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Poésie

Posts Tagged ‘durée’

Durée (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019


 

Courte est la journée,
Courts sont les jours.

Courte encore est l’heure.

Mais l’instant s’allonge
Qui a profondeur.

(Guillevic)

Illustration

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CIMETIÈRE AERIEN (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019



 

Zdzislaw Beksinski  002445

CIMETIÈRE AERIEN

Beau cimetière à tous vents,
en haut du mont vers la France,
dans mon manchon de silence,
je pense et me ressouviens.
Toi qui passes sur ma rive,
dis ton Ave, joins les mains.
Le mort toujours en chemin
guette ceux qui veulent vivre.
Sonne le soir, le matin,
l’Angelus à la volée :

Je ne suis que la durée
sans hier et sans lendemain.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Zdzislaw Beksinski 

 

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Le jour (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019


geotop

Chaque jour
le soleil met au monde un enfant
qu’il appelle matin
Sa vie est de courte durée

*****

C’est l’aube –
Des fleurs sur la terrasse se frottent les cils
Dans l’embrasure de la fenêtre
ondoient les nattes du soleil

*****

Le jour ne voit que par ses mains
La nuit voit avec son corps tout entier

(Adonis)

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Nouez l’instant et la durée (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

Julia Perret     le-gouffre

Nouez l’instant et la durée
pour la fuite de tous les temps
jusqu’à l’éternel poème.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Julia Perret  

 

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Printemps du corps (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Printemps du corps

Mon corps ici, mon corps ailleurs, mon corps
Ensoleillé par la mort et qui glisse
De source en fleuve et de fleuve en caresse
Pour se mêler à d’autres floraisons.

Que ma non-mort en ses terres vitales
Soit cet oiseau, ce poisson, ces parures
De fleurs et d’ors dans le jardin des mots
Et que ma nuit ne soit qu’une apparence.

Ma bouche parle en d’intenses corolles,
Mon oeil regarde au-delà du rosier,
Mes bras unis sont rives de l’étang
Où nénuphar je chante au ras des eaux.

Ainsi mes mains, les ultimes semeuses,
Sont la semence éparse du blé noir
Et mon échine à tous les vents frissonne
La mort en moi, la mort qui danse encore.

Ce doux pollen aux ailes de l’abeille :
Un peu de moi. Ce bourgeon qui s’entrouvre :
Mon vieux délire ici ressuscité
Par le savoir infini de l’aurore.

Mon corps en moi, mon corps en vous, mon corps,
Cette parcelle éminente du jour,
Pour t’affranchir frère de la durée
Et composer la musique des gestes.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

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VEILLE de l’émerveillement (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2019




    
VEILLE de l’émerveillement,
postériorité de l’émerveillement.
Entre les deux durées
uniquement un trou.
L’imminence et son couchant :
rives du vide.

Rien que le temps suspendu.
Rien qu’une clairière
dans la forêt du temps.

C’est la plus pure clarté :
s’étonner du rien.
Le rien s’étonne du rien.

***

VÍSPERA del asombro.
Posterioridad del asombro.
Y entre ambas duraciones
únicamente un hueco.
La inminencia y su ocaso:
orillas del vacío.

Sólo tiempo suspendido.
Sólo un claro
en el bosque del tiempo.

Es la más pura claridad:
maravillarse de la nada.

La nada se maravilla de la nada.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Onzième Poésie Verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: Lettres Vives

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C’est toi (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
C’est toi

Dans les intervalles de silence du vent
les paroles pressées de l’eau qui dévale
sa fraîcheur le long du sentier de montagne
c’est toi fraîcheur pensive de ma vie

L’été brûlant Le soleil feu perpendiculaire à l’herbe
A bouche fermée le bourdonnement grégorien
des abeilles célébrant l’office quotidien du miel
c’est toi basse continue de ma durée

Le cri d’une hirondelle cri que j’attrape au vol
(l’oiseau est déjà loin) rire plutôt qu’un cri
léger bonheur qui ricoche sur l’eau des rires de l’été
c’est toi douceur du sourire au creux des chagrins

Le silence soudain La nuit Déjà la neige
Le silence à pas de chat se pose sur le silence
et quand nous ouvrirons les volets le blanc sera très blanc
c’est toi qui ne dis rien et me parles sans mots

Et je te réponds Oui

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Cherche CDI (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2019



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Cherche CDI :
Câlin à Durée Indéterminée !

