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J’ai apporté ici le souvenir sacré de notre dernière non-rencontre (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



 

Que d’autres aillent se reposer dans le Midi,
Se prélasser dans le jardin d’Éden.
Il fait très nord ici — et j’ai choisi
L’automne cette année, pour me tenir compagnie.

Je vis dans cette maison comme si elle était à un autre
Comme si je l’avais rêvée. Peut-être y suis-je morte.
Dans la langueur du soir, les miroirs
Gardent pour eux on ne sait quoi d’étrange.

Je marche entre des sapins noirs très bas,
La bruyère ici ressemble au vent.
On voit luire un fragment indécis de lune
Comme un vieux couteau ébréché.

J’ai apporté ici le souvenir sacré
De notre dernière non-rencontre.
La flamme froide, pure, légère
De ma victoire sur le destin.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Irina Kotova

 

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CONFLAGRATION (Pierre-Bérenger Biscaye)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2018



CONFLAGRATION

Conflagration des arbres
sans les ombres à midi
délaissées. Le vertige pur
se mêle au vin secret des
pierres. Des algues glissent
le long des statues ébréchées.
La lumière se regarde exister
dans le bleu de la vague…
Le visage de la veille confond
la page blanche et l’odyssée.

(Pierre-Bérenger Biscaye)

Illustration

 

 

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RIVAGES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



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RIVAGES

On voit des figures pâles
près des maisons anciennes
un soldat d’autrefois
une femme empruntée
qui marche à ses côtés
par un jour sans visage
tout près d’eux
l’océan se retire
laissant le coquillage strié
ébréché près du galet gris
une voiture emplie de varech
rentre avec la nuit fidèle à l’exilé
qui porte en sautoir sa jumelle marine.

(Jean Follain)

Illustration: Paul Gauguin  

 

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Malheur à qui chérit sans qu’on l’aime en retour (Adam Mickiewicz)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



 

Malheur à qui chérit sans qu’on l’aime en retour;
Plus malheureux qui souffre en son coeur froid et vain;
Mais celui est surtout pauvre entre les humains
Qui, n’aimant plus, ne peut oublier son amour.

Dès qu’un rire effronté, d’impudiques atours
Éveillent son plaisir — le souvenir revient.
Et s’il rencontre un ange, il fuira son chemin,
N’osant lui faire don d’un coeur fané et lourd.

Ainsi — plein de mépris, de regrets qui le minent,
Fuyant l’amour profane et les amours divines,
A leur approche il sent tout espoir le quitter.

Et son coeur est pareil à ces temples en ruines,
Ébréchés par les vents, par les pluies effrités,
Où Dieu ne venant plus, l’homme n’ose habiter.

(Adam Mickiewicz)
Illustration: ArbreaPhotos

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REMINISCENCES (Tudor Arghezi)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



 

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REMINISCENCES

Toujours elles s’en viennent d’elles-mêmes,
les voici, toutes ces bribes devers moi :
débris plus ou moins ébréchés
de choses qu’on a mal à comprendre.
Elles n’ont pas changé depuis ce long oubli
où elles reposaient :
vieux cimetière de poupées.
Elles commencent à bouger
et à reprendre corps;
sortant de l’ombre et d’une rumeur de ruche,
ces déchirées lentement se refont :
sabots au nimbe angélique,
morceaux d’icônes, gardant comme un reproche,
quelque ébauche de bonne ou mauvaise influence,
une larme fixée dans la peinture,
une main blessée, un regard,
et, très loin, dirait-on, des cloches
ou une page de livre.
Un tesson ressuscite une amphore brisée,
le lierre mort se remet à bruisser
et, reprenant langage, tour à tour,
les voix éteintes, semble-t-il, rient ou murmurent.
Je me vois tantôt participant à la Cène,
tantôt centurion dans des massacres.
J’essaie encore la chemise de ce temps-là,
étroite et déchirée d’une blessure
que j’avais oubliée, silencieuse,
au coeur du temps.
Et si je porte la main à la déchirure
— reste de quel combat ? —
ma main glisse sur une coulure de sang.
C’est là que tout s’amasse
au gré de soi,
bouts d’évangile et copeaux de lune :
je ne puis me mentir.
Le gel me brûle, glaçon d’argent,
et les doigts dans le brouillard,
à la pointe de l’ongle, se changent
en charbons de glace.

(Tudor Arghezi)

Illustration: Brendan Monroe

 

 

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Un papillon se pose (Soizic Michelot)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



un papillon se pose
sur un vase
ébréché

(Soizic Michelot)


Illustration

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Le vent d’octobre (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



 

Le vent d’octobre
Donne à la lune un aspect
De cuivre ébréché.

***

The October wind
Has blown the moon to a bit
Of brittle brass.

(Richard Wright)

Illustration

 

 

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Dans le grondement du feu (Ogiwara Seisensui)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2015



Dans le grondement du feu
La nuit s’enfonce
Crache une lune ébréchée.

(Ogiwara Seisensui)

Illustration

 

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