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QUELQUE CHOSE DU DEDANS (Agnès Schnell)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



 Alexander Anufriev  (11)

QUELQUE CHOSE DU DEDANS

Sortir de sa nuit
après une croissance imparfaite
se réveiller l’âme décolorée
ébouriffée.

Peut-on être nomade du temps ?
Peut-on être
d’une vie à une autre
passant ?

Silence des morts rebelles
qui renforcent les nœuds.
Silence de la vie
au hasard fixée
ou plantée telle une épine
indurée en nos rêves
irritant nos fougues.

Qui peut nous retenir
contre le vertige du dedans
si large si vide ?

Ceux à mi-chemin
arrêtés fébriles
comme des vagues poursuivies

ceux avec leurs mots lourds
tout fripés de tendresse
balancés à contre-temps

ceux boutefeux par désespoir
incendiaires
exacerbés d’espérance

ceux musiciens des songes
qui tâtonnent sans répit
lézardés jusqu’à la moelle

ceux que nulle main n’a guidés
qui s’épuisent à rassembler
leurs brisures

ceux qui mordent à bouche pleine
les pensées fauves
les passions sans remontée

ceux qui n’ont plus de frontières
et qui implosent chargés de sang
et de brûlures…

Qui peut emmurer
le vertige au-dedans
qui peut sceller notre cœur
pour qu’il cesse de s’affoler
pour un souffle d’air
ou d’ange distrait ?

Qui ?

(Agnès Schnell)

Découvert ici chez Emmila Gitana

Illustration: Alexander Anufriev

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Les roses mystiques (Stanisław Wyrzykowski)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

Les roses mystiques

Des roses mystiques tombent dans l’obscurité,
Dans l’espace morne dépourvu d’étoiles ;
Leur éclat sombre me les fait suivre du regard
Jusqu’aux friches noires qui sont au loin.

Et je te vois, des débris de gravier derrière ton dos,
Jettent, sous la lumière, des lueurs fades et des reflets ;
Je te vois emportée dans un vent furieux,
Au milieu d’un tourbillon de feuilles qui s’embrasent.

Le bourgeon vierge de tes seins s’est flétri,
Ton corps séduisant a perdu sa chaleur ;
De tes mains mortes, tombent impuissantes,
Ces roses mystiques qui se perdent dans l’ombre.

Ta chevelure ébouriffée par le vent,
Des souffles et des courants froids la caressent,
Toi, tu cherches mes yeux, perdue comme en rêve,
Mais le fond de ton œil est funeste.

Tu tournes, tu voles et tu te tords comme un serpent,
Dans le tourbillon des feuilles mortes,
Tes yeux me cherchent et me cherchent encore,
Tandis que de tes mains, tombent ces roses.

(Stanisław Wyrzykowski)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration

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