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Poésie

Posts Tagged ‘(Dylan Thomas)’

Cet amour (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



Illustration: Vladimir Aleksandrov
    
Cet amour – je le surestime peut-être
Faisant de n’importe quelle femme une déesse
Aux cheveux et aux dents admirables,
Et de ses gestes vides un monde de signification,
Et de son sourire, la fidélité même,
Et de sa moindre parole
l’immortalité.
Je suis trop gai peut-être,
Trop solennel, insincère,
Noyé dans mes pensées
Affamé d’un amour que je sais vrai
Mais trop beau.
Trop d’amour affaiblit,
Tous mes gestes
Dérobent mes grandes forces
Et les offrent
A ta main, à ta lèvre, à ton front.

(Dylan Thomas)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Vision et Prière (et autres poèmes)
Traduction: Alain Suied
Editions: Gallimard

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Jadis c’était la couleur du dire (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2019



Illustration: Margaret Brohan
    
Jadis c’était la couleur du dire
Qui inondait ma table sur le versant le plus laid d’une colline
Avec un champ chaviré où une école se tenait, tranquille
Et un carré noir et blanc de filles s’y répandait en jeux ;
Les doux glissoires du dire je les dois détruire
Pour que les noyés enchanteurs se relèvent pour chanter comme coq et tuer.
Quand je sifflais avec des gamins joueurs à travers le parc du réservoir
Où la nuit nous lapidions les froids, les niais
Amants dans la boue de leur lit de feuilles,
L’ombre de leurs arbres était mot à plusieurs obscurités
Et lampe d’un éclair pour les pauvres dans la nuit ;
Maintenant mon dire doit me détruire,
Et je déviderai chaque pierre comme un moulinet.

(Dylan Thomas)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Vision et Prière (et autres poèmes)
Traduction: Alain Suied
Editions: Gallimard

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Laisse-moi fuir (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2018



Laisse-moi fuir
Être libre (Du vent pour mon arbre ! De l’eau pour ma fleur)
Vivre de soi à soi
et noyer les dieux en moi
Ou écraser leurs têtes vipérines sous mon pied.
pas d’espace, dis-tu, pas d’espace
Mais tu ne m’y incluras pas
Même si ta cage est robuste.
Ma force sapera ta force;
Je déchirerai l’obscur nuage
Pour voir moi-même le soleil
Pâle et déclinant, pousse atroce

(Dylan Thomas)

Découvert chez Lara ici

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Moi, le premier prénommé (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2018



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Moi, le premier prénommé
Je suis le fantôme de cet
Ami anonyme, sans prénom
Qui écrit les
mots que j’écris
Dans une chambre tranquille
Dans une maison imbibée d’envoûtement ;

Je suis le fantôme de cette maison
Remplie des langues et des yeux
D’un fantôme sans tête
Que je crains pour toujours
Jusqu’à la fin anonyme.

(Dylan Thomas)

 Illustration

 

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Voici la mer, verte et claire (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2018



 

Voici la mer, verte et claire
Et dans ses flancs, mille poissons
Ondulant leurs écailles en silence
Dans un monde d’herbes vertes et claires.
Voici mille cailloux: mille yeux
Tous plus vifs que le soleil.
Voici les vagues: des danseurs
Sur un parquet d’émeraude
Font des pointes
Pour danser la mer,
Légers comme une pantomine.

(Dylan Thomas)

 

Illustration: ArbreaPhotos

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La caverne (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2018


 

La caverne me protège de la douleur;
Dans ses flancs, j’ignore la peur;
Hors de ses murs obscurs, je meurs,
Hors de son toit ailé
Aucun lieu ne me recouvre.
Ses bruits résonnent comme des cloches,
Mais quand ils cessent, d’autres sons
Reviennent, plus tristes et plus secrets.
Ange, descends.
Aucune caverne dans l’air
Ne t’abrite,
Aucune rivière ne te purifie,
Aucune vague ne bénit ton pied.
Caverne, mon Jourdain,
Son silence est un charme argenté,
Ange, je porte ma rivière autour de mon cou,
Ma caverne est ceci et cela,
Mais elle m’éloigne du vent
Et me rassure.

(Dylan Thomas)

 

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De toute fleur (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2018



Odilon Redon  flower-clouds-1903 [800x600]

De toute fleur

À chaque heure je soupire
Car tout ici a forme de feuille
Et de nuage.

À chaque fleur, je meurs
Car tout ici a forme de chagrin
Et de linceul

(Dylan Thomas)

Illustration: Odilon Redon

 

 

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Vis dans ma vie (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Vis dans ma vie;
Quand je suis triste, sois triste
Retire de notre chaos
Quelques-uns de tes sourires sagaces,
Car j’ai de la gaieté pour deux,
Beaucoup trop pour moi seul.
Et si nous en faisons un rire cruel
Nous aurons du temps
Un espace de mensonges
Pour prouver que nous pouvons être bons.
Voici ta poitrine,
Et voici la mienne.
Voici ton pied
Et voici le mien.
Mais vis dans ma vie,
J’offre si peu contre
Si peu que tu ne peux que le rendre.

***

Live in my living;
When I am sad, be sad;
Take from our chaos
Few of your own wise smiles,
For I have merriment enough for both,
Too much for one to bear,
And, if we make it cruel laughter,
We shall have time,
A space of lies,
To show we can be kind.
Here is your breast,
And here is mine;
This is your foot,
And this is mine;
But live,
In all I offer you a little thing
So small you can but give it.

(Dylan Thomas)

Illustration

 

 

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J’ignorais en ces jours candides comme des agneaux (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



J’ignorais en ces jours candides comme des agneaux
Que le temps m’emporterait bientôt vers ce grenier
Bondé d’hirondelles à l’ombre de ma main,
Dans la lune toujours montante
Ni que, galopant vers le sommeil
Je l’entendrais voler par les moissons
Et m’éveillerais dans la ferme
Chassé à jamais du paradis de l’enfance (…)

***

Nothing I cared, in the lamb white days, that time would take me
Up to the swallow throunged loft by the shadow of my hand,
In the moon that is always rising.
Nor that riding to sleep
I should hear him fly with the high fields
And wake to the farm forever fled from the childless land (…)

(Dylan Thomas)

Illustration

 

 

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Tu ne désespéreras pas (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Tu ne désespéreras pas
Si je t’ai blessée
Ou si j’ai rejeté ton amour;
Il y a un amour plus grand que le mien
Qui te réconfortera
Qui posera sur toi des mains plus douces.
Je ne suis plus pour toi Amitié et Beauté;
Ton corps ne me réjouit plus,
Ni la splendeur de ta noire chevelure,
Mais je ne t’humilie pas;
Tu seras prise à nouveau avec douceur
Et réconfortée de tendre larmes;
Tu seras aimée suffisamment.

***

You shall not despair

You shall not despair
Because I have forsaken you
Or cast your love aside;
There is a greater love than mine
Which can comfort you
And touch you with softer hands.
I am no longer
Friendly and beautiful to you;
Your body cannot gladden me,
Nor the splendor of your dark hair,
But I do not humiliate you;
You shall be taken sweetly again
And soothed with slow tears;
You shall be loved enough.

(Dylan Thomas)

 

 

 

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