Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ébat’

LES SORCIERS ÉCUREUILS (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



Illustration   
    
LES SORCIERS ÉCUREUILS

Nous appliquons la lune,
Nous étendons la brume
Sur la blessure
Inguérissable des clairières,
Sans poids.

Le soir sous la lune
Nous avons des ébats que même la lune
Ne voit pas.
Nous faisons danser
En rondes brunes
Les haltes des rivières
L’ébat des bois.

Venus sans grands projets
Veulent de grands jets;
Nous voulons un monde
En grandes robes de soirée,
Pour servir la rosée.

Nous ne sommes pour personne, nous sommes!
… lutins remuants! Les hommes
Sont trop lourds pour savoir
Que pour nous un instant les eaux
Et l’ombre ont dansé.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

GAILLARDISE (De La Ronce)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 Illustration: Jean-Antoine Watteau
    
GAILLARDISE

Ni pour baiser ton bel œil
Que tu remplis trop d’orgueil.
Ni pour sucer à mon aise
La fraise de ton téton.
Tout cela, ma Jeannelon,
Ne peut éteindre ma braise.

Ainsi au lieu de l’étouffer
Je la sens plus s’échauffer
Après que je t’ai baisée :
L’haleine qui sort de toi
S’écoule au profond de moi,
Et la rend plus embrasée.

Mais aussi ne veux-tu point
Que je parvienne à ce point
Où chaque amoureux aspire?
Crois que si j’avais cet heur,
J’aurais plus de joie au cœur
Que si j’avais un empire.

Tu dis me vouloir du bien,
Mais pourtant je n’en crois rien;
J’ai beau te crier à l’aide,
Tu me vois bien consumer :
Vraiment ce n’est m’aimer
De ne m’offrir le remède.

C’est bien loin de me l’offrir
De me laisser là souffrir
Sans te chaloir de ma peine.
Que tu as peu d’amitié,
Pour t’émouvoir à pitié !
Toute ma prière est vaine.

Fais-moi, fais-moi ce plaisir
De contenter mon désir.
Et je prierai la déesse
Qui gouverne les amours.
Qu’elle bien-heure toujours
L’ébat de notre jeunesse.

(De La Ronce)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA SOLITUDE (Saint-Amant)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



LA SOLITUDE

Oh ! que j’aime la solitude !
Que ces lieux sacrés à la nuit,
Éloignés du monde et du bruit,
Plaisent à mon inquiétude !
Mon Dieu! que mes yeux sont contents
De voir ces bois, qui se trouvèrent
A la nativité du temps
Et que tous les siècles révèrent,
Être encore aussi beaux et verts
Qu’aux premiers jours de l’univers !

Que je trouve doux le ravage
De ces fiers torrents vagabonds,
Qui se précipitent par bonds
Dans ce vallon vert et sauvage !
Puis, glissant sous les arbrisseaux,
Ainsi que des serpents sur l’herbe,
Se changent en plaisants ruisseaux,
Où quelque Naïade superbe
Règne comme en son lit natal,
Dessus un trône de cristal !

Que j’aime à voir la décadence
De ces vieux châteaux ruinés,
Contre qui les ans mutinés
Ont déployé leur insolence !
Les sorciers y font leur sabbat ;
Les démons follets s’y retirent,
Qui, d’un malicieux ébat,
Trompent nos sens et nous martyrent ;
Là se nichent en mille trous
Les couleuvres et les hiboux.

L’orfraie, avec ses cris funèbres,
Mortels augures des destins,
Fait rire et danser les lutins
Dans ces lieux remplis de ténèbres.
Sous un chevron de bois maudit
Y branle le squelette horrible
D’un pauvre amant qui se pendit
Pour une bergère insensible,
Qui d’un seul regard de pitié
Ne daigna voir son amitié ….

(Saint-Amant)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ebats de casse (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017


L’hiver peut bien bleuir
jusqu’au marbre
la chair des alphabets
l’apprentypographe n’a pas peur
l’apprentypographe n’a pas froid
il tient l’été
serré entre deux doigts

(Guy Goffette)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Fleuve, lune et fleurs printanières (Zhang Ruoxu)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2017



Illustration: Koho Shoda 

    

Fleuve, lune et fleurs printanières

Au printemps le fleuve déborde, s’unissant à la mer,
De l’océan, la lune monte avec la marée;
Scintillante, suivant les flots sur dix mille lis,
La lune glisse omniprésente le long du fleuve au printemps.

Le courant serpente entre les prairies parfumées,
Les arbres fleuris deviennent neigeux sous les rayons argentés;
Dans l’air qui semble condensé, se meut le givre
Qui voile les rives sablonneuses, à peine distinctes.

Ciel et fleuve, sans l ‘ombre d ‘une poussière, forment un camaïeu pur,
Au-dessus duquel brille une lune solitaire dans le firmament infini;
Qui fut le premier à contempler la lune au bord du fleuve?
Et quand pour la première fois, la lune a-t-elle éclairé la nuit?

La vie se perpétue, génération après génération,
Fleuve et lune paraissent immuables, année après année.
Innombrables sont les hommes qui s’en sont allés sous cette lune,
Seul demeure le grand Yangtsé charriant ses eaux précipitées.

Autant me semble, éloigné ce flocon de nuage qui va s’effilochant,
Autant est triste l’homme sur la rive aux érables verts;
Cette nuit-dans quelle maison, pense-t-on au voyageur sur l ‘eau
Sous cette lune qui s’attriste d’éclairer en solitaire le pavillon vide?

Elle s’y attarde, comme accrochée par dessus son toit,
Et pénètre le boudoir habité par une âme esseulée.
Elle se présente, insistante, à la fenêtre au rideau tiré,
Indélébile sur la planche où tomberont les coups du battoir.

A cette heure, à défaut de nouvelle, nous regardons la même lune,
Mais je voudrais être un de ces rayons qui te caresse…
Que l ‘oie sauvage porte mon message aussi loin que la lune!
Que les ondes nées des ébats des poissons composent mon courrier!

La nuit précédente, un rêve, où les pétales tombaient sur l’étang;
La mi-printemps déjà passée, et toi, malheureuse, tu ne me reviens pas…
Avec les eaux du fleuve, le printemps touche presque à sa fin,
A l’ouest, près de l ‘étang, la lune est sur son déclin;

Elle va bientôt se coucher au fond de la mer brumeuse,
Mais longue est la route, avant que les fleuves, Xiao et Xiang se rejoignent:
Combien sont-ils, ceux qui rentrent au clair de lune, cette nuit-là?
A la lune déclinée, les arbres du fleuve soupirent, mélancoliques.

***

春江潮水连海平,
海上明月共潮升。
滟滟随波千万里,
何处春江无月明!

江流宛转绕芳甸,
月照花林皆似霰;
空里流霜不觉飞,
汀上白沙看不见。

江天一色无纤尘,
皎皎空中孤月轮 。
江畔何人初见月?
江月何年初照人?

人生代代无穷已,
江月年年只相似;
不知江月照何人,
但见长江送流水。

白云一片去悠悠,
青枫浦上不胜愁。
谁家今夜扁舟子?
何处相思明月楼?

可怜楼上月徘徊,
应照离人妆镜台。
玉户帘中卷不去,
捣衣砧上拂还来。

此时相望不相闻,
愿逐月华流照君。
鸿雁长飞光不度,
鱼龙潜跃水成文。

昨夜闲潭梦落花,
可怜春半不还家。
江水流春去欲尽,
江潭落月复西斜。

斜月沉沉藏海雾,
碣石潇湘无限路。
不知乘月几人归,
落月摇情满江树。

(Zhang Ruoxu)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Balance (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



 

Maria Amaral _1006-640x799

Balance

J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser

J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser

Cherche un autre partenaire
Ou un autre cavalier
Moi, je ne suis pas une bonne affaire
Je te marcherais sur les pieds

Car… J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser

J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser

Cette chanson brésilienne
Me donne envie de bouger
Me voilà pris d´une audace soudaine
Mais mon corps reste figé

Car… J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser

J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser

Mais si jamais tu proposes
D´autres ébats, d´autres jeux.
Alors ce n´est plus du tout la même chose,
Je te suivrai où tu veux.

Mais… J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser…

(Georges Moustaki)

Illustration: Maria Amaral

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES SORCIERS ÉCUREUILS (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



LES SORCIERS ÉCUREUILS

Nous appliquons la lune,
Nous étendons la brume
Sur la blessure
Inguérissable des clairières,
Sans poids.

*

Le soir sous la lune
Nous faisons danser
En rondes brunes
Les haltes des rivières
L’ébat des bois

*

Venus sans grands projets
Veulent de grands jets ;
Nous voulons un monde
En grandes robes de soirée,
Pour servir la rosée.

*

Nous ne sommes pour personne, nous sommes!
Les lutins remuent, les hommes
Sont trop lourds pour savoir
Que pour nous un instant les eaux
Et l’ombre ont dansé.

(Armand Robin)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Contempler le lever du jour! (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2015



Contempler le lever du jour!
La petite lueur fait s’évanouir les ombres immenses et diaphanes,
Le goût de l’air est bon à mon palais.

Poussées du monde en marche, ébats ingénus,
lever en silence, fraîcheur exhalée,
Effleurements obliques en haut et en bas.

Quelque chose que je ne puis voir dresse en l’air d’impudiques pointes,
Des mers éclatantes de suc inondent le ciel.

(Walt Whitman)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :