Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘duper’

Le Renard et le Corbeau (Isaac de Benserade)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2020



Illustration: Marc Chagall
    
Le Renard et le Corbeau.

Le renard du corbeau loua tant le ramage,
Et trouva que sa voix avait un son si beau,
Qu’enfin il fit chanter le malheureux corbeau,
Qui de son bec ouvert laissa cheoir un fromage.

Ce corbeau qui transporte une vanité folle,
S’aveugle et ne s’aperçoit point
Que pour mieux le duper, un flatteur le cajole :
Hommes, qui d’entre vous n’est corbeau sur ce point.

(Isaac de Benserade)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

À MA DROITE (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2020




    
À MA DROITE

Nous croyons tous
en un Dieu
mais ce qui arrive
n’a pas de nom
Nous sommes comme des ivrognes
devant la nuit –
l’un de nous
fixe trop longtemps son rêve
et devient aveugle
un autre
panse sa vie blessée
un troisième protège
la forme de cire d’une morte contre le matin
qui roule par-dessus les toits
dans un tonneau en feu
C’est un nouveau jour
assourdissant
qui excite la cruauté
Un ange déchu
veille à ma droite
avec des pierres
et des oiseaux morts

Parfois la loi se trompe
la mort tombe dans le piège
dupée comme un gibier
ouvrez le brayon
rendez la liberté
à ce renard enragé
nous avons besoin de ses dents
de la douceur de son pelage
pour aimer

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ô le beau vêtement (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2018



 

La floraison du bâton

[ 1 ]

Ô le beau vêtement,
le bel accoutrement —

ne pense pas à Son visage
ni même à Ses mains,

n’imagine pas comment nous nous tiendrons
devant Lui ;

rappelle-toi la neige
sur Hermon ;

ne regarde pas en contrebas
où la gentiane bleue

renvoie un dessin géométrique
sur la glace flottante ;

ne te laisses pas duper
par la géométrie de la perfection

car en ce moment même,
la terrible bannière

assombrit la tête de pont ;
nous avons montré

que nous pouvions tenir ;
nous avons résisté

à la colère, à la frustration,
au feu amer de la destruction ;

laisse les villes qui brûlent en contrebas
(nous avons fait notre possible),

nous avons donné jusqu’à ne plus avoir à donner ;
hélas, c’était la pitié, et non l’amour que nous donnions

ayant tout donné, laissons tout ;
et surtout, abandonnons la pitié

et montons plus haut
jusqu’à l’amour — résurrection.

***

THE FLOWERING OF THE ROD

O the beautiful garment,
the beautiful raiment—

do not think of His face
or even His hands,

do not think how we will stand
before Him ;

remember the snow
on Hermon;

do not look below
where the blue gentian

reflects geometric pattern
in the ice-floe;

do not be beguiled
by the geometry of perfection

for even now,
the terrible banner

darkens the bridge-head;
we have shown

that we could stand;
we have withstood

the anger, frustration,
bitter fire of destruction ;

leave the smouldering cities below
(we have done all we could),

we have given until we have no more to give;
alas, it was pity, rather than love, we gave;

now having given all, let us leave all;
above all, let us leave pity

and mount higher
to love—resurrection.

(Hilda Doolittle)

 Illustration: Marc Chagall

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les antiques saveurs (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2015




Les antiques saveurs

Avec effroi, j’ai posé une guirlande
de fleurs fraîches et funèbres
sur les cheveux presque allemands
de ma jeunesse :
chaudes soirées
et midis dans un cimetière
saturé du soleil
de ma mère et des enfants nés
en des pays à jamais perdus pour moi.

Blasé, je veux poser une guirlande
de fleurs sèches
sur les cheveux presque grecs
de mon âge adulte:
que les rides de mon front
disparaissent
pour tromper le temps
véritable, éternel,
dans la fraîcheur d’un coeur toujours neuf.

Tout comme, en ces jours lointains,
elles le faisaient des fleurs fraîches
mes mains pourront-elles tresser
des fleurs sèches?
Aujourd’hui je me dupe, hier
j’étais dupé : pourtant si une pensée
légère ou un souci
me harcèle, mon coeur brûle à nouveau
pour les antiques saveurs.

(Pier Paolo Pasolini)

Illustration: Odilon Redon

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :