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Poésie

Posts Tagged ‘duvet’

CHANSON BRUNE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Illustration: Achille Devéria
    
CHANSON BRUNE

Je me perdrais bien
dans ton pays brun,
Maria del Carmen.

Je me perdrais bien
dans tes yeux déserts,
jouant au clavier
de ta bouche ineffable.

Dans ton étreinte sans fin,
je verrais l’air brun
et la brise aurait
le duvet de ta joue.

Je me perdrais bien
dans tes seins tremblants,
dans les profondeurs noires
de ton corps suave.

Je me perdrais bien
dans ton pays brun,
Maria del Carmen.

(Federico Garcia Lorca)

 

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J’aime mon corps lorsqu’il est avec ton corps (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration: Irina Karkabi
    
j’aime mon corps lorsqu’il est avec ton
corps. Il devient une chose tellement nouvelle.
Muscles mieux et nerfs plus.
j’aime ton corps. j’aime ce qu’il fait,
j’aime ses comment. j’aime sentir la colonne
de ton corps et ses vertèbres,et tremblante
sa fermeté soyeuse et que je vais
encore et encore et encore
l’embrasser, j’aime embrasser ton ceci ton cela,
j’aime,lentement caresser le,scandaleux duvet
de ta toison électrique,et le qu’arrive-t-il
sur la chair entrouverte… Les grands yeux miettes d’amour,

et il se peut que j’aime le frisson

de toi sous moi complètement nouvelle

***

i like my body when it is with your
body. It is so quite new a thing.
Muscles better and nerves more.
i like your body. i like what it does,
i like its hows. i like to feel the spine
of your body and its bones,and the trembling
-firm-smooth ness and which i will
again and again and again
kiss, i like kissing this and that of you,
i like,slowly stroking the,shocking fuzz
of your electric fur,and what-is-it comes
over parting flesh….And eyes big love-crumbs,

and possibly i like the thrill

of under me you so quite new

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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J’allai au Paradis (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



J’allai au Paradis –
Petit Bourg –
Éclairé – d’un Rubis –
Voligé – de Duvet –

Plus paisible – que les prés
Sous la Rosée –
Beau – comme des Images
Que nulle Main n’a tracées
Des Gens – tels des Phalènes –
Arachnéens – leurs corps –
Leurs tâches – de Tulle –
D’Eider – leurs noms –
Heureuse – presque –
Je – pourrais l’être –
En Compagnie
Si choisie –

***

I went to Heaven –
‘Twas a small Town —
Lit – with a Ruby –
Lathed – with Down –

Stiller – than the fields
At the full Dew –
Beautiful – as Pictures —
No Man drew —
People – like the Moth –
OfMechlin -frames –
Duties – of Gossamer —
And Eider – names –
Almost -contented –
I – could be –
‘Mong such unique
Society –

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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AUTOMNE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



 

    

AUTOMNE

Le duvet de chardon voyage
Bien que les vents soient tous tranquilles
Tantôt là sur le pâturage
Tantôt gravissant la colline
Le courant qui vient de la source
A présent bout comme un chaudron
Et franchit d’innombrables pierres
En bouillonnant à gros bouillons

Le sol racorni craquelé
A la mine d’un pain trop cuit
Le gazon vert est saccagé
Ses tiges desséchées sans vie
Les jachères comme de l’eau
Miroitent à perte de vue
Les fils de la vierge tremblotent
D’une herbe à l’autre suspendus.

Les collines tel un fer ardent
Brûlent à leur faîte au soleil
Et les ruisselets dans leur cours
Flambent clair à de l’or pareils
L’air aussi est de l’or liquide
La terre brûle comme un four
Quiconque promène les yeux
Voit l’Éternité alentour

***

AUTUMN

The thistledown’s flying
Though the winds are all still
On the green grass now lying
Now mounting the hill
The spring from the fountain
Now boils like a pot
Through stones past the counting
It bubbles red hot

The ground parched and cracked is
Like overbaked bread
The greensward all wracked is
Bents dried up and dead
The fallow fields glitter
Like water indeed
And gossamers twitter
Flung from weed unto weed

Hill-tops like hot iron
Glitter hot i’ the sun
And the rivers we’re eyeing
Burn to gold as they run
Burning hot is the ground
Liquid gold is the air
Whoever looks round
Sees Eternity there

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Lorsque j’étais oiseau (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Lorsque j’étais oiseau
J’ai grimpé dans le karaka
Pour atteindre un nid fabriqué de feuilles
Mais doux comme un duvet.
J’ai inventé une chanson sans paroles
Qui s’est prolongée d’elle-même,
Ne devenant triste que vers la fin.
Des pâquerettes poussaient dans l’herbe au pied de l’arbre.
Pour les mettre à l’épreuve, je leur ai dit:
«Je vous couperai la tête et la donnerai à manger
A mes petits enfants.»
Mais elles refusèrent de me prendre pour un oiseau
Et restèrent grandes ouvertes.
Le ciel était comme un nid d’azur aux plumes blanches
Et le soleil était la mère oiseau qui le réchauffe.
Voilà ce que disait ma chanson sans paroles.
Le petit frère remonta l’allée en poussant sa brouette.
De ma robe je fis des ailes et restai immobile.
Quand il s’approcha, je criai: «Twit, twit…»
Un instant, il eut l’air étonné,
Puis il me dit: «Allons, tu n’es pas un oiseau;
Je vois tes jambes.»
Que m’importaient les pâquerettes?
Et que m’importait le petit frère?
Je savais bien, moi, ce que j’étais.

