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Poésie

Posts Tagged ‘ébats’

Ton rire (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Ton rire

Tu as un rire en cascade
Sur de joyeux cailloux
Un rire d’herbe humide
Dans la prairie de nos ébats
Un rire du bout des doigts
Qui cueillent celui des fleurs
Un rire d’ailes qui battent
Au moment de l’envol
Un rire de feuilles
Quand le vent s’amuse
Un rire de nuit
A se glisser sous les draps
Un rire de jour
A se livrer à l’amour
Et finalement un rire de femme
Sur des lèvres sensuelles.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Guillaume Seignac

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Mais tourne le dos, ma pensée ! (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2019



 

Mais tourne le dos, ma pensée !
Viens ; les bois sont d’aube empourprés ;
Sois de la fête ; la rosée
T’a promise à la fleur des prés.

Quitte Paris pour la feuillée.
Une haleine heureuse est dans l’air ;
La vaste joie est réveillée ;
Quelqu’un rit dans le grand ciel clair.

Viens sous l’arbre aux voix étouffées,
Viens dans les taillis pleins d’amour
Où la nuit vont danser les fées
Et les paysannes le jour.

Viens, on t’attend dans la nature.
Les martinets sont revenus ;
L’eau veut te conter l’aventure
Des bas ôtés et des pieds nus.

C’est la grande orgie ingénue
Des nids, des ruisseaux, des forêts,
Des rochers, des fleurs, de la nue ;
La rose a dit que tu viendrais.

Quitte Paris. La plaine est verte ;
Le ciel, cherché des yeux en pleurs,
Au bord de sa fenêtre ouverte
Met avril, ce vase de fleurs.

L’aube a voulu, l’aube superbe,
Que pour toi le champ s’animât.
L’insecte est au bout du brin d’herbe
Comme un matelot au grand mât.

Que t’importe Fouché de Nantes
Et le prince de Bénévent !
Les belles mouches bourdonnantes
Emplissent l’azur et le vent.

Je ne comprends plus tes murmures
Et je me déclare content
Puisque voilà les fraises mûres
Et que l’iris sort de l’étang.

***

Fuyons avec celle que j’aime.
Paris trouble l’amour. Fuyons.
Perdons-nous dans l’oubli suprême
Des feuillages et des rayons.

Les bois sont sacrés ; sur leurs cimes
Resplendit le joyeux été ;
Et les forêts sont des abîmes
D’allégresse et de liberté.

Toujours les coeurs les plus moroses
Et les cerveaux les plus boudeurs
Ont vu le bon côté des choses
S’éclairer dans les profondeurs.

Tout reluit ; le matin rougeoie ;
L’eau brille ; on court dans le ravin ;
La gaieté monte sur la joie
Comme la mousse sur le vin.

La tendresse sort des corolles ;
Le rosier a l’air d’un amant.
Comme on éclate en choses folles,
Et comme on parle innocemment !

O fraîcheur du rire ! ombre pure !
Mystérieux apaisement !
Dans l’immense lueur obscure
On s’emplit d’éblouissement.

Adieu les vains soucis funèbres !
On ne se souvient que du beau.
Si toute la vie est ténèbres,
Toute la nature est flambeau.

Qu’ailleurs la bassesse soit grande,
Que l’homme soit vil et bourbeux,
J’en souris, pourvu que j’entende
Une clochette au cou des boeufs.

ll est bien certain que les sources,
Les arbres pleins de doux ébats,
Les champs, sont les seules ressources
Que l’âme humaine ait ici-bas.

O solitude, tu m’accueilles
Et tu m’instruis sous le ciel bleu ;
Un petit oiseau sous les feuilles,
Chantant, suffit à prouver Dieu.

(Victor Hugo)

Illustration: Chantal Dufour

 

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Vieillesse (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2019




    
Vieillesse, lendemain d’amour, tristes ébats…
Sur les carreaux d’azur rampait la fleur du givre.
Un Arlequin caduc pleure. Est-il las de vivre ?
Va, nous dormirons tous. Mais les lits, c’est plus bas.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Reprendre goût à la vie (Daniel Deleuze)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



 

Illustration
    
Reprendre goût à la vie
avec ou sans excès
avec ou sans alcool.
Nudité subtile
du cours de la vie.
Casser les flûtes comme Pan,
tirer les nymphes
à sa façon,
dans les roseaux,
ou quelque pastourelle
dans un grenier soyeux.
Du roulis vivant
en veux-tu, en voilà !
Un rai de lumière
éclaire la poussière
en suspens
dans la sous-pente
aux joyeux ébats.

(Daniel Deleuze)

 

Recueil: Courtoises frimousses avec fleurs précédé de Troubadour de service
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Ye-yin-men (Wei Zhuang)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Ye-yin-men

Pluie de printemps, abondante
Les berges sont teintes en vert tendre
Frôlant les saules arrive un couple de hérons
Bains et ébats dans la lumière nue…

Rideaux d’azur haut enroulés
Balustrade aux méandres sans fin
Nuages épars, eaux étales, arbres à la brume mêlés
Coeur minuscule, pensée infinie

(Wei Zhuang)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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DANS LES RUINES D’UNE ABBAYE (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



 

Oleg Zhivetin (14)

DANS LES RUINES D’UNE ABBAYE

Seuls tous deux, ravis, chantants !
Comme on s’aime !
Comme on cueille le printemps
Que Dieu sème !

Quels rires étincelants
Dans ces ombres
Pleines jadis de fronts blancs,
De coeurs sombres !

On est tout frais mariés.
On s’envoie
Les charmants cris variés
De la joie.

Purs ébats mêlés au vent
Qui frissonne !
Gaietés que le noir couvent
Assaisonne !

On effeuille des jasmins
Sur la pierre
Où l’abbesse joint ses mains
En prière.

Les tombeaux, de croix marqués,
Font partie
De ces jeux, un peu piqués
Par l’ortie.

On se cherche, on se poursuit,
On sent croître
Ton aube, amour, dans la nuit
Du vieux cloître.

On s’en va se becquetant,
On s’adore,
On s’embrasse à chaque instant,
Puis encore,

Sous les piliers, les arceaux,
Et les marbres.
C’est l’histoire des oiseaux
Dans les arbres.

(Victor Hugo)

Illustration: Oleg Zhivetin

 

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Fleur sauvage (Bakary Bamba Junior)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Fleur sauvage

Comme une fleur sauvage toute seule isolée,
Je t’ai découverte un soir te promenant près du rivage.

Belle fleur sauvage aux couleurs captivantes,
Je me suis approché de toi et t’ai admirée.

Fleur sauvage qu’on voudrait cueillir,
Je t’ai exposé mes désirs.

Dangereuse fleur sauvage isolée,
Tu t’es donnée à moi pour un amour sanglant.

Fleur sauvage attirant une abeille,
Je suis entré en toi et tu t’es refermée sur moi.

Douce fleur sauvage au parfum envoûtant,
J’ai perdu toute raison le temps de nos ébats.

Fleur sauvage au nectar enivrant,
Je me suis écoulé en toi et tu as ruisselé sur moi.

Si belle fleur sauvage, mais unique au monde,
Tu es partie sans bruit me laissant dans mes rêves.

Comme une fleur sauvage fanée au fil du temps,
Mon souvenir de toi est parti avec le vent.

(Bakary Bamba Junior)

Illustration

 

 

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L’Esprit des Fleurs (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2016



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L’Esprit des Fleurs

Sylphe léger, fils des molles rosées,
J’aime à bondir sur les gazons en fleurs,
Et l’arc-en-ciel aux teintes irisées
Fait à mon front chatoyer ses couleurs ;
Sur un brin d’herbe, en passant, je me pose,
Et, sous mes pieds, bourdonnent les sillons ;
J’ai, pour tunique, une feuille de rose,
J’ai, pour voler, l’aile des papillons.

Quand du matin glissent les brises folles,
Dès que l’oiseau commence ses chansons,
Avec mes doigts, j’entr’ouvre les corolles,
Et doucement j’éveille les buissons :
« Debout ! debout !… » Tout frémit, et la plaine,
Et le lac bleu dont je rase !e bord
Avec mon char de roseaux verts qu’entraîne
Un scarabée à la cuirasse d’or.

« Debout ! debout !… » Les sveltes demoiselles
Dansent en rond sur les blancs nénufars,
Au grand soleil bruissent mes deux ailes,
Aux flots d’azur se plongent mes regards.
Quand vient le soir, et que les fleurs sont closes,
Du ver luisant je m’éclaire en chemin,
Et vais frapper à la porte des roses,
Pour m’endormir dans mon lit de satin.

L’hiver, je tremble, et mes fleurs sont flétries,
Sur l’arbre nu pendent les blancs frimas ;
Près de la vitre aux froides broderies,
Des blonds enfants j’écoute les ébats…
Mais si, parfois, je peux franchir les grilles,
Au feu qui danse, ouvrant mes doigts gelés,
Je me blottis au sein des jeunes filles,
Ou je me berce à leurs cheveux bouclés.

(Louis Bouilhet)

Illustration

 

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Je te recherche en vain sur la plage déserte (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015




Je te recherche en vain sur la plage déserte.
Les sables ont gardé le parfum de tes pas.
Sur le lac où jadis nous prenions nos ébats,
Souffle un vent si léger qu’à peine il vous alerte

Un crépuscule vert répand sur toute chose
Les charmes d’on ne sait quelle ample pâmoison.
Sur les rebords du ciel le volcan rouge explose
Et du sang du soleil asperge l’horizon.

Est-ce le don de feu qu’en forme d’astre mort
Nous offre, pantelant, le grand maître du sort !
Pour s’être épanoui contre la loi des castes,

Notre amour a besoin d’un holocauste pur
Immolé dans l’esprit des rites les plus fastes
Et se tremper le front dans un grand bain d’azur.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Christian Lloveras

 

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TOUT AU FOND D’UN ÉTANG (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2015



 

TOUT AU FOND D’UN ÉTANG

Mon enfance a vécu tout au fond d’un étang
L’oeil ouvert aux ébats des insectes,
A l’immobilité des plantes.
La tête chaude et les pieds secs
Je regardais la marche lente
Des choses qui grandissent, hors du temps.

Soir et matin n’étaient que mots liquides
Dans la ferme sécheresse de l’eau,
Mes pieds trempaient dans un abîme
Et ma tête s’ouvrait, sublime,
A la surface, tout en haut,
Pareille au nénuphar dont la fleur se décide.

(Franz Hellens)

 

 

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