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Poésie

Posts Tagged ‘drapé’

Lilas (Georges Friedenkraft)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



 


    
Lilas citadelle
de bucolique candeur
te voilà drapé.

(Georges Friedenkraft)

 

Recueil: Images d’asie et de femmes – poèmes pour l’exotisme en amour
Traduction:
Editions: De la Jointée

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Notre Dame des Neiges (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Ingres  sainte-marie-mere-de-dieu

Hommage aux anges
[30]

Nous voyons sa main sur son giron,
lissant la soie vert pomme

ou la soie reinette grise ;
nous voyons sa main sur sa gorge,

touchant un talisman
rapporté de Jérusalem par un croisé ;

nous voyons sa main dénouer un voile syrien
ou poser un châle vénitien

sur une table polie qui reflète
une demi colonne miniature brisée ;

nous la voyons regarder au-delà d’un miroir
par une fenêtre ouverte,

où barque suit barque lente sur le lagon ;
il y a des fleurs blanches sur l’eau.

[31]

Mais aucune d’elles, aucune d’elles
ne l’évoque comme je l’ai vue,

bien que nous atteignions peut-être
un peu de sa bienfaisance tranquille

dans la gracieuse gentillesse
des sirènes de marbre de Venise,

qui grimpent l’escalier de l’autel
à Santa Maria dei Miracoli,

ou nous l’acclamons sous le nom
d’une autre à Vienne,

Maria von dem Schnee,
Notre Dame des Neiges.

[32]

Car je peux dire en vérité,
ses voiles étaient aussi blancs que neige,

tellement qu’il n’y a foulon au monde
qui sût ainsi blanchir ; je peux dire

qu’elle avait l’air belle, avait l’air jolie,
elle était vêtue d’une robe longue

jusqu’aux talons, mais pas
ceinte d’une ceinture d’or,

il n’y avait ni or, ni couleur,
il n’y avait pas de reflet dans l’étoffe,

ni ombre d’ourlet et de couture,
dans le drapé jusqu’au sol ; elle ne portait

aucun de ses attributs habituels ;
l’Enfant n’était pas avec elle.

***

But none of these, none of these
suggest her as I saw her,

though we approach possibly
something of her cool beneficence

in the gracious friendliness
of the marble sea-maids in Venice,

who climb the altar-stair
at Santa Maria dei Miracoli,

or we acclaim her in the name
of another in Vienna,

Maria von dem Schnee,
Our Lady of the Snow.

For I can say truthfully,
her veils were white as snow,

so as no fuller on earth
can white them; I can say

she looked beautiful, she looked lovely,
she was clothed with a garment

down to the foot, but it was not
girt about with a golden girdle,

there was no gold, no colour
there was no gleam in the stuff

nor shadow of hem and seam,
as it fell to the floor; she bore

none of her usual attributes;
the Child was not with her.

We see her hand in her lap,
smoothing the apple-green

or the apple-russet silk;
we see her hand at her throat,

fingering a talisman
brought by a crusader from Jerusalem;

we see her hand unknot a Syrian veil
or lay down a Venetian shawl

on a polished table that reflects
half a miniature broken column;

we see her stare past a mirror
through an open window,

where boat follows slow boat on the lagoon;
there are white flowers on the water.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Ingres

 

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Ô BEAUTE INALTERABLE (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Elizaveta Porodina
    
Ô BEAUTE INALTERABLE, inexplicable
Intouchable dans le drapé du sein et inoubliable
Harmonie en absurde infini et hautaine et vibrante non moins fulgurante adorante
Comme est le corail rose de la femme humaine,
Маtièrе étroite des mystères, que nul amant fils de mystère n’a jamais eu force d’atteindre,
Et froide, au milieu de tes astres de feinte :
Оn te nomma éternité, on ne te rencontra jamais en un jour non mortel d’amour,
On ne te posséda jamais, оn eut désir de ton amour, de ton inaccessible amour.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tant de routes sous mon bâton (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Illustration: Giacometti

    
Tant de routes sous mon bâton
et tant de maisons d’eau claire
où les gerbiers formant le cercle,
perdent la tête de leurs graines
dans des gâteaux de Royauté.

