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Poésie

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Nous sommes, nous aussi, provisoires (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018


heurtoir

Peut-être est-ce nous qui sommes partis.
Les déménageurs musclés mais titubant
Comme des ivrognes sous des poids
Déraisonnables, n’ont laissé
Ni mondes enchantés au fond des glaces,
Ni crédences que l’oeil avait polies,
Ni solide bon sens des chaises, des armoires.
Dans les planchers, l’ébranlement n’est plus.
Nous sommes, nous aussi, provisoires,
Ce lieu qui nous portait devenu d’un coup
Epreuve négative de ces êtres
Etranges que nous fûmes et de leur savoir.
Entre deux portes, nous attendons
Le coup de heurtoir de nos demains.

***

As if we too, we two, had gone.
Heavy removal men have been
Through, and, tipsy with staggering
Weights have departed, leaving no
Alternative worlds in mirrors, no
Tables our looks had polished, nor
Solid sense in chairs or beds,
Now that the shaking floorboards cease.
We are provisional, we two,
The world we constitued now
A negative of me and you,
Those who we were and what they knew.
We are between, neither-nor,
All our tomorrows at the door.

(Michael Edwards)

(NB: l’auteur est bilingue et il a traduit en français son poème puis reconstruit le poème anglais)

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S’éveillera sans nous (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Francis Bacon
    
S’éveillera sans nous l’alternative du sens au coeur de
l’ébriété du langage. Du langage assoupli par l’allégresse
de son rebondissement illimité J’ânonne, il s’élance. Il
oublie que je suis second, en retrait, en recul. Il ignore
surtout que je n’existe pas, que je bave et transpire
d’inexistence dans l’ébranlement de sa trace.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il doit bien d’abord y avoir un poète (Heidegger)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2016



Il doit bien d’abord y avoir un poète
pour que puisse commencer une parole de l’hymne.
Le poète unique abrite l’ébranlement apaisé du Sacré
dans la paix de son silence.
Comme le chant de la parole elle-même ne peut naître que du silence,
alors tout est prêt ainsi :

Alors promptement émue, l’âme, familière
A l’infini depuis longtemps, de mémoire
Tressaille et, embrasée par l’éclair sacré,
Que lui réussisse le fruit porté en amour,
œuvre des dieux et des hommes
Le chant, pour qu’il témoigne des deux

(Heidegger)

Illustration

 

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