(Anonyme)

 

 

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Les Horloges (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 

Les Horloges

Les sabliers nous avertissent que nous devenons tous ce qui compte nos instants.
Les clepsydres nous disent qu’il n’y a pas dans ce monde une minute qui ne puisse être marquée par une larme,
et que les générations qui se succèdent ne sont rien de plus que des gouttes d’eau qui tombent.
Orateurs silencieux, les cadrans solaires nous mesurent avec l’ombre la durée de la lumière
et nous répètent sans cesse que peine et plaisir,
rien ne marche qui ne fasse partie de la mort.

Les sabliers, les clepsydres, les cadrans solaires ne parlaient à la pensée qu’en s’adressant aux yeux.
L’homme a trouvé que ce n’était point assez.
Il a forcé l’oreille d’entendre et d’écouter la fuite du temps.
Sans vouloir s’informer de ce qu’elles deviennent, il a mis des grelots au troupeau de ses heures,
et, grâce à cette heureuse invention, il peut de moment en moment entendre sonner le glas d’une portion de sa vie.

(Jules Lefèvre-Deumier)

 

 

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ROC (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




ROC

Ce qu’il y a de pierre en moi connaît la pierre,
Substance du roc qui se rappelle l’interminable interminable
Simplicité de l’immobile
Tandis que les soleils torrides, les âges de glace
Passent sur le visage du roc aussi vite que les jours.
Dans le plus long des temps se font les changements du roc,
Au plus lent de tous les rythmes, les pulsations
Qui soulèvent du coeur de la planète les chaînes de montagnes
Et les désagrège en sable au fond de la mer.

Demeure en moi la trace de la durée du roc.
Ma substance éphémère était immobile dans les veines de
la terre depuis le commencement,
Attendant patiemment sa délivrance, ne demandant pas
Quand viendrait, quand, la floraison, le flot,
La vibration, l’éveil, l’envol,
Cette nuit attendue longtemps, la venue de l’époux.

Ce qu’il y a de pierre en moi connaît la pierre,
Dont le seul état est la stase
Tandis que le cycle lent des étoiles fait tournoyer un monde de rocs
A travers les années-lumière où dans mon cauchemar je tombe en criant :
 » Dois-je traverser une distance insondable pour toujours et toujours ?  »
Tout ce qui est roc en moi répond :
 » Toujours, s’il le faut ; sois, et dure ; endure.  »

***

ROCK

There is stone in me that knows stone,
Substance of rock that remembers the unending unending
Simplicity of rest
While scorching suns and ice ages
Pass over rock-face swiftly as days.
In the longest time of all come the rock’s changes,
Slowest of all rhythms, the pulsations
That raise from the planet’s core the mountain ranges
And weather them down to sand on the sea-floor.

Remains in me record of rock’s duration.
My ephemeral substance was still in the veins of the earth
from the beginning,
Patient for its release, not questioning
When, when will come the flowering, the flowing,
The pulsing, the awakening, the taking wing,
The long longed-for night of the bridegroom’s coming.

There is stone in me that knows stone,
Whose sole state is stasis
While the slow cycle of the stars whirls a world of rock
Through light-years where in nightmare I fall crying
” Must I travel fathomless distance for ever and ever? »
All that is in me of the rock, replies
 » For ever, if it must be: be, and be still; endure. »

(Kathleen Raine)

 

 

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