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Poésie

Posts Tagged ‘douloureuse’

LE REPOS (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



 

Degas 21

LE REPOS

Le bronze grave étreint de son sommeil pesant
Ton corps au geste las et ta face verdie;
Et quelle douloureuse et douce tragédie
T’a faite la statue où tu dors à présent?

Le marbre de ton socle est rouge et l’on y sent
Partout la pourpre encor d’une tache agrandie;
Est-ce la flèche aiguë ou la hache hardie
Qui t’a couchée ainsi plus belle dans ton sang?

Le bronze jaune et vert qui souffre et qui suppure,
Dont s’aigrit la patine et suinte la coulure,
Sculpte de ton repos un cadavre éternel;

Et la matière où tu survis te décompose;
Mais, puisque tendre fut ton Destin ou cruel,
Laisse croître à tes pieds la ciguë ou la rose.

(Henri De Régnier)

Illustration: Edgar Degas

 

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Mon berceau, béni du Ciel (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Mon berceau, béni du Ciel,
Fut une ville sombre près d’une rivière menaçante,
La solennité de mon lit nuptial,
Au-dessus duquel tenaient des couronnes
Tes jeunes séraphins,
Fut une ville aimée d’un amour amer.

La tribune où j’ai prié,
Ce fut toi, sévère, calme, brumeuse.
Là mon fiancé m’est apparu;
Il m’a montré mon chemin lumineux,
Et ma Muse douloureuse
M’a menée comme une aveugle.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Nathan Altman

 

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La ténébreuse luminosité des rêves noyés (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




La ténébreuse luminosité des rêves noyés.
Eau douloureuse.

(Alejandra Pizarnik)

 

 

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Je n’ai pas su (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



Je n’ai pas su, dans le brouillard, saisir
Ton image douloureuse et fragile.
« Seigneur ! » ai-je dit par erreur,
Sans vouloir prononcer ce mot.

Le nom divin, comme un oiseau immense,
S’est échappé de ma poitrine.
Devant moi les volutes d’un brouillard épais,
Et derrière moi une cage vide.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: William Blake

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Ton image douloureuse et mouvante (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



Ton image douloureuse et mouvante,
Je n’ai pu dans la brume la toucher.
« Seigneur ! » — ai-je dit par mégarde,
Ne voulant pas dire cela.

Le nom divin comme un oiseau
S’est échappé de ma poitrine !
Devant, le brouillard s’épaissit,
En arrière : une cage vide…

(Ossip Mandelstam)


Illustration

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Si les coeurs pouvaient s’échanger (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



 

Abraxsis Der Jen b

Si les coeurs
Pouvaient s’échanger
Mon amant apprendrait
Combien un amour non partagé
Est chose douloureuse!

(Anonyme)

Illustration: Abraxsis Der Jen

 

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APAISEMENT NOCTURNE (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

Franz Skarbina  79

APAISEMENT NOCTURNE

Le souffle lent du soir défleurit les lilas
Amoncelant au pied d’odorantes jonchées
De ces petites fleurs qui craquent sous mes pas.

Mon âme est douloureuse et mon coeur est très las.
Sur la toiture, des colombes sont perchées
Attristant l’air du soir d’un long roucoulement ;
Il tombe de leur bec des plumes arrachées.

Il neige dans mon coeur des souffrances cachées.

Au bassin, le jet d’eau rejaillit tristement
Ridant l’onde qui dort de cercles concentriques,
Et les plantes du bord ont un tressaillement.

Au cour les souvenirs pleurent confusément.

Voici la nuit qui vient et ses folles paniques
Le vent ne souffle plus, le ramier s’est enfui,
Le jet d’eau se lamente en des plaintes rythmiques,

Et tes yeux grands ouverts me suivent dans la nuit.

(Henri de Régnier)

Illustration: Franz Skarbina

 

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La Mer (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018




La Mer

La mer pousse une vaste plainte,
Se tord et se roule avec bruit,
Ainsi qu’une géante enceinte
Qui des grandes douleurs atteinte,
Ne pourrait pas donner son fruit ;

Et sa pleine rondeur se lève
Et s’abaisse avec désespoir.
Mais elle a des heures de trêve :
Alors sous l’azur elle rêve,
Calme et lisse comme un miroir.

Ses pieds caressent les empires,
Ses mains soutiennent les vaisseaux,
Elle rit aux moindres zéphires,
Et les cordages sont des lyres,
Et les hunes sont des berceaux.

Elle dit au marin : « Pardonne
Si mon tourment te fait mourir ;
Hélas ! Je sens que je suis bonne,
Mais je souffre et ne vois personne
D’assez fort pour me secourir ! »

Puis elle s’enfle encor, se creuse
Et gémit dans sa profondeur ;
Telle, en sa force douloureuse,
Une grande âme malheureuse
Qu’isole sa propre grandeur !

(René-François Sully Prudhomme)

Illustration: Brigitte Perrault

 

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Inès (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Jacques Damville (2)

Inès

Je ne dis rien de toi, toi, la plus enfermée,
Toi, la plus douloureuse, et non la moins aimée !
Toi, rentrée en mon sein ! je ne dis rien de toi
Qui soufres, qui te plains, et qui meurs avec moi !

Le sais-tu maintenant, ô jalouse adorée,
Ce que je te vouais de tendresse ignorée ?
Connais-tu maintenant, me l’ayant emporté,
Mon coeur qui bat si triste et pleure à ton côté ?

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Jacques Damville

 

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L’espoir (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Alexandre Jacques Chantron (1842 – 1918)

L’espoir

Je voudrais aimer autrement,
Hélas ! Je voudrais être heureuse !
Pour moi l’amour est un tourment,
La tendresse m’est douloureuse.
Ah ! Que je voudrais être heureuse !
Que je voudrais être autrement !

Vous dites que je changerai :
Comme vous je le crois possible,
Mon coeur ne sera plus sensible ;
Je l’espère, car je mourrai.
Oui ! Si la mort peut l’impossible,
Vous dites vrai, je changerai !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alexandre Jacques Chantron

 

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