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Posts Tagged ‘douve’

AUX DOUVES DES ÉTOILES (Christian Moriat)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



 

 


AUX DOUVES DES ÉTOILES

Pour habiter votre regard,
Je laperai l’eau de vos silences,
A l’archet de mes bras.
Et avant que ne s’éteignent
Les derniers ricochets du soleil,
Aux miroirs des blés,
Je m’écouterai vous penser,
Faisant avec vous ce voyage immobile,
Qui nous conduira à l’estran
De vos tout premiers frissons…
Vous m’apparaîtrez alors,
En votre éveil naissant,
Brodant le sable du sentier
A la dentelle de vos pas,
La tête encore couronnée de songes dorés,
A l’éclosion d’une plage de lumière.
Puis vous me laisserez boire
Aux racines de votre image
Et l’arche de votre sourire de rose
Traversera les estives de la nuit,
Pour rejoindre les herbiers de nuages,
Là où se repaît le cheptel des grandes espérances…
Enfin, quand la terre épousera la cambrure du firmament,
Je dessinerai au fusain de mes doigts,
Les nervures de notre amour,
Qui vous emporteront, le temps d’une caresse,
Jusqu’aux douves des étoiles.

(Christian Moriat)

Voir son site ici

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Les douves (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
Les douves

J’irai cueillir la fleur que cerne l’eau des douves
Avec sa pâleur morne, avec sa chair lunaire
Dans l’ombre sans merci des créneaux qui la couve
S’ouvrant comme une étoile au pré crépusculaire.

J’irai cueillir la fleur où mon rêve se frôle,
La fleur hiératique et que sertit la maille
D’un vitrail reflétant au ras des vases molles
Quelque écusson brisé dont le fronton s’écaille,

Et dont la splendeur morte au creux des joncs se terre.
La livide corolle en son odeur de fièvre,
Mes doigts la saisiront, effeuillant son mystère,
Et son pollen glacé parfumera ma lèvre.

Alors s’évoquera à son malsain arôme
Le couple enseveli par les verts marécages,
Et j’y verrai dormant les humides fantômes
De la reine adultère et de son jeune page,

Partageant à jamais, telle qu’ils l’ont choisie,
Avec son traversin sombre, la même couche,
Grisés du même amour où leur coeur s’extasie,
Rigides, les yeux clos, et bouche contre bouche.

(Marie Dauguet)

 

 

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Retouche à la prière (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017



 

Illustration: Paul Delvaux
    
retouche à la prière

après l’amour au beau ciel nu
passif et si lointain
l’âme erre en son château
serré dans les douves de larmes
et la pluie des couleurs sur les arbres en plomb
fait un vitrail de son chagrin

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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Qu’est-il besoin de mots, quand l’amour a fait le coeur ivre ? (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



 

    

Qu’est-il besoin de mots,
quand l’amour a fait le coeur ivre ?

J’ai refermé mon manteau sur Le diamant;
pourquoi de nouveau l’ouvrirai-je ?

Le plateau de la balance montait tant que sa charge était légère :
à présent que le voici plein qu’ai-je besoin de vérifier la pesée ?

Le cygne a pris son vol vers les lacs par au-delà de la montagne ;
qu’importent pour lui désormais les bassins et les douves ?
C’est en toi que vit ton Seigneur;
tes paupières de chair pourront bien se fermer.

« Mon frère, écoute ! Mon Seigneur,
qui ravit mes yeux, s’est uni lui-même avec moi »
dit Kabîr.

***

Where is the need of words,
when love has made drunken the heart ?

I have wrapped the diamond in my cloak;
why open it again and again?

When its load was light, the pan of the balance went up :
now it is full, where is the need for weighing?

The swan has taken its flight to the lake beyond the mountains;
why should it search for the pools and ditches any more ?
Your Lord dwells within you : why need your outward eyes be opened?

Kabîr says : « Listen, my brother! my Lord,
who ravishes my eyes, has united Himself with me. »

(Kabîr)

 

 

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Retour à la reddition (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



retour à la reddition

le rêve est un lierre sur les ruines du jour
la nuit porte en alliance l’eau des douves

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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Au fond de l’étang il y a le château englouti (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



chateau-englouti-1

Au fond de l’étang il y a le château englouti
où les fées de l’eau dansent
elles s’entremêlent aux algues
leurs volutes en oblique submergent la surface
aux profondeurs
un vent liquide fait claquer les oriflammes
à la dérive
la Dame aux voiles noirs pleure au donjon
tandis que des tournois refluent
à distance
au bout des ruelles filtrent des plaintes étouffées
ce sont des êtres morts brassant le vide
l’élément empêche de voir l’action
il n’y a pas de scène
seulement des personnages de songe
et des animaux fabuleux
La herse végétale retombe avec un bruit d’ailleurs
des corps inconnus filent en transparence
du sang goutte sur les pierres et la mousse
des spectres fracassés passent au loin
des femmes d’un autre âge et des hommes en armes
se croisent en souriant étranges
et disparaissent dans des méandres invisibles
toutes les chimères peuplent les collines de sable
des avalanches de monstres et de bêtes connues jadis
s’élèvent en lames de fond
les filles mouvantes se couchent aux douves

(Jean-Claude Demay)

 

 

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Le Paradis (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2016



Tous, ils parlent d’y aller,
Mais je ne sais où est leur Paradis!
Ils ne connaissent pas le mystère de leur propre moi,
Et ils font la description du Paradis!

Tant que l’âme gardera le désir du Paradis,
Aussi longtemps, elle ne pourra faire sa demeure aux pieds
du Seigneur.

Ses douves, sa citadelle, ses remparts, je les ignore,
Je ne connais pas la porte du Paradis!

Kabîr demande: maintenant, que peut-on encore dire?
La compagnie des saints, voilà le Paradis!

(Kabîr)


Illustration: Rodolpho Arellano

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Préambule (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2016



Préambule

Ce corps qui est moi
et qui ne l’est pas
me cherche noises
me décortique de haut en bas,
petite eau claire
je subis l’air
sans faire de vagues.
Mes cils neigent
mes dents ont la chair de poule,
mon sourire grille
comme une ampoule
et mes seins boudent
d’une mine pincée
de crayons mal taillés,
tout est plus blanc
qu’une craie d’école.
Objet parmi tant d’autres
après le lit, les verres, les chaises
qui ne savent pas ce qu’ils attendent
je suis la seule cassable
la seule inutile
la seule
apte au départ.
Les douves du désir
sont remplies d’anguilles.
Je dis que j’ai froid
pour fuir la brûlure de ta main.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

Illustration: Dominique TREMOIS-CHAZOT

 

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Douve (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2016



Tue cette voix qui criait à ma face
Que nous étions hagards et séparés,
Murés ces yeux: et je tiens Douve morte
Dans l’âpreté de soi avec moi refermée.

Et si grand soit le froid qui monte de ton être,
Si brûlant soit le gel de notre intimité,
Douve, je parle en toi; et je t’enserre
Dans l’acte de connaitre et de nommer .

(Yves Bonnefoy)

Illustration: Ibara

 

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Intérieur (Léon-Paul Fargue)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2015



Aleksandr Deineka 160 [1280x768]

Intérieur

Des toiles, des choses sèches pendent aux poutres…
Le vieux fusil dort fixement
Au mur clair…
Rêve à ton gré. Tout est comme autrefois.
Écoute…
La haute cheminée
Fait sa plainte ancienne et son odeur éteinte
Et tasse son échine de vieil oiseau noir…
Elle porte encore au front ses images d’âme crue
Et ses vases de loterie aux prénoms d’or…
Et l’horloge recluse dans l’ombre et la bure
Berce son cœur avec une douceur obscure…

Pareils à des visages ronds de spectateurs
Les plats se penchent aux balcons du vieux dressoir
Où des files de fruits qui font la chaîne, fleurent
Dans leur ruelle d’ombre couleur d’aubergine…
J’ouvre un tiroir où je vois passer des noix vides,
Un gros couteau à vingt lames, qui contient tout,
Et l’ombre de mes mains qui glisse sur les choses…
Et ce sont des couleurs vivantes, refroidies…
Et ce sont des odeurs d’intimités suries…
Ça sent la malle, et le poivre des vieux départs,
Et le livre de classe, et la chapelle éteinte…

Un vent tiède pousse des guêpes
Frapper à la lucarne bleue…
Un grand chat doucement passe comme on chuchote,
Et vous lève un regard où veille l’ennui sage
Du soleil dans la douve aux lentilles d’or vert…

Sois calme. Tout est là comme autrefois.
Écoute…

(Léon-Paul Fargue)

Illustration: Aleksandr Deineka

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