Tant de lits drapés de lavande
où parfois un sachet de sang
parfume mes nuits d’un éveil.

Tant de poussière accumulée
sur le passage de l’été,
tant de pierres dans les rivières
jetées pour compter les journées.

Tant d’arbres de douce écorce,
tant de feuillage contre le ciel,
tant de regards sous son ombre.

Et tout cela qui se taisait
dans le charnier de mon silence,
épris d’une eau fondue des neiges
et d’une fille encore acide.

L’été roule ses millions d’yeux
et ses fumées de forêt morte,
où ont dansé les nains de flammes
au bras de vierges dévêtues.

Je cherche encore une racine
qui médite des feuilles si longues
que l’ombre sur le soleil
n’ait plus besoin d’être doublée
pour y dormir tous mes travaux.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Jadis, alors que je gisais dans une cave (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Jadis, alors que je gisais dans une cave,
Avec un cadavre comme feuille de papier,
Éclairé au plafond par la neige phosphorescente –
J’ai écrit avec un morceau de charbon
Un poème sur le cadavre de papier de mon voisin.
Maintenant, il n’y a même plus un cadavre, –
Blancheur déshonorée,
Drapée dans de la suie.

(Avrom Sutzkever)

Illustration

 

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L’automne encore (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



 

L’automne encore
le drapé des champs
à l’infini la fuite des sillons
Les graines à leur métier
la friche
ses pierres saignées à blanc
dans la quiétude de la terre

(Georges Bonnet)

 Illustration: Claude David

 

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Drapés de laques (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



Drapés de laques

C’est l’enveloppement d’un ciel du soir
autour des épaules de l’horizon
puis l’ombre se cristallise en braises
d’où germe un rosier de flammes
qui lèchent et carbonisent la forêt
C’est une agitation de bannières
devant les sillons qui se tordent
sous la fumée des feuilles mortes
roulement de vagues mouillées
dans le chuchotement de l’automne
C’est une rafale de neige
douce comme une caresse
au long des jambes du paysage
qui se blottit au creux du lac
entre les portes des glaciers
C’est une étole de cristaux
taillés en écailles si fines
qu’elles ruissellent sur les yeux
au moindre pas le long des falaises
dans le vertige des embruns

(Michel Butor)

Illustration: Géraldine Potron

 

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L’abîme insondable (Miguel Espejo)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



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L’abîme insondable

J’attends avec anxiété
que des jambes inconnues
ouvertes à l’infini
me capturent et me dévorent
Mais je ne pourrai jamais les combler
et je boirai en silence
les cascades qui jaillissent de leur centre
drapé dans des entrelacs de chair
qui jamais ne me donneront de réponse.

(Miguel Espejo)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Mtysz

 

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PARLE-MOI (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2016



PARLE-MOI

Donne-moi la brise en les feuilles rieuses,
Et le vent qui court en poussière aux chemins,
Et l’arôme sain des flores pieuses,
Tous les hiers et les demains;

Donnez-moi le poème des fleuves graves,
Le regard placide des lacs oubliés,
Le rêve intraduit des heures suaves
Où nos regrets sont palliés;

Donnez-moi l’Océan, en la nuit, qu’on écoute
— En la nuit des yeux clos ou des astres voilés —
Donne-moi l’aveu de ton âme toute
Et le son de tes songes parlés;

Parle-moi de ta voix aux gammes réelles
— Que m’importe, à présent, la banale victoire:
J’ai songé vingt ans à des choses mortelles,
Et l’Ombre m’a drapé de ses langes de gloire.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Une humidité lourde (Julien Gracq)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2015




Une humidité lourde traînait au ras du sol,
couvrant les moellons d’un drapé de mousse qui feutrait les bruits,
laissant tinter seulement le son très clair de l’eau
qui filtrait partout en ruisselets rapides sur les pierres,
dans l’égouttement nonchalant qui suinte d’une fin de bombardement ou d’incendie.

(Julien Gracq)

 

 

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