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Poésie

Posts Tagged ‘eau’

Lumière mais d’où venue? (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
Lumière mais d’où venue? De l’eau,
De la nuit peut-être masque?
Qui saura toute enfin la vérité?

Seras-tu des fantômes l’implacable ennemie
Ou de l’ombre complice? Vous fallacieux
Prophètes déclarez-vous pour ou contre.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Entre nos voix la nuit viendra dormir enfin (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
entre nos voix
la nuit viendra dormir enfin
tes mains seront presque aussi claires
que des larmes
d’un pas tout juste un peu plus jeune
nous irons consoler les rues inconsolables
nous traduirons en gestes invisibles
l’adieu du vent
nous jetterons des fleurs depuis les ponts
dans l’eau hâtive

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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NOCTURNE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration
    
NOCTURNE

le vent plus sûr de nous que nous ne sommes
s’empara du trône de minuit

déjà l’écume avait franchi d’attendre
ébouriffés ses cheveux jubilaient

sachant souffrir le cri des grands lointains
même un brin d’herbe avait sa tâche

entre nous deux s’éboulaient tous les mots
si vif est le silence des yeux clairs qui nous lavent

tu rêvais de marcher sur les eaux
elles s’étaient portées garantes

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Laisse laisse se taire (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
laisse
laisse se taire
la mélodie trop claire de tes jambes
étends-toi le mouvement terrestre
ivre à force de veiller
t’accueille au creux de sa paume
la mer hisse les fanions des nuages
et ta nudité t’abrite
de tout ce qui n’est pas nu
humons dans la coupe du soir
le balbutiement des parfums

soudain nous apprenons que dans les feux de brousse
avec les mêmes yeux traqués
fuient les plus forts comme les plus craintifs
réconciliés par l’issue qui les happe
courant dansant galopant
devant le cheval aux sabots de cendre
dont ils ne voient qu’il les encercle
que dans leur folle volte-face

même endormis seuls dans ces lits trop vastes
ou dans l’eau murmurante toujours de l’étreinte
nous dérivons ainsi nativement
naufragés
sans pouvoir retrouver le nom
de l’orage
qui va plus vite

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Irons-nous trouver les sources (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
irons-nous trouver les sources
pour apprendre leurs chants solennels
laissons plutôt l’eau vagabonde
déshabiller nos prénoms
jusqu’à les rendre imminents

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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HÉRITAGE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Deborah Nell

    

HÉRITAGE

exacerbés par les eaux caressantes
tes yeux sans fin cherchent l’ombre où se taire

il n’y a pas de vitre ici
l’argile seul retient les heures

si tu dansais sur la corde du souffle
l’été peut-être oublierait sa vengeance

ceux des mots qui t’aimaient sont partis
leurs joues déjà sont devenues si jeunes

un pré trop nu t’apprend ce qu’est la main
tu n’as plus rien que l’or natif des pas

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Deux gouttes dans un peu d’eau (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Deux gouttes dans un peu d’eau
au-dessus d’un réchaud
expriment un parfum de nature

Achetez mes huiles essentielles
vibrant dans le ciel
des idées pures

Le citron a la grâce d’un voleur
Le musc est un pacha
Le jasmin adoucit les moeurs
et il y a aussi l’herbe à chats

Le cactus surprend les belles
L’oranger apporte la paix
L’ambre est sensuel
et tranche comme l’épée

Ce sont les parfums de jadis
pommes vertes du paradis
qui ouvrent vos grands yeux fendus
aux anciens savoirs perdus

Deux gouttes dans un peu d’eau
feront frémir vos peaux
sous l’étreinte de la Nature

Achetez mes huiles essentielles
vibrant dans le ciel
des idées pures

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au moulin (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



    
Au moulin d’encre on y apporte
les draps noirs de l’illusion
Les reflets indigo s’en vont
avec les frappes du torrent
et le gris ciselé des nuages

Au moulin d’eau on y apporte
les draps blancs de la famine
Les reflets jaunâtres s’en vont
et la solitude la bile
avec les croûtes d’argile

Au moulin d’or on y apporte
les draps verts de la magie
Les reflets de mousse s’en vont
drôles de barbes assagies
postiches sur des troncs d’arbre

Au moulin du rêve au moulin du son aigu
au moulin du raclement de gorge
on y apporte les draps incolores du sens
mais rien ne part rien ne s’accroche
ton sur ton ni foi ni teinte

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Errance (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Illustration: Fabienne Contat
    
Errance

Le vent bruisse et je m’en vais nu-pieds
Les fleurs jaillissent sur le sentier
Je cherche la Fontaine de Cé

De-ci de-là entre les fraisiers
je t’y avais donné un baiser
Sur l’arbre le corbeau fait le gué

Oú est l’eau au bon goût de rosée
C’est l’eau qui me rendra la santé
qu’Éros enfant a joué aux dés

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Clausule (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Illustration: Heinrich Vogeler

    

Clausule

Je ferme la fenêtre
sur Mélusine
reine de l’autre rive

Je sais qu’elle continue
de vivre et de bâtir
prés des sources d’eau vive

Je sais qu’elle a perdu
le désir de mourir
perdu sur un chemin

C’était au crépuscule
quatre troubadours
s’en venant au château

Lui ont joué un air
embaumant la violette
et elle l’a trouvé beau

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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