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Poésie

Posts Tagged ‘douceur’

Oui au … (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2019




    
Oui au désir mais avec respect.
Oui à la force mais avec douceur.
Oui au corps, mais avec l’esprit.
Oui à la prise, mais avec l’offrande, avec le partage.
Oui à l’altérité, mais il faut un accord.
Oui à la différence, mais il faut l’harmonie.

Autrement c’est raté.

Il faut avoir de la patience,
accepter la longueur du travail
que suppose l’approche de l’autre,
qui est toujours très différent ou très différente.

Être honnête, avoir de la probité, ne pas tricher, ne pas mentir.
Être très attentif à l’autre.
Se livrer au dialogue sans mensonge.

Autrement c’est raté.

Ne pas compter.
S’ouvrir à l’autre.
Souhaiter faire équipe avec l’autre.

Autrement c’est raté.

(Michel Serres)

 

Recueil: L’amour, chronique du 14 février 2010 / Petites chroniques du dimanche soir 4 – Janvier 2009-Juin 2010
Traduction:
Editions: Le Pommier

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Répit (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Leopold Survage _melancolie-11591-450-450

Répit

C’était l’anniversaire d’un grand amour.
La littérature se fanait derrière les vitrines des librairies.
Les chats ronronnaient contre la douceur de mon tweed.
Les trottoirs des avenues fleurissaient.

C’était l’anniversaire d’un grand amour.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Leopold Survage

 

http://images.google.fr/search?hl=fr&site=imghp&tbm=isch&source=hp&biw=1600&bih=772&oq=Leopold+Survage+&gs_l=img.12..0i19.556.556.0.1784.1.1.0.0.0.0.110.110.0j1.1.0…0.0…1ac.1.15.img.mDM93ZryQC4&q=Leopold%20Survage

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Comme en septembre à Sceaux (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019



Illustration
    
Comme en septembre à Sceaux

Aujourd’hui je descends et j’atteins la douceur
c’est d’un sceau qu’il s’agit
plaqué sur fond de veines
aujourd’hui je m’atteins où je passe parfois
et dis-moi
n’est-ce pas de septembre et de brume
que s’emperle ce parc

je –

Marche marche
dès la grille rouillée reculent les allées
dès l’orgueil humilié s’en revient l’oublié
le secret oublié
la douceur oubliée
marche marche
on te fait grâce des années.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Absence (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Absence

Je te laisse : aussitôt
tu circules en moi, cristalline
ou tremblante
ou inquiète, blessée par moi
ou tout d’amour comblée, comme en cet instant
où tes yeux
se ferment sur le présent de la vie
que je ne cesse de t’offrir.

Mon amour,
quand nous nous sommes rencontrés
nous avions soif et nous avons
bu toute l’eau et tout le sang,
quand nous nous sommes rencontrés
nous avions faim
alors nous nous sommes mordus
comme le feu,
il nous en resta des blessures.

Mais attends-moi,
garde-moi ta douceur.
Et je t’offrirai aussi
une rose.

(Pablo Neruda)


Illustration: Salvador Dali

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La haine en été (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019


 

Un oiseau lissait son plumage
on entendait sur le feu cuire
des viandes qui se brunissaient
et les légumes rouges et verts.
Dans une douceur usuelle
la haine montait sous le soleil
et parfois une femme criait
qui par mégarde se brûlait
aux charbons du foyer.
Familles dans la lumière
se lit votre humaine misère.

(Jean Follain)

 

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DOUCEUR (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

DOUCEUR

La feuille morte soutient-elle
la lumière qui l’enchante,
ou est-ce la lumière
qui soutient la feuille enchantée ?

***

SUAVIDAD

¿Sostiene la hoja seca
a la luz que la encanta,
o la luz
a la hoja encantada?

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Le merisier et le poirier (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



Illustration
    
Le merisier et le poirier m’ont pris pour cible,
Sans un raté leur force friable me crible.

Les étoiles et grappes, les grappes et étoiles :
Double pouvoir ? La vérité, dans quels pétales ?

Cet éclat, cette ardeur, est-ce l’air qui se venge
De l’air, succombant sous les coups de plommées blanches ?

Et la double senteur, ô douceur invivable,
Qui est joute et attrait — mélangée, séparable…

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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QUAND M’ACCOMPAGNE (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
QUAND M’ACCOMPAGNE

Quand m’accompagne la pensée
de toi dans cette nuit où je me réfugie,
parfois, loin des horreurs du jour — m’étreint
figé comme statue une telle douceur.

Puis je me lève et reprends mon chemin.
De moi se sont éloignées la jeunesse et la gloire.
Autre souci des autres me sépare.
Mais la pensée de toi, que tu vis, me console
de tout. Tendresse immense,
comme inhumaine…

***

QUANDO IL PENSIERO

Quando il pensiero di te mi accompagna
nel buffo, dove a volte dagli orrori
mi rifugio del giorno, per dolcezza
immobile mi tiene come statua.

Poi mi levo, riprendo la mia vita.
Tutto è lontano da me, giovanezza,
gloria; altra cura dagli altri mi strana.
Ma quel pensiero di te, che tu vivi,
mi consola di tutto. Oh tenerezza
immensa, quasi disumana!

(Umberto Saba)

 

Recueil: Comme on cherche un trésor
Traduction: Franc Ducros
Editions: La Dogana

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Les paroles de l’eau (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




    
Les paroles de l’eau

La lumière était de plus en plus lumière
clarté pure et sèche froide avec douceur
pendant que nous montions le chemin des alpages
où les clochettes des vaches tintent nonchalamment
Nous avons pris ensuite le sentier de terre
qui longe la forêt de grands sapins noirs
noirs du noir bleuté d’un plumage de choucas

Tout le long de la route une eau secrète nous parle
visible un instant quand le léger ruisselet traverse
le sentier puis de nouveau cachée mais toujours s’enchantant
parole de fraîcheur patience murmurée
l’incessante la volubile l’eau qui avance à notre pas

Toi dans ma vie ma chantante en sourdine
rire caché dans l’herbe source ma continuelle

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tant j’ai le coeur plein de joie … (Bernard de Ventadour)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




Tant j’ai le coeur plein de joie
Que tout change pour moi dans la nature.
Fleur blanche, vermeille et jaune
Voilà pour moi la froidure,
Avec le vent et avec la pluie
Augmente ma chance.
Aussi mon chant monte et s’élève
Et mon prix devient plus grand.
Tant j’ai d’amour au coeur
De joie et de douceur
Que le gel me semble fleur
Et la neige verdure

***

Tant ai mo cor ple de joya …

Tant ai mo cor ple de joya,
Tot me desnatura.
Flor blancha, vermelh’ e groya
Me par la frejura,
C’ab lo ven et ab la ploya
Me creis l’aventura,
Per que mos chans mont’ e poya
E mos pretz melhura.
Tan ai al cor d’amor,
De joi e de doussor,
Per que-l gels me sembla flor
E la neus verdura.

(Bernard de Ventadour)

Illustration

 

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