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Posts Tagged ‘dure’

POEME (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



 

Halina Menaï Bleus -

POEME
Pour le portrait d’un jeune Africain
à la manière de Gauguin.

Tous les tam-tams de la jungle battent dans mon sang,
Toutes les lunes farouches et ardentes de la jungle brillent
au fond de mon âme.
J’ai peur de cette civilisation,
si dure,
si forte,
si froide.

***

POEM
For the portrait of an African boy
after the manner of Gauguin

All the tom-toms of the jungles beat in my blood,
And all the wild hot moons of the jungles shine in my soul.
I am afraid of this civilization—
So hard,
So strong,
So cold.

(Langston Hughes)

Illustration: Halina Menaï

 

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Plus jamais maintenant (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Plus jamais maintenant

Pas maintenant
plus jamais maintenant

L’heure est passée

Maintenant j’ai fermé toutes les portes
et jeté les clés à la mer
Maintenant j’ai réservé mon billet pour partir à l’aube
Maintenant je suis en chemin

Il fut un temps
où tous les chemins de mon corps
auraient eu le nom que tu leur aurais donné
Pas maintenant
Tu les as rendus au néant
au non-sens de choses
juste là

L’heure est passée

équilibre s’est refait du vide
des aubes sans rien
L’équilibre s’est refait
sans toi

Il était une fois
un printemps tout entier
suspendu
à tes gestes

Maintenant il est trop tard
Les arbres ont de nouveau abrité
les pousses
dans leur écorce dure
et ils ont su qu’ils ne pouvaient compter
que sur leurs bras ligneux et
nus

Pas maintenant
j’ai renoncé à toi
je t’ai expulsé de l’acier des miroirs

Tu m’as rendu le profil net et dur
des choses
la pure découpe du silence

***

Agora nunca mais

Agora nâo
agora nunca mais

Passou a hora

Agora jà fechei as portas todas
e atirei as chaves ao mar
Agora marquei bilhete para partir de madrugada
Agora jâ you a caminho

Houve um tempo
em que todos os caminhos do meu corpo
teriam tido os nomes que lhes desses
Agora nâo
Devolveste-os ao nada
ao sem sentido de coisas
existindo

Passou a hora

O equilibrio refez-se do vazio
das madrugadas sem nada
O equilibrio refez-se
sem ti

Houve um tempo
em que uma primavera inteira
esteve suspensa
dos teus gestos

Agora é tarde
As ârvores reabrigaram
os rebentos
na casca dura
e souberam que so podiam contar
com seus lenhosos braços
nus

Agora nâo
desisti de ti
expulsei-te do aço dos espelhos

Devolveste-me o nitido e duro perfil
das coisas
o puro recorte do silêncio

(Teresa Rita Lopes)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Le Vieux Jardinier (Richard von Schaukal)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Le Vieux Jardinier

Dans son jardin de roses
va le vieux jardinier.
Il n’attend rien des jours,
il sent qu’il se fait tard.

Pourtant, de ses mains dures,
il aide la jeune pousse.
La fin, il la sait proche,

– il aime ce qu’il aima.

(Richard von Schaukal)


Illustration: Emile Claus

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À E… (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



À E…

O TOI,
chaude comme l’enfer,
Ô toi, froide comme l’hiver,
Douce et dure, on dirait du fer
Et de la mousse,

Dure et douce comme la mousse
Et le fer, si dure et si douce,
Va ! sois toi-même ! Un vent te pousse.
Vent de printemps

Et vent d’automne, et tant d’autans
Et de zéphyrs sont palpitants
Dans tes grands yeux mahométans
De catholique

Que j’en reste mélancolique
Et joyeux: et sans plus d’oblique
Madrigal, je t’aime !
Ô réplique,
Diable angélique.

(Paul Verlaine)

Illustration: Jose Maria Bernardo

 

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Ce que devient ton cœur sous les pois de senteur (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Ce que devient ton cœur sous les pois de senteur
Tes mains dures et dorées par les saisons elles changent
Ton cœur est sous tes mains et toi sous les fleurs.

(Valérie Rouzeau)

 

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Je vis, je meurs (Louise Labé)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Je vis, je meurs: je me brûle et me noie,
J’ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m’est et trop molle et trop dure,
J’ai grands ennuis entremélés de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure,
Mon bien s’en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

(Louise Labé)


Illustration

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Dans les livres, il y a quelque chose de divin (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016



 

Les choses sont une façade,une croûte.Dieu seul est.
Mais dans les livres, il y a quelque chose de divin.

