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Poésie

Posts Tagged ‘écarlate’

Deux petits éléphants (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018


 

C’était deux petits éléphants,
Deux petits éléphants tout blancs.

Lorsqu’ils mangeaient de la tomate,
Ils devenaient tout écarlates.

Dégustaient-ils un peu d’oseille,
On les retrouvait vert bouteille.

Suçaient-ils une mirabelle,
Ils passaient au jaune de miel.

On leur donnait alors du lait:
Ils redevenaient d’un blanc tout frais.

Mais on les gava, près d’Angkor,
Pour le mariage d’un raja,

D’un grand sachet de poudre d’or.
Et ils brillèrent, ce jour-là,

D’un tel éclat que plus jamais,
Même en buvant des seaux de lait,

Ils ne redevinrent tout blancs,
Ces jolis petits éléphants.

(Maurice Carême)

 

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CHANSON DE LA ROSE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



CHANSON DE LA ROSE

Ô fille au coeur farouche
C’est ce que vous vouliez :
La rose qu’à sa bouche
Portait un chevalier

Qui revenait de guerre
Derrière les tambours,
Les tambours sont de pierre
Mais la fleur est d’amour.

Comme une flamme éclate
En or en pourpre et feu
Une rose écarlate
Saigne sur le ciel bleu.

Roses fleurs de tendresse
Aux jardins du passé
Où mon amie vous tresse
Aux bouquets enlacés,

L’autre est entre ses lèvres
Et c’est son cher parfum
Qui doucement se lève
Sur notre amour défunt.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Salavador Dali

 

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Je meurs d’anges fous (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Béatrice Douvre
    
Je meurs d’anges fous et de neiges écarlates.
Je quitte la poésie pour un sol absolu.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Mon esprit est un gros morceau de néant irrévocable (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




    
mon esprit est
un gros morceau de néant irrévocable dont le toucher et le goût et
l’odorat et l’ouïe et la vue ne cessent de frapper et de tailler avec
des outils fatals tranchants
dans une agonie de ciseaux sensuels j’accomplis des contorsions
de chrome et exécute des enjambées de cobalt
néanmoins je
sens que je ingénieusement suis modifié que je légèrement
deviens quelque chose d’un peu différent, en fait
moi-même
Là-dessus impuissant j’émets des hurlements lilas et des
mugissements écarlates.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: XLI Poèmes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Nerthe

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Le Grand Événement (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



Illustration
    
Le Grand Événement

Il va se produire très bientôt. Le grand événement
qui mettra fin à l’horreur. Qui mettra fin au chagrin.
Mardi prochain, quand le soleil descendra, je jouerai
la Sonate au Clair de Lune à l’envers. Ceci inversera
les effets de la folie du monde plongeant dans la
souffrance depuis 200 millions d’années. Quelle nuit
merveilleuse ce sera ! Quel soupir de soulagement,
de voir les rouges-gorges séniles redevenir écarlates,
et les rossignols à la retraite relever leurs queues
poussiéreuses, pour affirmer la majesté de la création !

***

The Great Event

It’s going to happen very soon. The great
event which will end the horror. Which will
end the sorrow. Next Tuesday, when the sun
goes down, I will play the Moonlight Sonata
backwards. This will reverse the effects of
the world’s mad plunge into suffering, for
the last 200 million years. What a lovely
night that would be. What a sigh of relief, as
the senile robins become bright red again,
and the retired nightingales, pick up their
dusty tails, and assert the majesty of creation!

(Leonard Cohen)

Recueil: Le livre du désir
Traduction: Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal
Editions: Cherche Midi

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Tout cela par amour (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Marc Chagall
    
Tout cela par amour

On renverse les géants des bois pour faire un dormeur,
On renverse les instincts comme des fleurs,
Des désirs comme des étoiles,
Pour ne faire qu’un homme et son stigmate d’homme.

Qu’on renverse aussi des empires d’une nuit,
Monarchies d’un baiser,
Ne signifie rien ;
Qu’on renverse les yeux, qu’on renverse les mains comme des statues vides,
En dit peut-être moins.

Mais cet amour fermé de ne voir que sa forme,
Sa forme écarlate parmi la brume
Veut imposer la vie, comme un automne soulevant tant de feuilles
Vers l’ultime ciel
Où des étoiles
Donnent leurs lèvres à d’autres étoiles,
Où mes yeux, ces yeux-là,
S’éveillent en d’autres yeux.

***

Todo esto por amor

Derriban gigantes de los bosques para hacer un durmiente,
Derriban los instintos como flores,
Deseos como estrellas,
Para hacer sólo un hombre con su estigma de hombre.

Que derriben también imperios de una noche,
Monarquías de un beso,
No significa nada;
Que derriben los ojos, que derriben las manos como estatuas
vacías,
Acaso dice menos.

Mas este amor cerrado por ver sólo su forma,
Su forma entre las brumas escarlata,
Quiere imponer la vida, como otoño ascendiendo tantas
hojas
Hacia el último cielo,
Donde estrellas
Sus labios dan a otras estrellas.
Donde mis ojos, estos ojos,
Se despiertan en otros.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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Mers écarlates (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



Illustration
    
Mers écarlates

Un gémissement mollusque
Ne semble d’aucune importance ;
Mais de nuit un gémissement c’est les vagues
De marbre enflammé,
Corolles fatiguées
Ou lascives colonnes.

Un gémissement n’est rien ; ce sont les mers
Couronnées d’automne
Face à la porte sèche, comme un lit de fleuve
Oublié de tous,
Sa douleur contre un mur.

Un cri pourrait avoir peut-être plus de charme,
Avec le manteau écarlate,
Avec la poitrine écarlate.

Ce sont les mers, les mers en crue
Traversant des villes fumantes.

***

Un gemido molusco

Parece nada de importancia;
Mas de noche un gemido son las olas
De mármol encendido,
Corolas fatigadas
O lascivas columnas.

Un gemido no es nada; son los mares
Coronados de otoño
Ante la puerta seca, como cauce
Olvidado de todos,
Su dolor contra un muro.

Un grito acaso pueda ofrecer más encantos,
Con el manto escarlata,
Con el pecho escarlata.

Son los mares, los mares desbordados
Que atraviesan ciudades humeantes.
Mares escarlata

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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Retouche à la gloire (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2017




    
retouche à la gloire

ivres des jeux du cirque
les heures assises sur les gradins du temps
dans le dédain des obléisques
guettent le heurt des chars l’éclat l’effondrement
le jour lèche un sable écarlate
la foule hurle un nom qui date

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Vestiaire des anges
Editions: Grasset

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Il y en a toujours qui demandent l’heure (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



 

Alexey Slusar 1961- Ukrainian painter - Flamenco dancers - Tutt'Art@ (54)

Il y en a toujours qui demandent l’heure
Moi je suis face au Ciel parfum des yeux
Jusqu’ici je n’avais jamais pris la lumière
tiou tiou tiou tiou iiii ou uuuuuu i
Maîtresse éblouissante me sens-tu
Mais tu as d’autres amants
Maîtresse aux cent lèvres
Je veux être seul
J’ai assez d’amour pour satisfaire à ton amour
Aujourd’hui le coq chante
Je veux que nous ne nous quittions plus
Je t’épouse lumière
Où où ici par ici où où
Et l’époux doit suivre son épouse
Nous allons créer tous les deux
Et tu apparaîtras sur la plage
En maillot écarlate
Et tu plongeras dans la mer
Tous les désirs des mâles
ici par ici

(Pierre-Albert Birot)

Illustration: Alexey Slusar

 

 

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Mélusine (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2017




    
Mélusine

Le vent sifflait au loin les meutes de la mort
Et la tour frissonnait parmi les ronces sèches
D’où fuyaient des corbeaux dispersant leur essor,
C’est alors qu’apparut, s’avançant sur la brèche,

Un spectre que l’amour jusqu’en la tombe allèche,
Mélusine: serpent, femme, vampire, un corps
Fragile et que cinglaient épars en lourdes mèches
Des cheveux déroulés croulant d’un flot retors.

Dans la nuit qu’une lune écarlate illumine,
La voici qui se noue au fantôme évoqué
D’un chevalier hautain sous l’armure et casqué,

Colle sa bouche au dur métal qui l’embéguine
Et, glapissant ainsi qu’un loup sur un charnier,
Froisse sa lèvre blême à l’impassible acier.

(Marie Dauguet)

 

 

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