_L

LE BOIS AMICAL

Nous avons pensé des choses pures
Côte à côte, le long des chemins,
Nous nous sommes tenus par les mains
Sans dire… parmi les fleurs obscures;

Nous marchions comme des fiancés
Seuls, dans la nuit verte des prairies;
Nous partagions ce fruit de féeries
La lune amicale aux insensés.

Et puis, nous sommes morts sur la mousse,
Très loin, tout seuls parmi l’ombre douce
De ce bois intime et murmurant;

Et là-haut, dans la lumière immense,
Nous nous sommes trouvés en pleurant
O mon cher compagnon de silence!

(Paul Valéry)

Illustration: Charles Courtney Curran

 

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AUTRE LENDEMAIN (Evariste Parny)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

Charles Frederic Ulrich brodeuse

AUTRE LENDEMAIN

D’un air languissant et rêveur
Justine a repris son ouvrage ;
Elle brode ; mais le bonheur
Laissa sur son joli visage
L’étonnement et la pâleur.
Ses yeux qui se couvrent d’un voile
Au sommeil résistent en vain ;
Sa main s’arrête sur la toile,
Et son front tombe sur sa main.
Dors et fuis un monde malin :
Ta voix plus douce et moins sonore,
Ta bouche qui s’entrouvre encore,
Tes regards honteux ou distraits,
Ta démarche faible et gênée,
De cette nuit trop fortunée
Révéleraient tous les secrets.

(Evariste Parny)

Illustration: Charles Frederic Ulrich

 

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Chanson de la cage ouverte (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



klimt.beethoven-frieze2De fleurs et de nuits je voudrais
De silence et d’écume de rosée et de ciel
Je voudrais ma soeur étrangère
Mon absente mon éloignée ma douce
Obstinée, ma chaude chaste corolle
Mon cristal noir mon écho prisonnier,
De sources, de monts purs et de chants je voudrais
Ma flamme lisse, mon rêve printanier
Te parer.

De regards oubliés, de mots égarés
J’aimerais, de mains végétales
De bouches plus fraîches plus glissantes
Que la rivière luisante du sommeil,
De soleil neuf et hardi,
De sourires d’enfance, de liberté,
Ma passagère, ma grâce, mon instant
De prairie éternelle, j’aimerais
Te recréer.

D’épaisses vertes forêts futures, je rêve,
De terres ignorées que recèlent tes yeux
D’étoiles à trouver au ciel de notre sang
De routes vierges promises aux signes de nos mains
De savanes joyeuses, je rêve, et de rives
Et de violentes cités, je rêve, ma voyageuse
Mon appel, mon apeurée, mon incertaine,
De mille horizons à venir je rêve
De te combler.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration: Gustav Klimt

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Les deux amitiés (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Alexandr Sulimov -    (8)

Les deux amitiés

Il est deux Amitiés comme il est deux Amours.
L’une ressemble à l’imprudence ;
Faite pour l’âge heureux dont elle a l’ignorance,
C’est une enfant qui rit toujours.
Bruyante, naïve, légère,
Elle éclate en transports joyeux.
Aux préjugés du monde indocile, étrangère,
Elle confond les rangs et folâtre avec eux.
L’instinct du coeur est sa science,
Et son guide est la confiance.
L’enfance ne sait point haïr ;
Elle ignore qu’on peut trahir.
Si l’ennui dans ses yeux (on l’éprouve à tout âge)
Fait rouler quelques pleurs,
L’Amitié les arrête, et couvre ce nuage
D’un nuage de fleurs.
On la voit s’élancer près de l’enfant qu’elle aime,
Caresser la douleur sans la comprendre encor,
Lui jeter des bouquets moins riants qu’elle-même,
L’obliger à la fuite et reprendre l’essor.
C’est elle, ô ma première amie !
Dont la chaîne s’étend pour nous unir toujours.
Elle embellit par toi l’aurore de ma vie,
Elle en doit embellir encor les derniers jours.
Oh ! que son empire est aimable !
Qu’il répand un charme ineffable
Sur la jeunesse et l’avenir,
Ce doux reflet du souvenir !
Ce rêve pur de notre enfance
En a prolongé l’innocence ;
L’Amour, le temps, l’absence, le malheur,
Semblent le respecter dans le fond de mon coeur.
Il traverse avec nous la saison des orages,
Comme un rayon du ciel qui nous guide et nous luit :
C’est, ma chère, un jour sans nuages
Qui prépare une douce nuit.

L’autre Amitié, plus grave, plus austère,
Se donne avec lenteur, choisit avec mystère ;
Elle observe en silence et craint de s’avancer ;
Elle écarte les fleurs, de peur de s’y blesser.
Choisissant la raison pour conseil et pour guide,
Elle voit par ses yeux et marche sur ses pas :
Son abord est craintif, son regard est timide ;
Elle attend, et ne prévient pas.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alexandre Sulimov

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