***

When I was a bird
I climbed up the karaka tree
Into a nest all made of leaves
But soft as feathers.
I made up a song that went on singing all by itself
And hadn’t any words, but got sad at the end.
There were daisies in the grass under the tree.
I said just to try them:
« I’ll bite off your heads and give them to my little children
to eat ».
But they didn’t believe I was a bird;
They stayed quite open.
The sky was like a blue nest with white feathers
And the sun was the mother bird keeping it warm.
That’s what my song said: though it hadn’t any words.
Little brother came up the path, wheeling his barrow.
I made my dress into wings and kept very quiet.
Then when he was quite near I said: « Sweet, sweet ! »
For a moment he looked startled;
Then he said: « Pooh, you are not a bird; I can see your legs ».
But the daisies didn’t really matter,
And little brother didn’t really matter;
I felt just like a bird.

(Katherine Mansfield)


Illustration: Berthe Morisot

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La chambre dans l’espace (René Char)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018



 

Illustration: Oskar Kokoschka  
    
La chambre dans l’espace

Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine
― l’air se poudre de pluie, de soleil revenant ―,
je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant;
je vendange le ciel novice.

Allongé contre toi, je meus ta liberté.
Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.

Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne ?
Demander c’est mourir !

L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles.
Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.

Je suis dans la grâce de ton visage
que mes ténèbres couvrent de joie.

Comme il est beau ton cri
qui me donne ton silence !

(René Char)

 

Recueil: Commune présence
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’aime la beauté de tes yeux étincelants (Paule Riversdale)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Marie Laurencin
    
J’aime la beauté de tes yeux étincelants,
Le ton de tes cheveux dorés et chatoyants,
Ton petit nez mutin, ton front de tubéreuse,
Ton profil gracieux, ta sveltesse onduleuse.

La blancheur de tes seins pareils aux monts neigeux
Se dresse fièrement pour provoquer les cieux,
Et tes mains aux longs doigts, savants en caresses,
Laborieusement prodiguent les ivresses.

Le rythme de ta voix me cajole et me plaît,
Ton esprit si divers m’amuse et me distrait.
L’ombre du duvet blond reflété sur tes lèvres
Brûle mon jeune sang d’intolérables fièvres ;

Ta grâce d’amoureuse inlassable pâlit,
Dans l’ardeur de l’alcôve et dans l’ombre du lit,
Ton corps voluptueux sous mes baisers tressaille.
Oh ! les coups de ton cœur dans la belle bataille !

(Paule Riversdale)

 

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A JOSÉPHA (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017




    
A JOSÉPHA

Ton corps est au sortir du bain plus désirable
Tout blanc avec du sang tout rose à fleur de peau
Et tout son fin duvet qui fleurit comme un beau
Velours, dans l’éclat mat de l’ensemble adorable.

Tes seins, comme des fruits juste à point pour la table,
Attendent la main qui les dérobe et l’arceau
De ta hanche tiédie où s’éperle de l’eau
Appelle des dents la morsure inévitable.

Le bain est le plus sûr complice de l’amour :
C’est ainsi que voulant plus suave la blonde
Vénus, ils la faisaient, les Grecs, jaillir de l’onde.

Et le goût de la chair a plus de sucres pour
La bouche, comme après une averse, mouillées,
Les fleurs ont plus d’odeurs dans l’écrin des feuillées.

(Ernest Raynaud)

 

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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LA SOURCE (Sire de Chambley)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017



Illustration
    
LA SOURCE

Source vénérienne où vont boire les mâles !
Fissure de porphyre où frise un brun gazon,
Qui, fin comme un duvet, chaud comme une toison,
Moutonne dans un bain de senteurs animales.
Quand un homme a trempé dans tes eaux baptismales
Les désirs turgescents qui troublaient sa raison,
Il en garde à jamais la soif du cher poison
Dont s’imprègne sa peau dans tes lèvres thermales.
Jouvence des cœurs ! Fontaine des plaisirs !
Abreuvoir où descend le troupeau des désirs
Pour s’y gorger d’amour, de parfums et d’extases !
Il coule de tes flancs, le nectar enchanté,
Elixir de langueur, crème de volupté…
Et pour le recueillir, nos baisers sont des vases !

(Sire de Chambley)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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APRÈS (André de Fouquières)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017



Illustration: Oleg Zhivetin

    

APRÈS

Méchante, tu le veux, c’est toi
Qui brise ton bonheur si frêle
Hélas ! Le mien aussi. Pourquoi
Faut-il que mon cœur las t’appelle ?

J’ai vécu l’ébauche d’un rêve
Sans voir le dénouement venir,
Et mon existence s’achève
Dans les relents du souvenir.

Comme toi, l’oiseau qui s’endort
Dans les plis d’un feuillage d’or
Repart au matin, infidèle.

Reste un duvet qui fut son lit
Comme mon cœur, l’arbre s’emplit,
Du frissonnement d’un bout d’aile !

(André de Fouquières)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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