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Quand j’aurais du vent dans mon crâne (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2016



Quand j’aurais du vent dans mon crâne

Quand j’aurai du vent dans mon crâne
Quand j’aurai du vert sur mes osses
P’tet qu’on croira que je ricane
Mais ça sera une impression fosse
Car il me manquera
Mon élément plastique
Plastique tique tique
Qu’auront bouffé les rats
Ma paire de bidules
Mes mollets mes rotules
Mes cuisses et mon cule
Sur quoi je m’asseyois
Mes cheveux mes fistules
Mes jolis yeux cérules
Mes couvre-mandibules
Dont je vous pourléchois
Mon nez considérable
Mon coeur mon foie mon râble
Tous ces riens admirables
Qui m’ont fait apprécier
Des ducs et des duchesses
Des papes des papesses
Des abbés des ânesses
Et des gens du métier
Et puis je n’aurai plus
Ce phosphore un peu mou
Cerveau qui me servit
A me prévoir sans vie
Les osses tout verts, le crâne venteux
Ah comme j’ai mal de devenir vieux.

(Boris Vian)

 

 

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Suzon (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2015



 

Cesar Santos 1982 -  Cuban-born Figurative American painter - Tutt'Art@ (19)

[…]

Suzon qui, tresses dénouées,
Chante en peignant ses longs cheveux,
Fait envoler dans les nuées
Tous nos songes et tous nos voeux.

Margot, c’est Glycère en cornette ;
O chimères qui me troublez,
Le jupon de serge d’Annette
Flotte en vos azurs étoilés.

Que m’importe, dans l’ombre obscure,
L’habit qu’on revêt le matin,
Et que la robe soit de bure
Lorsque la femme est de satin

Le sage a son coeur pour richesse.
Il voit, tranquille accapareur,
Sans trop de respect la duchesse,
La grisette sans trop d’horreur.

L’amour veut que sans crainte on lise
Les lettres de son alphabet ;
Si la première est Arthémise,
Certes, la seconde est Babet.

Les pauvres filles sont des anges
Qui n’ont pas plus d’argent parfois
Que les grives et les mésanges
Et les fauvettes dans les bois.

Je ne rêve, en mon amourette,
Pas plus d’argent, ô vieux Paris,
Sur la gaieté de Turlurette
Que sur l’aile de la perdrix.

Est-ce qu’on argente la grâce ?
Est-ce qu’on dore la beauté ?
Je crois, quand l’humble Alizon passe,
Voir la lumière de l’été.

(Victor Hugo)

Illustration: Cesar Santos

 

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Je l’ai vu je vous dis! C’était un lapin blanc (Christian Bouchet)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2015



Je l’ai vu je vous dis!
C’était un lapin blanc
Très pressé mais poli
Et il portait des gants

Vous détournez les yeux
Vous ne me croyez pas
Mais attendez un peu
Payez-moi un repas

Et je vous dis la suite
Il avait pris la fuite
Au fin fond de l’espace
Là où le temps s’efface

Au milieu d’un trou noir!
Servez-moi donc à boire
Mon gosier est tout sec
d’franchir tant de parsecs

Que vous dirai-je encore?
Il fait beaucoup d’effort
Pour arriver à l’heure
Et calmer la fureur

De la grande duchesse
Qui montre une faiblesse
Pour les têtes coupées
Mais la mienne a tournée

L’alcool m’a endormi
Ah! Merci mes amis
Pour ce repas de roi
La suite une autre fois

(Christian Bouchet)

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