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Poésie

Posts Tagged ‘écarlate’

Coquelicot (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019




    
Coquelicot

Au soleil
écarlate
il exulte
comme le chant
du coq.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Ils volent (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Ils volent, ils sont encore en route,
Les mots de délivrance et d’amour,
En moi déjà monte l’angoisse, avant le chant.
Plus froides que glace, mes lèvres.

Bientôt, contre la vitre où les frêles bouleaux
Se pressent en un bruissement sec,
Des roses tresseront leur couronne écarlate
Et s’élèveront, invisibles, des voix.

Puis la lumière, généreuse à outrance,
Comme un brûlant vin rouge…
Et déjà dans ce vent odorant, surchauffé,
Ma conscience prend feu.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Deux petits éléphants (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019


 

C’était deux petits éléphants,
Deux petits éléphants tout blancs.

Lorsqu’ils mangeaient de la tomate,
Ils devenaient tout écarlates.

Dégustaient-ils un peu d’oseille,
On les retrouvait vert bouteille.

Suçaient-ils une mirabelle,
Ils passaient au jaune de miel.

On leur donnait alors du lait:
Ils redevenaient d’un blanc tout frais.

Mais on les gava, près d’Angkor,
Pour le mariage d’un raja,

D’un grand sachet de poudre d’or.
Et ils brillèrent, ce jour-là,

D’un tel éclat que plus jamais,
Même en buvant des seaux de lait,

Ils ne redevinrent tout blancs,
Ces jolis petits éléphants.

(Maurice Carême)

 

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Ne crie pas… (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



 Illustration: Pascal Renoux
    
Ne crie pas…

Ne crie pas
sollicite à voix basse la sueur écarlate
traîne-la par les cheveux hors du mur circulaire
et de sa rouge meurtrière

Humecte la ligne de partage entre aine et plaine
là où guette l’abeille
celle qui perce le vide
étourdit le sang
enfume labyrinthe et gosier

Ne crie pas te dis-je si tu veux entraîner le monde dans ta noyade
nage en amont en abysses dans un bruit de vagues et de vasques

Refoule l’écume
elle encombre le seuil
obstrue la voûte
réveille par son clapotis barque et timonier

À main basse te dis-je

(Vénus Khoury-Ghata)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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La terre est demeurée dans l’ombre (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



 

Jean-Marie Moll Nuage_rouge

La terre est demeurée dans l’ombre ;
écarlates, les nuages flambaient ;
et moi je pensais à la mort,
qui nous séparera un jour.

***

La tierra se quedó en sombra;
granas, las nubes ardían;
y yo pensaba en la muerte,
que ha de partirnos un día.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Jean-Marie Moll

 

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CHANSON DE LA ROSE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



CHANSON DE LA ROSE

Ô fille au coeur farouche
C’est ce que vous vouliez :
La rose qu’à sa bouche
Portait un chevalier

Qui revenait de guerre
Derrière les tambours,
Les tambours sont de pierre
Mais la fleur est d’amour.

Comme une flamme éclate
En or en pourpre et feu
Une rose écarlate
Saigne sur le ciel bleu.

Roses fleurs de tendresse
Aux jardins du passé
Où mon amie vous tresse
Aux bouquets enlacés,

L’autre est entre ses lèvres
Et c’est son cher parfum
Qui doucement se lève
Sur notre amour défunt.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Salavador Dali

 

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Je meurs d’anges fous (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Béatrice Douvre
    
Je meurs d’anges fous et de neiges écarlates.
Je quitte la poésie pour un sol absolu.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Mon esprit est un gros morceau de néant irrévocable (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




    
mon esprit est
un gros morceau de néant irrévocable dont le toucher et le goût et
l’odorat et l’ouïe et la vue ne cessent de frapper et de tailler avec
des outils fatals tranchants
dans une agonie de ciseaux sensuels j’accomplis des contorsions
de chrome et exécute des enjambées de cobalt
néanmoins je
sens que je ingénieusement suis modifié que je légèrement
deviens quelque chose d’un peu différent, en fait
moi-même
Là-dessus impuissant j’émets des hurlements lilas et des
mugissements écarlates.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: XLI Poèmes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Nerthe

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Le Grand Événement (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



Illustration
    
Le Grand Événement

Il va se produire très bientôt. Le grand événement
qui mettra fin à l’horreur. Qui mettra fin au chagrin.
Mardi prochain, quand le soleil descendra, je jouerai
la Sonate au Clair de Lune à l’envers. Ceci inversera
les effets de la folie du monde plongeant dans la
souffrance depuis 200 millions d’années. Quelle nuit
merveilleuse ce sera ! Quel soupir de soulagement,
de voir les rouges-gorges séniles redevenir écarlates,
et les rossignols à la retraite relever leurs queues
poussiéreuses, pour affirmer la majesté de la création !

***

The Great Event

It’s going to happen very soon. The great
event which will end the horror. Which will
end the sorrow. Next Tuesday, when the sun
goes down, I will play the Moonlight Sonata
backwards. This will reverse the effects of
the world’s mad plunge into suffering, for
the last 200 million years. What a lovely
night that would be. What a sigh of relief, as
the senile robins become bright red again,
and the retired nightingales, pick up their
dusty tails, and assert the majesty of creation!

(Leonard Cohen)

Recueil: Le livre du désir
Traduction: Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal
Editions: Cherche Midi

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Tout cela par amour (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Marc Chagall
    
Tout cela par amour

On renverse les géants des bois pour faire un dormeur,
On renverse les instincts comme des fleurs,
Des désirs comme des étoiles,
Pour ne faire qu’un homme et son stigmate d’homme.

Qu’on renverse aussi des empires d’une nuit,
Monarchies d’un baiser,
Ne signifie rien ;
Qu’on renverse les yeux, qu’on renverse les mains comme des statues vides,
En dit peut-être moins.

Mais cet amour fermé de ne voir que sa forme,
Sa forme écarlate parmi la brume
Veut imposer la vie, comme un automne soulevant tant de feuilles
Vers l’ultime ciel
Où des étoiles
Donnent leurs lèvres à d’autres étoiles,
Où mes yeux, ces yeux-là,
S’éveillent en d’autres yeux.

***

Todo esto por amor

Derriban gigantes de los bosques para hacer un durmiente,
Derriban los instintos como flores,
Deseos como estrellas,
Para hacer sólo un hombre con su estigma de hombre.

Que derriben también imperios de una noche,
Monarquías de un beso,
No significa nada;
Que derriben los ojos, que derriben las manos como estatuas
vacías,
Acaso dice menos.

Mas este amor cerrado por ver sólo su forma,
Su forma entre las brumas escarlata,
Quiere imponer la vida, como otoño ascendiendo tantas
hojas
Hacia el último cielo,
Donde estrellas
Sus labios dan a otras estrellas.
Donde mis ojos, estos ojos,
Se despiertan en otros.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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