Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘dressé’

Chanson de vacances (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2021



Chanson de vacances

Village muré
Murailles dorées
Enclos de soleil
Feu d’herbes en forêt.

Brune caressée
Au lit odorant
Ailée adorant
Un sexe dressé.

Le jour et la nuit
La terre et l’écume
L’amour et le fruit
Le lait et la lune.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dressés (Fernando Bronchal)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



 

Kathryn Jacobi  Chorus_study__addendum_

Dressés
Nous nous sommes plantés

dressés comme des arbres
qui lèvent bien haut
leur cime
au milieu du temps

nos racines creuseront
jusqu’au feu
et nos regards troueront
le ciel
et nous crierons
le mot ensemble

et nous ne mourrons pas

(Fernando Bronchal)

Illustration: Kathryn Jacobi

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

RACINES (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020



RACINES

Arbre
L’âme
Si solidement
Arrimée
En sa terre
Native
En cet infini
Des ciels de son cœur
Douceur
D’inexpugnable
Et si fragile
L’âme
Quand broyé
L’humus des souvenirs
Déchiquetés
Quand dévasté
Le sol de toujours
Le sol de l’amour
Qui dira l’exil
Des racines dressées
Nues

(Kristel Saint-Cyr)

Découvert ici: https://kristelsaintcyr.com/

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’arbre de proue dressé (Robert Guiette)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



L’arbre de proue dressé
dans la fausse lueur
du fond des eaux
depuis des millénaires

Et cet appel au fond de mon coeur
d’anciens déserts
et de la solitude des flots
bafoué par toute régularité

(Robert Guiette)

Illustration: Mathieu Levis

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ARBRE FRAPPE (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2019



L’ARBRE FRAPPE

I
La foudre spacieuse et le feu du baiser
Charmeront mon tombeau par l’orage dressé.

II
Enlevé par l’oiseau à l’épaisse douleur,
Et laissé aux forêts pour un travail d’amour.

(René Char)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ESPRIT TUTÉLAIRE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



Illustration
    
L’ESPRIT TUTÉLAIRE

L’esprit est étrange
Qui regarde avec mes yeux,
Travaille de mes mains,

Dont l’élan attise ma poussière
Et dans mon âme affirme
Ses certitudes.

Mais je peux fermer à tout ce qu’il connaît
L’esprit éternel,

Nier
L’amour qui bouge en moi
Quand l’esprit souffle.

Ceci, mon être
Dressé depuis le commencement du temps,
Que cette puissance l’utilise.

***

THE TUTELARY SPIRIT

The mind is strange
That looks out of my eyes
Labours with my bands,

Whose impulse surs my dust
And in my soul affirms
Its certainties.

Yet I can close
The eternal mind to all it knows,

Dent’
The love that moves in me
When the spirit blows.

This my being
Raised up from lime’: beginning
May the power use.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le chat noir (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018




    
Le chat noir

Un fantôme est encor comme un lieu
où ton regard se heurte contre un son;
mais contre ce pelage noir
ton regard le plus fort est dissous :

ainsi un fou furieux, au paroxysme
de sa rage, trépigne dans le noir
et soudain, dans le capitonnage sourd
de sa cellule, cesse et s’apaise.

Tous les regards qui jamais l’atteignirent,
il semble en lui les recéler
pour en frémir, menaçant, mortifié,
et avec eux dormir.

Mais soudain, dressé vif, éveillé,
il tourne son visage — dans le tien :
et tu retrouves à l’improviste
ton regard dans les boules d’ambre
jaune de ses yeux : enclos
comme un insecte fossilisé.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ô mon Dieu, ne sera-t-il jamais possible (Valéry Larbaud)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018




    
Ô mon Dieu, ne sera-t-il jamais possible
Que je connaisse cette douce femme, là-bas, en Petite Russie,
Et ces deux amies de Rotterdam,
Et la jeune mendiante d’Andalousie
Et que je me lie avec elles
D’une indissoluble amitié?
(Hélas, elles ne liront pas ces poèmes,
Elles ne sauront ni mon nom, ni la tendresse de mon coeur;
Et pourtant elles existent, elles vivent maintenant.)
Ne sera-t-il jamais possible que cette grande joie me soit donnée,
De les connaître?
Car je ne sais pourquoi, mon Dieu, il me semble qu’avec elles quatre,
Je pourrais conquérir un monde!

(Valéry Larbaud)

 

Recueil: Les Poésies de A.O. Barnabooth
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DROIT (Philippe Jones)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



DROIT

C’était le temps des grandes pluies,
pavés gras et fusils brillaient
et les paroles vénéneuses,
portes et serrures grinçaient.

Sur tout un continent les feuilles
tombaient avec indifférence.
Contre la grille il était grand
pâle, cheveux gris de silence.

Les yeux sans brume il souriait
les yeux au delà du voyage,
c’était la veille de sa mort
il souriait, les yeux sans âge.

C’était le temps des grandes hontes,
où les prisons étaient le port
d’hommes dressés, d’hommes vivants.

Il marchait droit, il marche encore

(Philippe Jones)

Illustration: Alberto Giacometti

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ODE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

ODE

Chair.
Ou un homme au tréfonds d’une femme : clonique
dans la chair du matin.
Et celui qui habite l’enfant
saura que le ventre
est parole
plus nue qu’homme
ou femme.

Dressé à jamais
contre le couperet du vent
qui tombe,

un corps,

mais seulement l’immense
corps de la terre,

comme un homme
qui ramènerait la terre
vers nous,
au-dessus du champ d’épurge radieux
qui point
de l’autre côté
du silence,

l’enfant
qui rampe hors de la bouche
d’effroi.

(Paul Auster)

Illustration: Alain Bonnefoit

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :