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L’eau obscure sourd de l’amphore (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



 

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L’eau obscure sourd de l’amphore
pure sueur scintillante.
Ainsi les astres, cristaux du temps
qui perle.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Nathalie Josse

 

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Pesanteur et tendresse (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



 

Illustration
    
Pesanteur et tendresse, vos signes sont les mêmes, ô sœurs.
La rose pesante est sucée par guêpes et abeilles.
L’homme agonise. Du sable reflue la chaleur,
Et sur de noirs brancards on emporte l’ancien soleil.

Ah, lourds rayons de miel et tendres rets!
Plus légère est la pierre que ton nom sur mes lèvres.
Il me reste au monde qu’un souci désormais,
Un souci d’or : épuiser le fardeau du temps, sa fièvre.

L’air est trouble, je le bois comme une eau qui s’obscurcit.
On laboure le temps, et même la rose fut terre.
Dans un lent tourbillon les lourdes, tendres roses ainsi,
Les roses pesanteur et tendresse doublement se tressèrent.

***

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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NUIT (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



NUIT

Seule dans le silence
Mais avec ce coeur sourd où bat le sang du monde
Tu gis les doigts rejoints et les jambes serrées.
Rien ne vit que ce dur battement de tonnerre,
Ce bruit de pas et de canons dans ma poitrine.
Je guette un souffle au loin dans la nuit qui me cerne,
Un souffle de soleil sur les rives d’enfance.
Bouche pleine d’une eau de l’ombre, mes appels
Se taisent engloutis sous l’inerte marée
Où seule je vous noue à moi.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Liliana Sanches 

 

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Que l’eau tombe goutte à goutte (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



Que l’eau tombe goutte à goutte
Dans les paumes de la nuit,
Et nous disons : Solitude,
Remords, Enfance immolée,
Quand c’est en langage d’eau
Des choses d’eau qui se disent,
Des choses d’eau qui se font.

(Jean Rousselot)

 

 

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Il n’existe qu’un chemin (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018




    
Il n’existe qu’un chemin :
Celui de ta main légère ;
Comment trouver autrement
Le pays qui m’est si cher ?

Pour que je vogue sans heurt
Vers mon rivage là-bas,
porte ta main vers mes lèvres
Et ne la retire pas.

Les doigts minces sont tremblants
Et le corps frêle s’anime —
Mon esquif glisse au-dessus
Des eaux, de leur calme abîme.

***

(Ossip Mandelstam)

 

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Montagne de printemps, nuit de lune (Yu Leang-Che)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



Illustration: Ohara Koson   
    
Montagne de printemps, nuit de lune

La montagne de printemps déborde d’instants parfaits.
Jouons jusqu’à la nuit dans l’oubli du retour !
Je puise de l’eau – la line à mes mains se love;
Je taquine les fleurs – leurs senteurs m’inondent.

La joie efface le proche et le lointain.
Comment partir, prisonnier des parfums ?
Au Sud, quand la cloche frémit,
Les terrasses glissent dans le bleu subtil.

(Yu Leang-Che)

Recueil: La montagne vide Anthologie de la poésie chinoise (IIIè – XIè siècle)
Traduction: Patrick Carré et Zéno Bianu
Editions: Albin Michel

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LA MORT DU POÈTE (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



 

papillon fruit gâté1

LA MORT DU POÈTE

Il gît. Son visage redressé
dans les coussins rigides, pâle et plein de refus,
depuis que le monde et tout ce qu’il en sut
arraché à ses sens, fut
rendu à l’indifférente année.

Eux qui l’ont vu en vie, ne surent
combien il s’unissait à tout ceci,
car toutes ces profondeurs et ces prairies
et toutes ces eaux ne furent que sa figure.

Oh ! sa figure fut toute cette étendue,
qui encore tend vers lui et qui le pleure;
et son masque, qui maintenant en inquiétude se meurt,
est tendre et ouvert comme l’intérieur d’un fruit,
qui se gâterait à l’air.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

 

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SOMMEIL BLESSE (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018



 

SOMMEIL BLESSE

Tu respires dans un autre monde
vivante à peine et soulevée par un nuage de poudre
tirée en arrière par des troupes de fumées
et sourde à l’eau des lèvres
aux coups de grâce
au beau rêve humide de la nuit
qui rejette dans le sommeil
les armées d’ombelles qui te lèchent les jambes
la poitrine nue où bat
l’haleine d’une longue paresse
avec des bouquets de feu dans les cheveux
dans tes mains trop grandes pour retenir la mer
que j’entends ruisseler au fond des routes
et j’aiguise le tranchant de la vie
sur ta belle peau mouillée de soupirs.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: José Vital Anselmo

 

 

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Celui que l’Amour range à son commandement (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

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Celui que l’Amour range à son commandement
Change de jour en jour de façon différente.
Hélas ! j’en ai bien fait mainte preuve apparente,
Ayant été par lui changé diversement.

Je me suis vu muer, pour le commencement,
En cerf qui porte au flanc une flèche sanglante,
Depuis je devins cygne, et d’une voix dolente
Je présageais ma mort, me plaignant doucement.

Après je devins fleur, languissante et penchée,
Fuis je fus fait fontaine aussi soudain séchée,
Epuisant par mes yeux toute l’eau que j’avais.

Or je suis salamandre et vis dedans la flamme,
Mais j’espère bientôt me voir changer en voix,
Pour dire incessamment les beautés de Madame.

(Philippe Desportes)

Illustration: Nicole Helbig

 

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Quand vient le soir (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

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Quand vient le soir,
Des cygnes noirs,
Ou des fées sombres,
Sortent des fleurs, des choses, de nous
Ce sont nos ombres.

Elles avancent ; le jour recule.
Elles vont dans le crépuscule,
D’un mouvement glissant et lent.
Elles s’assemblent, elles s’appellent,
Se cherchent sans bruit,
Et toutes ensemble,
De leurs petites ailes,
Font la grande nuit.

Mais l’Aube dans l’eau
S’éveille et prend son grand flambeau.
Puis elle monte,
En rêve monte, et peu à peu,
Sur les ondes elle élève
Sa tête blonde,
Et ses yeux bleus.

Aussitôt, en fuite furtive,
Les ombres s’esquivent,
On ne sait où.
Est-ce dans l’eau ? Est-ce sous terre ?
Dans une fleur ? Dans une pierre ?
Est-ce dans nous ?
On ne sait pas. Leurs ailes closes
Enfin reposent.
Et c’est matin.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Bao-Pham Thienbao

 

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