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Posts Tagged ‘durée’

LES GITANS (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



 

LES GITANS

Il y a un feu sous les arbres :
on l’entend qui parle bas
à la nation endormie
près des portes de la ville.

Si nous marchons en silence,
âmes de peu de durée
entre les sombres demeures,
c’est de crainte que tu meures,
murmure perpétuel
de la lumière cachée.

(Philippe Jaccottet)

 

 

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La différence entre les choses et les événements (Carlo Rovelli)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2020



Illustration: Robert Doisneau
    
La différence entre les choses et les événements,
c’est que les choses perdurent dans le temps.
Les événements ont une durée limitée.

Le prototype d’une « chose » est une pierre :
nous pouvons nous demander où elle sera demain.

Tandis qu’un baiser est un « événement ».
Se demander où se trouvera le baiser demain n’a pas de sens.

Le monde est fait de réseaux de baisers, pas de pierres.

(Carlo Rovelli)

 

Recueil: L’ordre du Temps
Traduction: Sophie Lem
Editions: Flammarion

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Comme nous elles naissent opaques (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2020



Comme nous
elles naissent opaques
et d’un matériau commun
pour arriver parfois au diamant
et taillées par un art amoureux
retrouver les éclats
d’une étoile
dont nous sommes restés
les
orphelins obscurs et douloureux

Comme nous
elles sont constituées surtout
de vide
et dorment d’un sommeil animal
autant que végétal
mais sans doute moins inquiet
et plus profond

Comme nous
elles possèdent des membres
des poumons et des paupières
quelles agitent moins souvent
moins brutalement
et avec une extrême discrétion

Elles se parfument
mais d’essences plus subtiles
où entrent des rappels d’alambics
immémoriaux et soufrés

Elles aiment les caresses
et s’usent volontiers
vers des courbes et des rondeurs
familières de nuques et de hanches

Elles se montrent gourmandes
mais d’épices
dont les ardeurs montent plus haut
plus loin dans les vertiges
de la durée
et les sargasses cosmiques
de la création
dans les frayères glauques
des premières vapeurs
des gésines gazeuses du néant

(Werner Lambersy)

Illustration

 

 

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Dans le poème (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2020




Dans le poème,
Rien que du vertical,

Perpendiculaire à ce temps vécu
En dehors de lui.

Sur l’horizontal de la durée,
Le poème se dresse,

Arrête
L’écoulement,

Enferme le temps
Dans la sphère.

(Guillevic)

Illustration: Gustave Moreau

 

 

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VERS QUOI? (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



VERS QUOI?

Vers quel édifice
Toutes ces fondations ?

Vers quelle destination
Toutes ces poursuites ?

Vers quelle cible
Toutes ces flèches ?

Vers quelle durée
Tous ces instants ?

Vers quel mirage
Nos cheminements ?

(Andrée Chedid)


Illustration: Catherine Catteloin

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LE FROMENT (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019



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LE FROMENT

Las d’être faim, je devins nourriture.
Le créateur est faible de raison.
Pour se mêler à l’atome, à l’étoile,
Il se déchire aux ronces d’exister.

Il se dissout dans ses oeuvres majeures.
Voyez cet homme en ses mots transformé
Qui de vélin sublimant tous ses gestes
Va reculer devant sa vie écrite.

Que d’un seul jour j’en compose cent autres !
Que je me livre aux dents de la durée
Tel un esclave aux lions de l’arène
Pour être un pain plus pur à votre bouche.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

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QUI? (Leiser Aichenrand)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019




    
QUI?

Toi
Avec l’horloge des étoiles
Pour toute la durée des siècles
Réglée
À l’heure de Dieu.

Qui nous a
Envahis
Avec les sables du naufrage
– Instants épars
Du ciel muet ?

Qui provoqua
Au ciel de chaque époque
L’éclipse
De notre sang ?

Au fer rouge qui marqua
L’essor de notre parole
Sur les ailes de marbre
De la mort?

Sous les pelles des ténèbres
Toutes les horloges du silence
Ponctuent en battant
Notre interrogation.

(Leiser Aichenrand)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Cimetière aérien (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



 

René Lannoy _Cimetiere-d-Arlinde-Gard

Cimetière aérien

Beau cimetière à tous vents,
en haut du mont vers la France,
dans mon manchon de silence,
je pense et me ressouviens.

Toi qui passes sur ma rive,
dis ton Ave, joins les mains.
La mort toujours en chemin
guette ceux qui veulent vivre.

Sonne le soir, le matin,
l’Angélus à la volée :
Je ne suis que la durée
sans hier et sans lendemain.

***

Chim’tière au vint (en dialecte picard)

Bieau chim’tière à tous lés vints
in heaut du Meont vers la France,
acouveiné dins l’silence
ej’busie et j’m’orsouviens.

Ta qui t’pourmèn’ d’zeur em’rife,
dis t’n’ave et jouins tés mains,
el’mort est toudis in qu’min
et guett’ « ceus’» qui veul’tent vife.

Séonn’ el’soir, séonn’ el’matin
l’Ingélus à plein’ volée,
je n’sus pus foqu’ que l’durée
sans hier et sans lind’main.

(Géo Libbrecht)

Illustration: René Lannoy

 

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POSSIBILITÉ FLOTTANTE (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



POSSIBILITÉ FLOTTANTE

Ahanant âprement, jamais confiante, la conscience
Vient jusqu’à la vie ;
Chaos placides, aplanis,
Nous sommes superposés au monde !
L’homme, lorsque le songe le prend,
Est grossement modelé d’origine et de fin
Et de toutes les étoiles rassemblées
Et de toutes les lueurs les plus dispersées.

Anarchiste de la grâce !

Il se trouve être le même bras que la poussée de Dieu dans les
choses. Alors un énorme état le surprend.

Anarchiste de la grâce, il se tend
En jongleur tendant ses mains en fleurs,
En blés, en étés saccagés, en automnes mécontents

Il demande…

(Possibilité flottante,
Efficience éparse,
Familière durée en malhabile temps,
Grande chute !)

(Armand Robin)

Illustration: Michael Parkes

 

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Ah! leur raison (Armand Gaudoy)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2019



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (35) [1280x768]

Ah! leur raison, triste machine délabrée,
Torturant l’arbre afin d’avoir plus tôt son fruit,
Creusant des trous dans l’étendue et la durée,
Pour les boucher avec les cendres de l’ennui!

(Armand Gaudoy)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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