Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘éblouissante’

Poésie, tu t’éloignes… (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018


Musicien

Poésie, tu t’éloignes sans apparence de douleur,
cela fait longtemps déjà.

Mais les arbres et les routes sont toujours là,
Les maisons résistent, les matins réapparaissent

Avec la liberté sans déchirure des vents,
La suave pluie, les baisers de rencontre,

Et nul n’ignore que le passé est un brouillard,
Une ville aux portes toutes fermées,

Ainsi les voix que nous aimions sont à jamais
Glacées, captives de l’ombre et de l’opacité,

Sauf un enfant peut-être qui aura perdu le sommeil
Et qui regarde
l’éblouissante nuit.

(Lionel Ray)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Cygne (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




Le Cygne

Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
Le cygne chasse l’onde avec ses larges palmes,
Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil
A des neiges d’avril qui croulent au soleil ;
Mais, ferme et d’un blanc mat, vibrant sous le zéphire,
Sa grande aile l’entraîne ainsi qu’un lent navire.
Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,
Le plonge, le promène allongé sur les eaux,
Le courbe gracieux comme un profil d’acanthe,
Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.
Tantôt le long des pins, séjour d’ombre et de paix,
Il serpente, et, laissant les herbages épais
Traîner derrière lui comme une chevelure,
Il va d’une tardive et languissante allure.
La grotte où le poète écoute ce qu’il sent,
Et la source qui pleure un éternel absent,
Lui plaisent ; il y rôde ; une feuille de saule
En silence tombée effleure son épaule.
Tantôt il pousse au large et, loin du bois obscur,
Superbe, gouvernant du côté de l’azur,
Il choisit, pour fêter sa blancheur qu’il admire,
La place éblouissante où le soleil se mire.
Puis, quand les bords de l’eau ne se distinguent plus,
A l’heure où toute forme est un spectre confus,
Où l’horizon brunit rayé d’un long trait rouge,
Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,
Que les rainettes font dans l’air serein leur bruit,
Et que la luciole au clair de lune luit,
L’oiseau, dans le lac sombre où sous lui se reflète
La splendeur d’une nuit lactée et violette,
Comme un vase d’argent parmi des diamants,
Dort, la tête sous l’aile, entre deux firmaments.

(Sully Prudhomme)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

LA MER (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018




LA MER

J’ai besoin de la mer car elle est ma leçon :
je ne sais si elle m’enseigne la musique ou la conscience :
je ne sais si elle est vague seule ou être profond
ou seulement voix rauque ou bien encore conjecture
éblouissante de navires et de poissons.
Le fait est que même endormi
par tel ou tel art magnétique je circule
dans l’université des vagues.

I1 n’y a pas que ces coquillages broyés
comme si une planète tremblante
annonçait une lente mort,
non, avec le fragment je reconstruis le jour,
avec le jet de sel, la stalactite,
et avec une cuillerée de mer, la déesse infinie.

Ce qu’elle
m’a appris, je le conserve! C’est
l’air, le vent incessant, l’eau et le sable.

Cela semble bien peu pour l’homme jeune
qui vint ici vivre avec ses feux et ses flammes,
et pourtant ce pouls qui montait
et descendait à son abîme,
le froid du bleu qui crépitait
et l’effritement de l’étoile,
le tendre éploiement de la vague
qui gaspille la neige avec l’écume,
le pouvoir paisible et bien ferme
comme un trône de pierre dans la profondeur,
remplacèrent l’enceinte où grandissait
la tristesse obstinée, accumulant l’oubli,
et soudain mon existence changea:
j’adhérai au mouvement pur.

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Eblouissantes fougères (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2018



… quand nous éprouvions
qu’il n’est que quelques neiges
capables d’un creux dans la mémoire
capables d’éblouissantes fougères sur une vitre
qu’une bouche à l’aube couvre de buée

(Jacques Roubaud)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Etoile (Emily Jane Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017


etoile

 

C’est tout d’abord un temps de triste rêverie,
Puis un jaillissement de pleurs amers,
Puis un calme lugubre et son mortel brouillard
Qui s’épand sur joies et soucis;

Puis le cœur qui palpite, puis un allègement,
Puis un souffle venu d’en-haut,
puis une étoile qui s’allume au firmament,
L’étoile, l’étoile éblouissante de l’amour.

(Emily Jane Brontë)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

De la terre émerge une petite vie (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2017



De la terre émerge une petite vie,
palpe le sein de lumière,
hésite entre l’insecte, l’iris et l’oiseau,
élit demeure et langage.
Sa joie fleurit la vitre d’un éclair.
L’ordre pâteux se perpétue
en des graphies éblouissantes.
Vient la pluie. Sous la toison,
la terre s’ouvre et mâche la merveille.

(Jean Joubert)


Illustration: http://arbreaphotos.wordpress.com/

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA GUITARE DU PEUPLE (Elvio Romero)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2016



LA GUITARE DU PEUPLE

La guitare du peuple
saigne et pleure,
saigne et pleure de peine,
son bois vibre et s’agite,
sa cheville bourdonne
et son coffre se dore
de cendre, elle se drape
d’une ombre belle et triste,
enchaînée et lointaine,
la guitare du peuple.

Dense guitare pauvre,
si pauvre, voix d’autrui,
coffre roide et tenace,
nuit noire sur la cime
de ses cordes de cuivre
qui s’enchaînent au vent,
qui cernent l’air de grappes,
rapprochant sa clarté,
la guitare du peuple.

Quand elle saigne elle est
bois qui très haut se cabre,
chanterelle terrienne
sans autours ni complainte,
mancheron plein de sueur,
regard de paysanne
ne voyant ses récoltes,
vestiges de l’aurore,
la guitare du peuple.

Drapeau elle est aussi
quand le peuple le veut,
santé pour étancher
sa blessure et son sable,
graine à ensemencer,
fugace, éblouissante
quand elle chante et clame,
la guitare du peuple !

***

LA GUITARRA PUEBLERA

La guitarra pueblera
sangra y llora,
sangra y llora de pena,
se enerva su madero,
su clavija resuena,
la caja se le dora
de ceniza y se viste
de sombra hermosa, triste,
encadenada, ajena,
la guitarra pueblera.

Densa guitarra ajena,
pobre, pobre,
caja aterida y terca,
negra noche en la cima
de sus cordajes, cobre
que al viento se encadena,
que al aire se arracima,
que a su albor nos acerca,
la guitarra pueblera.

Cuando sangra es madera
que se empina,
bordons labradora
sin ámbitos ni endechas,
sudorosa mancera,
mirada campesina
que no ve sus cosechas,
despojo de la aurora,
la guitarra pueblera.

¡ Pero también bandera
cuando el pueblo lo quiere,
salud restañadora
de su herida y su arena,
grano de sementera,
fugaz, deslumbradora
cuando canta y resuena
la guitarra pueblera !

(Elvio Romero)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La mort de l’aigle (José Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2015




La mort de l’aigle

Quand l’aigle a dépassé les neiges éternelles,
A ses larges poumons il veut chercher plus d’air
Et le soleil plus proche en un azur plus clair
Pour échauffer l’éclat de ses mornes prunelles.

Il s’enlève. Il aspire un torrent d’étincelles.
Toujours plus haut, enflant son vol tranquille et fier,
Il plane sur l’orage et monte vers l’éclair
Mais la foudre d’un coup a rompu ses deux ailes.

Avec un cri sinistre, il tournoie, emporté
Par la trombe, et, crispé, buvant d’un trait sublime
La flamme éparse, il plonge au fulgurant abîme.

Heureux qui pour la Gloire ou pour la Liberté,
Dans l’orgueil de la force et l’ivresse du rêve,
Meurt ainsi d’une mort éblouissante et brève !

(José Maria de Hérédia)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Mer douce (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2015



Mer douce

La mer caresse le rivage
Qui a des contours de visage
Humain et ferme ses paupières
Sur d’éblouissantes lumières
Alors que des hordes de nuages
Galopent à travers les plages.

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ÉTOILE QUI FLAMBE (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2015



 

Zdzislaw Beksinski 14638

L’ÉTOILE QUI FLAMBE

Pierres lancées des hauteurs
nous nous écrasons. A quoi bon ?
Pour ne devenir, à coup sûr,
que de la boue au cimetière.

Et s’il doit en être ainsi
telle l’étoile qui flamboie
dans la flamme et le feu
de la chute éperdue

traversons donc brûlants,
flamboyants, projetés,
la fournaise du vide
que fut notre existence

et sans savoir la fin
qui attend notre vie
que celui qui a pu
la voir passer se dise :

qu’elle fut éblouissante !

(Gyula Illyès)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :