Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ébranlé’

C’est par une naissance (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017




    

C’est par une naissance
que tu es venu dans ce monde des quatre directions,
c’est par une autre naissance
que tu peux t’en échapper
et que se peuvent briser les chaînes qui te lient.
Mais celle-là n’est pas d’eau et d’argile,
seul la connaît celui qui a le coeur en éveil.

L’une est contrainte,
l’autre est libération,
l’une est voilée,
l’autre manifeste.

L’une est pétrie de pleurs,
l’autre de rires;
l’une est le symbole de celui qui cherche,
l’autre de celui qui trouve.

L’une est séjour parmi les choses créées,
l’autre errance en dehors des dimensions du monde sensible.
L’une est besoin de jours et de nuits,
jours et nuits ne sont que le destrier de l’autre.

L’enfant naît de l’éclatement du ventre maternel,
l’homme naît de l’éclatement du monde…
Lorsque surgit dans le corps une âme en éveil,
ce vieux palais du monde
se trouve ébranlé dans ses fondations!

… Ô toi qui ressembles à un mort
dans les profondeurs du sépulcre,
sache que la résurrection est possible
sans que retentisse la Trompette Divine.

Tu as dans la gorge des mélodies suaves et délicates,
combien de temps demeureras-tu sur la terre
à coasser comme un crapaud ?
Enfourche le Temps et l’Espace…

Aiguise tes yeux et tes oreilles,
que ton intelligence en éveil absorbe tout ce que tu vois!
Apprends de moi ce regard qui brûle tous les voiles,
ce regard qui ne sera jamais prisonnier à l’intérieur d’un oeil!

(Mohammad Iqbal)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

SOUS LES PEUPLIERS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



SOUS LES PEUPLIERS

Tels de hiératiques bardes prisonniers,
les peupliers de sang se sont endormis.
Ruminent des arias herbues au soleil chu,
sur les tertres, les troupeaux de Bethléem.

Le vieux berger, aux derniers
martyres de la lumière, ébranlé,
dans ses yeux pascals, a cueilli
une chaste traînée d’astres.

Labouré en orphelinage l’instant tombe
accompagné des bruits de l’enterrement, au champ orant
les sonnailles d’ombre se détrempent.

Survit l’azur tramé de fer,
en lui, infulées les pupilles,
pousse des hurlements pastoraux un chien.

***

BAJO LOS ÁLAMOS

Cual hieráticos bardos prisioneros,
los álamos de sangre se han dormido.
Rumian arias de yerba al sol caído,
las greyes de Belén en los oteros.

El anciano pastor, a los postreros
martirios de la luz estremecido,
en sus pascuales ojos ha cogido
una casta manada de luceros.

Labrado en orfandad baja el instante
con rumores de entierro, al campo orante
y se otoñan de sombra las esquilas.

Supervive el azul urdido en hierro,
y en él, amortajadas las pupilas,
tranza su aullido pastoral un perro.

(César Vallejo)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Soleil couchant (José-maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Soleil couchant

Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.

A mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid
Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume.
Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.

Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.

L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d’or de son rouge éventail.

(José-maria de Heredia)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il y aura toujours (René Char)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2016



 

Il y aura toujours
une goutte d’eau pour durer
plus que le soleil
sans que l’ascendant du soleil
soit ébranlé.

(René Char)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :