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Poésie

Posts Tagged ‘douleurs’

Mystère et Misère (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018


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Le mystère de l’homme est entier il me cache
Le monstre convulsé gueule pleine de sang
Et les plaisirs du monstre et la fumée du sang
Tout ce feu qui pourrit entre des mains infâmes
Ce feu couleur d’espoir qu’on oblige à trahir
Ces larmes ces douleurs qui feront or en barre
Et la confusion terrible des regards

J’ouvre les yeux je vois
La misère est entière
Mais je suis à ma place au milieu de l’horreur
J’oublie le mal j’oublie l’erreur j’oublie la mort
Et comme un regard clair s’ouvrant dans un œil sombre
Le mystère de vie absorbe toute l’ombre.

(Luc Decaunes)

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Les jardins (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017




Les jardins

S’épuiser à chercher le secret de la mort
fait fuir le temps entre les plates-bandes
des jardins qui frémissent
dans leurs fruits rouges
et dans leurs fleurs.
L’on sent notre corps qui se ruine
et pourtant sans trop de douleurs.
L’on se penche pour ramasser
quelque monnaie qui n’a plus court
cependant que s’entendent au loin
des cris de fierté ou d’amour.
Le bruit fin des râteaux
s’accorde aux paysages
traversés par les soupirs
des arracheurs d’herbes folles.

(Jean Follain)

Illustration: Emile Claus

 

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La servante accouche dans le grenier (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



La servante accouche dans le grenier avec de grandes douleurs.
Et la solitude lui pèse à deux mains sur les cuisses.

(Jean Joubert)


Illustration

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Mon coeur avait en lui les douleurs de Venise (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2016



 

Mon coeur avait en lui les douleurs de Venise
Une ville déchue, une ville qui meurt,
Une ville où le soir lentement s’éternise
La voix d’or du passé dont s’éteint la rumeur,

Une ville de rêve où des canaux prolongent
Leur chemin de silence et de froide douleur
Entre des quais de pierre abandonnés qui songent.
Et mettent dans l’eau sombre un peu de leur pâleur.

Mais voici que, soudain, la cité de mon Ame
A reconquis son faste et son orgueil ancien
Quand vous avez relui, faits d’amour et de flamme,
Soleil roux, toison d’or, drapeau vénitien !

Et mes rêves, baignés du feu des girandoles,
Ont repincé le luth sous la lune en halo,
Et j’ai senti le soir des fuites de gondoles
Qui passaient sur mon coeur étoilé comme l’eau !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Roger Suraud

 

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Querelles des amants (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2016



Querelles des amants ! Trahisons des paroles !
Romances qu’on embrouille aux cordes des violes !
Sanglot criard des violons désaccordés!
Querelles ! soupçons noirs dans les coeurs obsédés,
Grandes douleurs pour les causes les plus petites !
Les seuils sont défendus, les portes interdites
Dans le jardin du Rêve où, tout extasiés,
Les amants s’en allaient à travers les rosiers,
Quand leurs pas, accordés en marches fraternelles,
Semblaient se fuir et se chercher — comme des ailes
Mais voici vers l’ancien jardin de leur amour
D’où l’amante fantasque était partie un jour,
Voici qu’émue au bruit des jets d’eau qui s’égrènent
Elle revient; voici les mains qui se reprennent
Et les bouches aussi comme deux fleurs de mai,
Longuement à travers le grillage fermé !

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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