Le monde est mystère,les choses évidentes sont mystère,
les pierres et les végétaux.

Mais dans les livres peut-être y a-t-il une explication, une clef.
Les choses sont dures, la matière,les gens,les gens sont durs,et inamovibles.

Le livre est souple, il est dégagé. Il n’est pas une croûte.Il émane.
Le plus sale, le plus épais émane. Il est pur. Il est d’âme. Il est divin.

De plus il s’abandonne.

… Dans les livres, il cherche la révélation.
Il les parcourt en flèche.
Tout à coup, grand bonheur, une phrase … un incident… un je ne sais quoi,
il y a là quelque chose…

Alors il se met à léviter vers ce quelque chose avec le plus qu’il peut de lui-même,
parfois s’y accole d’un coup comme le fer à l’aimant.
Il y appelle ses autres notions « venez, venez ».

Il est là quelque temps dans les tourbillons et les serpentins et dans une clarté, qui dit
« c’est là ».

Après quelque intervalle, toutefois, par morceaux, petit à petit,
le voilà qui se détache, retombe un peu, beaucoup, mais jamais si bas que là où il était précédemment.
Il a gagné quelque chose. Il s’est fait un peu supérieur à lui-même.

Il a toujours pensé qu’une idée de plus n’est pas une addition.
Non, un désordre ivre, une perte de sang-froid, une fusée, ensuite une ascension générale.
Les livres lui ont donné quelques révélations.

En voici une :
Les atomes. Les atomes, petits dieux.
Le monde n’est pas une façade, une apparence.
II est : Ils sont, Ils sont, les innombrables petits dieux, ils rayonnent.
Mouvement infini, infiniment prolongé.

(Henri Michaux)

 

 

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Accords (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2016



Accords

Des mains dures
Grattent et creusent les terres rudes
Mains rudes, terres dures
Dures, rudes
Rudes, dures.

Les caresses te plaisent
Le labeur t’apaise,
Terre dure, terre rude,
Caresses des mains dures
Labeur des mains rudes
Rudes, dures
Dures, rudes.

Les caresses te plaisent,
Les frôlements t’apaisent
Fille noire aux seins durs
Caresses des mains rudes
Frôlements des mains dures
Dures, rudes
Rudes, dures.

Puis par couples
Les corps s’épousent souples,
Couples souples,
Souples couples.

Sur la terre rude,
Sur la terre dure
Leurs caresses te plaisent,
Leurs amours t’apaisent
Terre dure, terre rude
Caresses des reins durs
Caresses des mains rudes,
Rudes, dures
Dures, rudes.

(Birago Diop)


Illustration: Pierre-Yves Vigneron

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ACCORDS (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2016



ACCORDS

Des mains dures
Grattent et creusent les terres rudes
Mains rudes, terres dures
Dures, rudes
Rudes, dures.

Les caresses te plaisent
Le labeur t’apaise
Terre dure, terre rude
Caresses des mains dures
Labeur des mains rudes
Rudes, dures,
Dures, rudes.

Les mains rudes
Frôlent et caressent des reins durs,
Mains rudes, reins durs
Rudes, dures,
Dures, rudes.

Les caresses te plaisent,
Les frôlements t’apaisent
Fille noire aux seins durs
Caresses des mains rudes
Frôlements des mains dures
Dures, rudes
Rudes, dures.

Puis par couples
Les corps s’épousent souples,
Couples souples,
Souples couples.

Sur la terre rude
Leurs caresses te plaisent
Leurs amours t’apaisent
Terre dure, terre rude
Caresses des reins durs
Caresses des mains rudes,
Rudes, dures
Dures, rudes.

(Birago Diop)

Illustration

 

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LA ROSE EN SA TENEBRE (10) (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2016




LA ROSE EN SA TENEBRE (10)

Elle a l’air ouverte
Quelques pétales s’écartent comme exprès
Pour nous faire croire

Toucher un sein ne suffit pas
Un sein toujours fermé

Celle des sables au moins est dure
On sait qu’elle éclatera
Blessure toute prête attendant de couper

Céder au doigt comme un oiseau
Etre la plaie la peur l’aurore
On l’imagine deviné
Par la tendresse
Ce n’est pas vrai

(Jean Tortel)

 

 

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