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Poésie

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Moment cendré de l’étendue (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Moment cendré de l’étendue
Chancelant

Et notre pauvreté nous vient d’un même exil
Dans le temps

Grandir a dissipé le seul voyage
Entre l’arbre et le seuil
Entre nos mains

Désormais c’est l’herbe qui nous dure
Sa cécité très douce à nos pas retranchés

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre
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Profanation (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Profanation

Mais tes doigts profanes déchirent l’adagio
De ruisseaux en ruisseaux
Montés comme des fleuves

Mille fracas trop purs d’eau pure dans une eau
Tu cherchais l’étendue marine de ton nom
Douceur de ces rochers de sel et de splendeur
Où tout un corps d’eau douce se mêle au rire des vagues

À tes lèvres un cri pousse ta voix lointaine
Profané, tu es seul, naufragé, creux du coeur
Tu es seul, tu es nu, et je perçois tes mains
Elles sont dans la douleur de lampes qui s’éteignent

Referme enfin ce feu qui se faisait ravir
Pour à la fin ce coeur de vague perfection.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Quoique nous le voyons fleurir (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Quoique nous le voyons fleurir

Quoique nous le voyions fleurir devant nos yeux
Ce jardin clair où nous passons silencieux,
C’est plus encor en nous que se féconde
Le plus candide et doux jardin du monde.

Car nous vivons toutes les fleurs,
Toutes les herbes, toutes les palmes
En nos rires et en nos pleurs
De bonheur pur et calme.

Car nous vivons toute la joie
Dardée en cris de fête et de printemps,
En nos aveux où se côtoient
Les mots fervents et exaltants.

Oh! dis, c’est bien en nous que se féconde
Le plus joyeux et doux jardin du monde.

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Les heures claires
Traduction:
Editions:

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Les oies sauvages (Mary Oliver)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Les oies sauvages

Tu n’as pas à faire preuve de bonté.
Tu n’as pas à faire pénitence
et parcourir cent kilomètres sur les genoux dans le désert.
Il te suffit de laisser le doux animal de ton corps aimer
ce qu’il a envie d’aimer.
Parle-moi de désespoir, de ton désespoir, et je te parlerai du mien.
Pendant ce temps, la Terre continue de tourner.
Pendant ce temps, le soleil et les perles limpides de la pluie
traversent les paysages,
balayant les prairies et les arbres enracinés,
les montagnes et les rivières.
Pendant ce temps, là-haut, dans le bleu pur du ciel,
les oies sauvages reviennent, une fois encore, au pays.
Qui que tu sois, quelle que soit la profondeur de ta solitude,
le monde s’offre à ton imagination,
comme les oies sauvages, il t’appelle de son cri strident
et exaltant.
Sans cesse, il proclame ta place
au sein de la famille des choses de l’univers.

***

Wild Gees

You do not have to be good.
You do not have to walk on your knees
for a hundred miles through the desert repenting.
You only have to let the soft animal of your body
love what it loves.
Tell me about despair, yours, and I will tell you mine.
meanwhile the world goes on.
meanwhile the sun and the clear pebbles of the rain
are moving across the landscapes,
over the prairies and the deep trees,
the mountains and the rivers.
meanwhile the wild geese, high in the clean blue air,
are heading home again.
Whoever you are, no matter how lonely,
the world offers itself to your imagination,
calls to you like the wild geese, harsh and exciting –
over and over announcing your place
in the family of things.

(Mary Oliver)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Comme toi (Roque Dalton)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Comme toi,
j’aime l’amour, la vie, le doux enchantement
des choses, le paysage
céleste des jours de janvier.

Aussi, mon sang bout
et mes yeux rient
qui ont connu le jaillissement des larmes.

Je crois que le monde est beau,
que la poésie est comme le pain, pour tous.

Et que mes veines ne finissent pas en moi
mais dans le sang unanime
de ceux qui luttent pour la vie,
l’amour,
les choses,
le paysage et le pain,
la poésie pour tous.

***

Yo, como tú,
amo el amor, la vida, el dulce encanto
de las cosas, el paisaje
celeste de los días de enero.

También mi sangre bulle
y río por los ojos
que han conocido el brote de las lágrimas.

Creo que el mundo es bello,
que la poesía es como el pan, de todos.

Y que mis venas no terminan en mí
sino en la sangre unánime
de los que luchan por la vida,
el amor,
las cosas,
el paisaje y el pan,
la poesía de todos.

***

Like you I
love love, life, the sweet smell
of things, the sky-
blue landscape of January days.

And my blood boils up
and I laugh through eyes
that have known the buds of tears.
I believe the world is beautiful
and that poetry, like bread, is for everyone.

And that my veins don’t end in me
but in the unanimous blood
of those who struggle for life,
love,
little things,
landscape and bread,
the poetry of everyone.

(Roque Dalton)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: oemas Clandestinos/Clandestine Poems
Traduction: Jack Hirschman
Editions: Curbstone

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Tu devrais tenter l’autre rive (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



Illustration
    
Tu devrais tenter l’autre rive,
où les mères sont douces
et caressent les yeux jusqu’à ton sommeil.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Je voudrais te retrouver (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



JE VOUDRAIS TE RETROUVER dans le vallon
Près des chemins du jardin où l’on peut
Dire des prières. J’ai beaucoup changé
Mon cœur s’ouvre. Et ton fameux visage
Serait le doux, le même, le vrai comme autrefois.
— La mort, répond le vent magnifique des tombes.

(Pierre Jean Jouve)


Illustration: Anne-François-Louis Janmot

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LA FLÛTE D’AUTOMNE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
LA FLÛTE D’AUTOMNE
Thou-Fou

Pauvre voyageur, loin de la patrie, sans argent et sans amis,
tu n’entends plus la douce musique de la langue maternelle.

Cependant, l’été est si brillant, la nature étale tant de richesse, que tu n’es pas pauvre ;
et le chant des oiseaux n’est pas, pour toi, une langue étrangère.

Mais lorsque tu entendras le cri de la cigale, cette flûte de l’automne ;
quand tu verras les nuages, roulés par le vent, dans le ciel, ta douleur n’aura plus de bornes,

Et mettant la main sur tes yeux,
tu laisseras ton âme s’enfuir vers la patrie.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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AMOUR DE MAI (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
AMOUR DE MAI

Le chien du boulanger
Est maigre comme un clou,
Mais celui du boucher
Est gras et rond comme une pomme de terre.

Petite mère, prenez garde à vous,
Petite mère, prenez garde à vous.

Ô que la vie est douce
Sur ce vieux banc de frêne.
Qu’il me soit pardonné,
J’y ai beaucoup aimé :

Un visage si pur,
Des yeux clairs, une eau calme,
Un moineau sur un mur…

Petite mère, prenez garde à vous,
Petite mère, prenez garde à vous.

Mon coeur est si léger
Que je l’entends à peine,
Mon coeur est si léger
Quand il n’a pas de peine;

— Mais il n’est plus tout, tout à vous
Petite mère, prenez garde à vous —

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHANSON D’HEUREUX MARIAGE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



    

CHANSON D’HEUREUX MARIAGE

Viens-t’en ma Jeannette
Entre chien et loup,
Avec la musette
Les soirs seront doux.

Manger des châtaignes,
Boire du vin doux,
Parler de la noce,
Qui sonnera pour nous.

Avec la musette
C’est toujours la fête.

Nous achèterons un âne
Ni long, ni rond : un pousse-cailloux
Pour promener notre femme
Sur la route de Charroux.

Avec la musette
Les soirs seront doux.

Même si nous portons des cornes,
Nous ne serons point jaloux.
Ça pousse quand on s’amuse
Au son de la cornemuse.

Avec la musette
C’est toujours la fête.

Cornes branchues comme houx,
C’est bon signe pour l’époux.
C’est que la femme est jolie,
Quand elle n’est pas toute à vous.

Avec la musette
C’est toujours la fête,
Avec la musette
Les soirs seront doux.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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