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Poésie

Posts Tagged ‘échafaud’

Le petit écran (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



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Dans les musées italiens,
les petits écrans peints que le prêtre tenait devant le visage des condamnés
pour qu’ils ne voient pas l’échafaud.

Le saut existentiel, c’est le petit écran.

(Albert Camus)

 

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LA PYRAMIDE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019




LA PYRAMIDE

Rue Saint-Honoré, en hommage
les indigents élevèrent au roi Louis Seize
une pyramide de neige
et pour la voir il traversa la foule
où se cachaient des frappes et des goules
la nuit allait tomber
le soir tissait ses givres
une sombre beauté
apparaissait chez quelques filles soumises.
Le roi Louis marchant à l’échafaud
dans son habit blanc
gardait le souvenir des ombres d’un hiver.

(Jean Follain)

Illustration: Charles Benazech

 

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Je nais toujours (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018



 

Illustration: Laszló Mindszenti
    
Je nais toujours.
Je me dresse au travers d’une boule opaque.
Des layons me tentent d’une issue bleue.
Mais des menaces buissonnent épaissement
par-dessus le profond ciel enfoui.
Des formes d’échafaud ou des échafaudages.
les levains qui fermentent. Des signaux.
Je ne sais. Je distingue mal ce qui se passe.
toujours ardent, je vais parmi ma vie,
mal éveillé.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comment me lasserai-je de chanter mon amour (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




    
Comment me lasserai-je de chanter mon amour
j’ai chanté j’ai chanté d’autres liens
c’était le neige et les pas de l’hiver
purs comme des fleurs
c’était l’espoir et son rosier sans ronce
où le plus long été jamais n’inscrivit une rose
c’était l’absence et cet appel dans le noir
qui devient un visage dans la fièvre du sang
c’était le sang et ses jeux suraigus
le jeu sans gloire qui veille sur la cendre.

Comment me lasserai-je de chanter mon amour
jamais aucun visage à portée de mes lèvres
digne de mon baiser
et pourtant et pourtant ô potence
tu n’as pas pu attendre la douce condamnée
elles ont défilé celles du doux bétail
s’étrangler à l’échafaud cruel
dont le bourreau dormait.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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LE PRISONNIER CÉLESTE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



 

Illustration: Noèla Morisot
    
LE PRISONNIER CÉLESTE

Enlevez-moi les coqs les femmes et les fleurs
Mon Dieu mais laissez-moi une heure
Parmi ces enfants égorgés
J’arrive d’un pays perdu
Loin de la terre
D’un pays noir sous les gouttières
Du ciel
Un ciel de sang
Et j’ai vécu me demandant
Quel échafaud m’emporterait dans sa lumière
Hélas j’ai dû souffrir longtemps devant ma table
Seul
Parce que je ne suis pas assez coupable
Parce que j’ai gâché tous mes dons d’assassin
Il y a encore trop de soleil sur mes mains
Je pense à des ciguës très douces à des râles
Au cours de promenades matinales
Avec agents
Bons anges qui me conduiraient au jugement
Seigneur je vous demande une place sur terre
Mettez-moi n’importe où mais que je puisse faire
Signe à ceux qui attendent de moi
Autre chose que des larmes et qu’une fois
Au moins je puisse dire
« L’oiseau ne monte pas aussi haut que mon rire
Je suis bien avant dans la joie »

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Adieu (Fadel al-Azzawi)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Adieu
Seul il monte à l’échafaud
les bras attachés
sept fusils contre son dos bien droit
Il pense à une femme qui le pleurera en silence
il rêve au soleil d’après lui
aux fleuves; aux moineaux
Il voit un grand palmier que le vent pénètre et secoue
Il voit un nuage: après moi, il pleuvra peut-être
Il aperçoit un narcisse qui disparaît derrière la haie:
«Sera-t-il cueilli par un homme?
Offert à une jeune fille heureuse?
Abandonné sur le banc d’un jardin?
Il a tendu ses yeux vers l’aube
Il était seul
Il a monté les escaliers de bois
Une tourterelle s’est réveillée
Elle dormait sur l’échafaud
Elle s’est envolée au loin

(Fadel al-Azzawi)


Illustration

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Lis (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



Lis

Combien je regrette le temps où, simple fleur,
j’étais le symbole chéri de l’innocence!
On m’effeuillait alors sur les pas des vierges et des chastes épouses;
les anges porteurs des messages du ciel, s’arrêtaient un moment
pour se reposer dans ma corolle,
et le lendemain ils m’enlevaient avec eux dans leurs bras,
et me présentaient aux hommes comme un gage nouveau
de la bonne nouvelle qu’ils venaient leur annoncer.
Je vivais d’air, de soleil et de lumière.
Mes nuits se passaient à contempler les étoiles
et à m’enivrer des concerts confus qui se chantent dans l’ombre,
tandis que maintenant….

Le roi me parlait du bien qu’on pouvait faire sur le trône,
du charme qu’il y a à se faire aimer.
Puis il ajoutait que je devais porter bonheur à lui et à sa race.
Je me laissai couronner.
Adieu, maintenant, au soleil, aux étoiles, aux perles de la rosée,
à l’onde du lac; l’étiquette me gouverne et m’obsède,
je languis au milieu de la foule des courtisans.
Ma vieille amie l’Hermine, à laquelle j’avais fait accorder ses grandes entrées,
ne vint plus au palais, crainte de se souiller.
L’autre nuit, j’ai eu une vision menaçante.
J’ai vu les lis traînés dans la boue,
et une jeune et belle reine qu’on menait à l’échafaud.

(J.J. Grandville)

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DEMAIN N’EST PAS ENCORE… (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2017



Illustration: Pascal Renoux
    
DEMAIN N’EST PAS ENCORE…

Roule, roule, sort à deux têtes,
roule, houle profonde,
sortie des planètes de nos corps retrouvés.

Soleil pour les retards,
sommeil d’ébène,
sein de mon fruit d’or.

Étendus,
nous embrassons l’orage,
nous embrassons l’espace,

nous embrassons le flot, le ciel, les mondes,
tout avec nous aujourd’hui tenons embrassé,
faisant l’amour sur l’échafaud.

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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Dans la rue des Blancs-Manteaux (Jean-Paul Sartre)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2016




Dans la rue des Blancs-Manteaux
Ils ont élevé des tréteaux
Et mis du son dans un seau
Et c’était un échafaud
Dans la rue des Blancs-Manteaux

Dans la rue des Blancs-Manteaux
Le bourreau s’est levé tôt
C’est qu’il avait du boulot
Faut qu’il coupe des généraux
Des évêques, des amiraux,
Dans la rue des Blancs-Manteaux

Dans la rue des Blancs-Manteaux
Sont venues des dames comme il faut
Avec de beaux affûtiaux
Mais la tête leur faisait défaut
Elle avait roulé de son haut
La tête avec le chapeau
Dans le ruisseau des Blancs-Manteaux

(Jean-Paul Sartre)

 

 

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