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Posts Tagged ‘éboulis’

Tu fus quelques nuits d’amour en mes bras (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Tu fus quelques nuits d’amour en mes bras
et beaucoup de vertige, beaucoup d’insurrection
même après tant d’années de mer entre nous
à chaque aube il est dur de ne plus t’aimer

parfois dans la foule surgit l’éclair d’un visage
blanc comme fut naguère le tien dans ma tourmente
autour de moi l’air est plein de trous bourdonnant
peut-être qu’ailleurs passent sur ta chair désolée
pareillement des éboulis de bruits vides
et fleurissent les mêmes brûlures éblouissantes

si j’ai ma part d’incohérence, il n’empêche
que par moments ton absence fait rage
qu’à travers cette absence je me désoleille
par mauvaise affliction et sale vue malade
j’ai un corps en mottes de braise où griffe
un mal fluide de glace vive en ma substance

ces temps difficiles malmènent nos consciences
et le monde file un mauvais coton, et moi
tel le bec du pivert sur l’écorce des arbres
de déraison en désespoir mon cœur s’acharne
et comme, mitraillette, il martèle
ta lumière n’a pas fini de m’atteindre
ce jour-là, ma nouvellement oubliée
je reprendrai haut bord et destin de poursuivre
en une femme aimée pour elle à cause de toi

(Gaston Miron)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration

 

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CLAUDE A. (Alain Lance)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: René Baumer
    
CLAUDE A.

Sentier entre les serpents
Senteurs sèches souches noires
Calcaire solitude
Nids de la foudre

Bouche à la terre
Ces jours d’abîme
Les mots dans l’éboulis d’effroi

Mais la parole malgré le pire
Mais le poème arraché à l’hiver absolu

(Alain Lance)

 

Recueil: Temps criblé
Editions: Obsidiane et le temps qu’il fait

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Parfois dans les éboulis de lumière (Alain Boudet)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Parfois
dans les éboulis de lumière
un simple regard d’enfance
vient éblouir le ciel
et ses incertitudes
aviver la source des bleus
pour que l’horizon s’en étonne
et redonner au soir
des raisons de s’ouvrir

Nous qui sommes au seuil
nous n’en revenons pas
de Ça
qui nous éveille.

(Alain Boudet)

Illustration: Akseli Gallén-Kallela

 

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Ouvrant l’incertitude (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



 

    

ouvrant l’incertitude d’où naissent tous les chants
légères tes mains cherchent un clavier enfui
ou peut-être conjurent l’impérieux
éboulis du passé qui surplombe
si je les prends les calme et leur dis la terre
nos regards brûlent de tant d’oiseaux qui naissent

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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VIRGULES DU VIDE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017




    
VIRGULES DU VIDE

au crâne
du monde

la mousson
crépite

plaines
d’éboulis

gestuaire
en cendres

l’écorce
éclatée

paroles
particules

coulées
de dieux

un baptême
de blanc

un souffle
d’érosion

Tibet
pour naître

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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La pente (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



La pente

Tu vis à côté de moi, pareille à moi :
pierre
dans la joue affaissée de la nuit.

Ô cette pente, mon aimée, ces éboulis,
où nous roulons sans faire de pauses,
nous les pierres,
de filet d’eau en filet d’eau.
Plus rondes à chaque fois.
Plus semblables. Plus étrangères.

Ô cet oeil ivre
qui erre ici tout autour comme nous,
et parfois, étonné,
nous voit confondus.

***

Die halde

Neben mir lebst du, gleich mir:
als ein Stein
in der eingesunkenen Wange der Nacht.

O diese Halde, Geliebte,
wo wir pausenlos rollen,
wir Steine,
von Rinnsal zu Rinnsal.
Runder von Mal zu Mal.
Ahnlicher. Fremder.

O dieses trunkene Aug,
Das hier umherirrt wie wir
Und uns zuweilen
Staunend in eins schaut.

(Paul Celan)

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La Chapelle abandonnée (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2017



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La Chapelle abandonnée

Elle se reflète dans une mare où les rainettes vont chanter,
où le clair de lune vient boire, où les nuages vont pleurer.

C’est une pauvre petite chapelle, sans croix, sans vitraux, sans clocher ;
ni saints ni Vierge et pas d’autel, jamais une âme pour y prier.

Ses fidèles sont les brins d’herbe et la frileuse giroflée,
qui regarde par la fenêtre et ne cesse pas de trembler.

De la route on la voit à peine, mais on la voit, et par la baie,
sur l’éboulis qui fut l’autel, l’azur encor frais de son ciel.

Elle est, sous un saule pleureur, la triste amie des hirondelles.
L’araignée y sort de son cœur des voiles tout mouillés de perles.

C’est une douce petite chapelle qui garde les trésors du monde :
le silence, la pauvreté, l’ombre et la chasteté de l’ombre.

Tous les trésors ? hélas ! mon Dieu, l’illusion est morte en elle,
malgré son toit qui vers les cieux monte berçant un bouleau grêle.

Ainsi que deux mains en prière, le bois bénit entre les doigts,
montent les deux côtés du toit : c’est une pauvre petite chapelle

qui frissonne de tous ses lierres, la porte ouverte à l’étranger.
La nuit d’étoiles passe en elle ; c’est la cabane du berger,

et mon asile… Elle me sert à me cacher dans ma misère.
Souvent elle me voit pleurer — pourquoi ? pour rien, pour me distraire —

la tempe couchée sur la pierre, le front coiffé de giroflées
(même elle prend pour des prières mes petits sanglots étouffés)

le jour quand je n’ai rien à faire, et la nuit quand je baye aux fées.

(Paul Fort)

 Illustration

 

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Demain le fameux silence de l’éther déferlera sur nous (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



Demain le fameux silence de l’éther
Déferlera sur nous
A grandes houles de syllabes insensées
Qui nous assourdiront
Arracheront les haillons d’idées
Qui nous protègent encore
Et nous drosseront
Sur l’éboulis incandescent des galaxies
Pêle-mêle avec nos morts
Nos partitions de sommeil
Et nos traités d’espérance

En vain nous débattrons-nous
Avec des cris inaudibles pour nous-mêmes
Il nous faudra choir et gésir
Abominablement éveillés pour toujours
Dans l’incommensurable trou de mémoire
Que nous étions accoutumés de nommer Dieu.

(Jean Rousselot)

 

 

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Nous retournerons nus à la terre (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2016



nous retournerons nus à la terre
poissons d’un ébloui de ronces et

de cendre germes d’un autre éboulis
de peut-être la moisissure sur les pommes

ou encore finirons-nous dans le bois
des chaises à branler le vide

sur nos corps pailles ne tressant
qu’un peu d’histoire un peu de

patience trois fois rien une âme
ou seulement quelques images

sont-elles vraies les a-t-on rêvées ?

(Dominique Sampiero)

Illustration

 

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La Coupe (Cécile Périn Aube)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2016



Laisse venir à toi doucement les images
Comme une coupe pure offre-leur ton esprit
Et qu’au cristal de l’eau dans leur fraîcheur surpris
S’inscrivent les reflets légers des paysages.

Ne bouge pas. Bientôt s’en viendront les oiseaux
Apprivoisés poser leur vol près de la coupe.
Des lézards étendront leur corps agile et souple
Au soleil; et le ciel s’irisera dans l’eau.

Sois celui qui se tait, contemple, se recueille,
Le lac calme où s’apaise un instant le torrent
Avant de rebondir dans l’ombre en s’enfuyant
Dans un grand éboulis de pierres et de feuilles.

(Cécile Périn Aube)

Illustration: Pablo Picasso

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